‹ Histoire de l'architecture de Th. Hope Texte. 1Chapitre 25 sur 126 · PERFECTIONNEMENTS DANS LA CONSTRUCTION DES ARCS ET DES TOUTES · texte numérisé non relu

PERFECTIONNEMENTS DANS LA CONSTRUCTION DES ARCS ET DES TOUTES

Nous avons vu que, du temps même du paganisme, certaines constructions romaines avaient des voûtes d’arête ; telle était la merveilleuse salle appelée le Temple de la Paix, et cette autre, non moins magnifique, qui existait dans les bains de Dioclétien, et dont on a fait une église. L’usage de la voûte fut, il est vrai, momentanément interrompu; dans les premiers édifices chrétiens , les basiliques de Rome , le nombre considérable des colonnes antiques permettait de les rapprocher assez pour que des deux côtés de la nef elles pussent supporter, sur de petites arcades , un mur continu, et il était facile de jeter d’un de ces murs à l’autre un léger toit de charpente. Mais bientôt la voûte reparut; d'abord dans les églises grecques, puis dans les églises lombardes. Dans l’origine, on lui donna la forme cylindrique qui est la plus simple, et on l’appuya sur un pied-droit continu; bientôt, pour obtenir, dans les nefs et les ailes, de plus vastes espaces, nonseulement en travers , mais en long , se coupant à angles droits et s’ouvrant sur les côtés au moyen d’ar-

cades, on reprit la voûte d’arête qui devenait indispensable. On commença par la placer au-dessus des ailes, et on laissa la nef couverte d’un toit de charpente ou d’une voûte en berceau; puis, on en couvrit la nef elle-même. Et voici quels furent les développements graduels de la voûte dans, le style lombard : d’abord, autour d’arcs en pierres de taille jetés d’un pilier à l’autre, parallèlement et transversalement, de manière à former des carrés , nous voyons une voûte d’arête , construite simplement en maçonnerie de biocaille; puis, nous remarquons peu à peu, dans l’intérieur de ces carrés, d’autres nervures additionnelles en pierre de taille, jetées de chaque angle à l’angle opposé, de manière à former, dans les carrés compris entre les quatre premiers arcs, des croix de St. -André , au moyen de deux autres arcs intersécants supportant , entre leurs quatre pendentifs , les quatre arêtes de la voûte; les arcs à angle droit restent toujours plein cintre, et les nervures rectangulaires et transversales restent plates.

Dans quelques églises très-anciennes, bâties moitié en basilique , moitié en style lombard, par exemple, à St.-Zeno à Vérone, au Dôme de Torcello, à St. -Apollinaire in Classe de Ravenne , le plancher est encore en bois de charpente , comme à Péterborough et à St.-Alban en Angleterre. Dans des églises plus récentes, les murs latéraux de la nef portent une voûte demi-circulaire ou en berceau, avec des arcs-doubleaux ou nervures parallèles tombant sur les piliers qui s’appuient contre les murs; ainsi, en France, St. -Saturnin de Toulouse, et St.-Nazaire de Carcassonne bâtie en 1096. Ailleurs , la voûte est une voûte d’arête fortifiée par

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des nervures qui se croisent d’un angle à l’autre ; on les faisait d'abord plates, puis arrondies , et les triangles curvilignes qui les séparent étaient remplis d’abord en bois, puis en pierre, comme à St. -Ambroise de Milan.

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