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1k;. >93. — Taddeo Crivelli : Miniature de la Bible de Borso d’Este,
<1 après le Jalirbuch der kunsthist. Samml. des allerh. Kaiserhauses, XXI, Wien. F. Tempsky, Leipzig, G. Freytag, 1900.
(Collection de l’archiduc F. -F. d’Autriche-Este.)
des Lvangélistes, scènes de la Passion et de la vie de la \ ierge — se rattachent parleur style aux œuvres du miniaturiste Antonio da Mon/.a, dont nous pouvons rappeler une splendide page provenant d’un missel exécuté
LA MINIATURE ET LE VITRAIL EN ITALIE
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pour le pape Alexandre \ I 1492-1505) conservée à l’Albertina de Vienne. Le dessin rappelle la manière de Borgognone. Quelques-unes des miniatures d’un splendide Donatus de la bibliothèque des princes Trivulzi à Milan furent attribuées, très arbitrairement et sans vraisemblance, au peintre Ambrogio de Prédis, élève de Léonard de Vinci. Les miniatures en question se rattachent aux peintures du livre d'heur.es de Boue de Savoie. Le frère d’Ambrogio, Cristoforo de Prédis, au contraire, était miniaturiste de profession et il semble avoir travaillé principalement pour la cour des Sforza. Il nous est connu par toute une série d’œuvres signées, comprises entre les années 1470- 14X0, parmi lesquelles le livre d’heures d’un membre de la maison Borromeo < Bibliothèque Ambrosienne à Milan) est la plus notable.
Si de Milan nous passons à Ferrare, nous rencontrons d’abord un splendide groupe de livres enluminés entre 1450 et 1520 pour les membres de la famille ducale des Este. Heureusement les deux principaux artistes qui ont pris part à la décoration de ces livres nous sont connus par des œuvres signées. La Bible de Borso d Este, dans la collection de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Este, fut exécutée de 1455 à 1462 sous la direction de Taddeo Crivelli, le plus important des miniaturistes employés par la cour des Este. Les deux premières pages du livre de la Genèse, richement décorées de dessins purement ornementaux, fleurs, rinceaux et médaillons, ainsi que plusieurs histoires de la Genèse, sont l’œuvre de Crivelli même (fîg. 505). Il s’est formé sous l inlluence de la peinture squarcionesque de l école de Ferrare; son dessin et son modelé sont quelque peu secs, mais toujours corrects; il sait arranger avec beaucoup de goût les parties ornementales, dans lesquelles les médaillons à l’antique et les détails d’architecture jouent un rôle très important. Crivelli est un coloriste brillant; à ce point de vue, il ne fut jamais surpassé par aucun miniaturiste italien. Les collaborateurs et disciples de Crivelli, -
Fig. 391- — Miniature de Benedetto Rordone, d'après le Bulletin n° 2. année 1913. de la Société française de reproductions de manuscrits à peintures.
(Bibliothèque de Gotha.)
HISTOIRE DK L’ART
Franco Bussi, Giorgio Tedesco, Marco cl e 1 1 Avogaro et Martino da Modena (œuvres signées dans la Bibliothèque municipale de Bologne el la « Secundogenitur-Bibliothek » de Dresde), travaillèrent dans le même style, sans atteindre à la perfection du maître. Les derniers chefsd’œuvre de la miniature ferraraise sont le Bréviaire du duc Ercole I et le Missel du Cardinal Ippolito I, conservés dans la collection de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Este. Le premier de ces somptueux livres fut exécuté vers 1 5 0 "2 , le second de 1505 à 1 5*20 ; on y remarque déjà la décadence du style : une recherche exagérée des détails surchargés, un coloris moins pur et peu brillant.
