‹ Histoire de l'architecture de Th. Hope Texte. 1Chapitre 27 sur 126 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

DES COUVENTS DANS l'aRCHITECTURE LOMBARDE.

Dans lespremierssièclesquisuivirent l’établissement du christianisme, les églises furent les seules constructions réellement importantes. Peu à peu, cependant, certains individus se détachèrent du reste de la société chrétienne, renoncèrent aux plaisirs et aux devoirs communs , même à ceux qui tiennent à l’union des sexes , et résolurent de vivre ensemble loin du monde, dans la pratique plus austère et plus continue des rites religieux. Alors, il leur fallut des habitations spéciales ; les salles destinées à toute la congrégation , comme le réfectoire et l’église, devaient y être plus vastes, et l’espace occupé par chaque individu plus simple et plus resserré que dans les demeures privées.

Cependant tous les monastères furent construits d'abord surleplandesmaisonsprivéesdesclimats méridionaux , où s’étaient élevés les premiers couvents. Ils avaient une cour intérieure, environnée d’un portique quadrilatéral, ou cloître. Ce cloître, exposé à l’air, était un lieu de promenade et un moyen de communication entre les divers appartements ou cellules qui donnaient tous sur cette cour. Si ce plan diffère de celui de nos demeures actuelles, c’est que la forme de ces dernières

a éprouvé de grands changements, tandis que les monastères sont restés les mêmes dans les divers âges et sous les diverses latitudes. Beaucoup d’églises , bâties longtemps avant que la vie monastique fût connue , comme St. -Paul, St. -Laurent, St.-Jean de Latran , devinrent plus tard conventuelles, c’est-à-dire, qu'on y attacha des couvents; tandis qu’ailleurs on bâtit des églises pour des monastères qui en manquaient , et on les consacra au saint que l’ordre reconnaissaitpourson patron.

Les plus anciens cloîtres de l’église latine sont tous dans le style lombard; quelques-uns petits, grossièrement faits, à peine supérieurs à la cour d’une maison de gens ordinaires; tels sont à Rome, St. -Laurent et Ste.-Sabine, et St. -Etienne, à Bologne; d’autres sont spacieux, magnifiques, leurs colonnades déploient les formes les plus fantastiques ; c’est ainsi qu’à Rome, le cloître de St.-Jean de Latran (pl. 23) étincelle de porphyre, de serpentine et d’émail doré incrustés dans le marbre blanc, et celui de St.-Zéno , à Vérone , de marbre de toutes couleurs extrait des monts Euganiens. Je ne dois pas oublier, parmi les cloîtres lombards les plus élégants, ceux du monastère de Subiaco , dans les Etats du pape ; de Certosa , à Pavie; de St. -Sauveur à Aix, et de la cathédrale à Zurich (pl. 5 et 45). Ce dernier est devenu la cour d’un collège , et les écoliers se livrent maintenant à leurs jeux aux mêmes lieux où les religieux passaient leur temps dans la méditation et la prière.

Le cloître du couvent de Subiaco a de petites colonnes, et des groupes d’arcs plein cintre, séparés à certains intervalles par de solides piliers, comme ceux

de St. -Jean de Latran et de St. -Paul à Rome; on le compte parmi les plus élégants que le style lombard ait produits; il porte une inscription d'après laquelle sa construction daterait de l’an 1225. C’est aussi entre la fin du douzième siècle et le commencement du treizième que furent achevés ceux de St. -Jean de Latran et de St. -Paul. Celui de St.-Zeno, d’après son inscription, remonterait à l’an 1123.

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