CHAPITRE III
ORIGINE DE l’aRCHITECTCRE CHEZ LES GRECS.
Nous avons parlé de trois branches de la race humaine : des Tartares qui prirent à l’est pour descendre en Chine , des Thibetains qui se dirigèrent au sud vers l’Indostan, et des Ethiopiens qui pénétrèrent en Egypte par le nord; il nous reste à en mentionner une quatrième, connue sous le nom de Scythes, et qui diffère également de chacune des trois autres. Les Scythes partirent de ces régions situées entre l’Euxin et la mer Caspienne , qui furent de tout temps le berceau de la plus belle race d’hommes qui existe ; ils s’avancèrent à l’ouest le long des côtes du Pont-Euxin et traversèrent une partie de l’Epire ; il parait que leur première halte eut lieu dans les environs de Dodone. Là , environnés partout d’immenses forêts de chênes majestueux, et, d’autre part , ayant trop d’activité dans l’esprit pour se retirer dans quelque trou obscur ou dans le creux d’un arbre encore debout, et, selon eux, encore animé peut-être, ils déracinèrent d’abord un certain nombre de ces géants de la végétation , les renversèrent sur le sol , puis les relevèrent pour en former des habitations toutes nouvelles.
Ces constructions cependant furent déterminées
HISTOIHB DE l'aBCMTECTURR. 2
dans tous leurs détails par la nature des matériaux que l’on avait trouvés. Le plancher, indispensable pour se garder de l'humidité du sol, fut probablement formé détrônes d’arbres couchés transversalement. Pour supporter l'édifice, on éleva perpendiculairement d’autres troncs d’arbres; partout où l’on ne voulait que soutenir le toit, et laisser d’ailleurs les passages nécessaires à la circulation, on les plaça de distance en distance; quand le besoin de retraite , d’abri , ou de sécurité exigeait la clôture d’une muraille continue, on remplit probablement les intervalles entre les troncs d’arbre avec de l’argile et de l’osier entrelacé. D’un de ces poteaux à l’autre , s’étendaient en long et en large des poutres dont les extrémités s’appuyaient sur le sommet des poteaux , et entre lesquelles on avait ménagé assez de jour pour permettre à la lumière de pénétrer du dehors autant que le demandaient les occupations intérieures. Enfin le toit était formé de solives plus légères, posées sur les poutres et supportant elles-mêmes une couche de feuilles, de planches, ou d’autres substances dont l’inclinaison en tous sens à partir du centre facilitait l’écoulement des eaux du ciel Ainsi la hutte, entièrement composée de matériaux appartenant au règne végétal, présenta un édifice aussi distinct, dans ses éléments et dans sa forme, de la tente faite de peaux de bêtes , que de la grotte creusée dans la pierre, et elle tint, en quelque sorte, le milieu entre l’extrême
1 Horoire fait évidemment allusion aux poutre* dont se formait le toit en talus des édifices et qui s'élevaient vers le centre de manière à y dessiner un angle , lorsque , dans la description de la lutte entre Ajax et lilyise , il compare à ce système de construction les bras élevés des deux héros et leurs mains se saisissant vigoureusement l’une l'antre.
légèreté de l’une et l’excessive pesanteur de l’autre.
Plus tard, ces Scythes furent forcés, par l’accroissement de la population, de quitter les terres grasses et les sombres forêts de l’Epire pour les parties plus méridionales de la Grèce. Là, la scène avait changé; les vastes réservoirs d’eaux formés dans les hautes régions de l’Asie , en brisant successivement leurs barrières et en s’écoulant, par de fréquentes inondations, dans les bassins inférieurs, avaient presque dépouillé le roc de la couche légère de terre végétale qui le couvrait ; la végétation ne se composait plus que de buissons peu élevés ; il leur fallut donc renoncer à bâtir en bois, et ils commencèrent à employer dans leurs constructions le marbre et la pierre qu’ils trouvèrent en plus grande abondance encore.
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