LA MINIATURE ET LE VITRAIL EN ITALIE PENDANT LA RENAISSANCE
La miniature*. — Tandis qu’en France la miniature tient une place de tout à fait premier ordre dans l’histoire de la peinture presque jusqu'au commencement du xvie siècle, en Italie elle n’est que d’une importance très secondaire, et l'on pourrait très bien écrire une histoire de la peinture italienne sans faire état des miniaturistes. Toutefois, à la cour des princes de Milan, de Ferrare, de Mantoue, de Florence, etc., les « librairies » étaient fournies de beaux manuscrits de caractère religieux ou profane, et, grâce aux recherches de quelques bibliographes patients et consciencieux, nous sommes très bien renseignés sur les bibliothèques de la plupart des villes dans lesquelles la Renaissance s’épanouit avec le plus de splendeur.
Si en France et en Flandre nous voyons des artistes tels que les Limbourg, les Beauneveu ou un Fouquet s’adonner à la miniature, en Italie ce sont, presque sans exception, d'habiles ouvriers qui s’occupent de l'illustration des livres, et leurs œuvres, si belles soient-elles, se distinguent plutôt par la finesse du travail, la perfection de la technique, que par la puissance de l'individualité artistique.
A Milan, nous rencontrons, à la fin du xive siècle, une œuvre importante, heureusement datée et signée par l’artiste, le missel écrit en 1594 et donné à l'église ducale Sant’Ambrogio par Gian Galeazzo Visconti. Le miniaturiste, Anovelo da Imbonate, n est ni un grand dessinateur ni un grand coloriste, mais il arrive parfois à des effets décoratifs assez heu-
1. Il nous a paru utile de coordonner ici et de compléter, dans une étude d’ensemble sur la miniature et. le vitrail en Italie pendant la Renaissance, les indications qu’on a déjà pu trouver éparses dans divers chapitres antérieurs.