Padoue a produit peu d œuvres d'importance réelle. Dès le xi\ *' siècle, c’esl surtout dans l'illustration des livres de droit, des décrétales el des digestes, que les miniaturistes padouans ont déployé leurart.Ouatre volumes de ce genre, imprimés sur parchemin par l’imprimeur Janson à Venise et enluminés par le Padouan Benedetto Bordone (environ 1 480- 1485), sont conservés dans la Bibliothèque de Gotha. Les miniatures couvrent des pages in-folio entières; elles portent jusqu’au moindre détail, même dans le coloris, le caractère de l’école de Mantegna (lig.594). Bordone vécut et travailla jusque vers 1520-1550, mais ses productions tardives, comme les Evangiles de Sainte-Justine de Padoue (collection G. L. Ilolford à Londres), sont d une faiblesse sénile.
Parmi les produits mantouans de l’époque prémantégnesque, nous croyons opportun de signaler un curieux manuscrit hébreu, les Quatre ordres de Babbi Jacob Ben Asher, dans la bibliothèque Bossiana à Lainz, près de Vienne, écrit en I 436 et orné un peu plus tard de trois jolies miniatures par un artiste qui semble s’être formé à l'école de Pisanello. De tous les enlumineurs de I Italie septentrionale, c'est Liberale da Verona né en 1451 , le grand peintre de tableaux d’autel de Vérone, qui jouit du plus grand renom; et avec raison, car ses miniatures, ornant les livres de chœur de la cathédrale de Sienne lig. 595 et 590), où il a travaillé quelque temps, comptent parmi les chefs-d’œuvre les plus parlaits en cette branche de l’art. Son coloris est riche et délicat en même
Fig. 59j. — Miniature de Liberale da Verona, d après Herbert, Illuminaled Manuscriptn , London, Methuen and C1, s. d.
(Libreria de la cathédrale de Sienne.)
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temps; ses miniatures ont le caractère de tableaux. La partie ornementale des livres décorés par lui. de qualité plus inégale, révèle très souvent la main de simples apprentis. En dehors de Sienne, c'est surtout dans le Museo Civico de Vérone qu’on peut l’étudier. Girolamo dai Libri ( 1 474- 1556), plus jeune (jue Liberale, n’est j>as moins fameux parmi les miniaturistes de Vérone. Le Museo Civico de Vérone conserve quelques livres de chœur ornés de ses miniatures. Le coloris de Girolamo est plus riche, plus harmonieux; ses compositions sont encore plus mantégnesques que celles de Liberale, mais, en général, elles ont moins de simplicité et de charme poétique. Girolamo da Cremona, qui travaillait à Sienne pour la cathédrale, de 1468 à 1475, se montre très apparenté aux deux maîtres de Vérone; seulement son dessin est quelque peu plus mou et son coloris plus lourd.
A Venise, ce sont surtout les « ducali » (pie les miniaturistes du xve siècle eurent à décorer. I n grand nombre de ces livres, d’un mérite artistique assez inégal, est conservé dans le musée Correr à Venise ( Commission d'Agostino Barbarigo de 1485; Marieqola de la Scuola di San Stefano, etc.).
Parmi les nombreux manuscrits à peintures d'origine florentine du xv1' siècle qui nous sont parvenus, un très petit nombre mérite de prendre place dans une Histoire de l'Art. Pendant la première moitié du siècle on peut observer dans ces miniatures un style profondément pénétré dos traditions giottesques livres de chœur de San Marco. Lection-
Phot. Alinari.
Fig. 596. — Miniature de Liberale da Vcrona. (Libreria <h* la cathédrale do Sienne.)
naire de Santa Maria del Fiore, en quatre volumes, conservé dans la Bibliothèque Laurentienne, enluminé en 1446-1448 par Bartolomeo et Giovanni di Antonio, etc.j. Pendant la deuxième moitié du xve siècle nous rencontrons deux enlumineurs florentins dont les œuvres méritent d'être comptées parmi les plus belles créations de cet art : Francesco d’Antonio del Cberico et Attavante degli Attavanti. Francesco d'Antonio nous est surtout connu par le beau Plutarque de la Bibliothèque Laurentienne à Florence (Plut. 65/26), signé par lui, et les deux antiphonaires de la même bibliothèque (Edili 148-151 ). exécutés en collaboration avec Zanobi di Benedetto Strozzi, peintre médiocre. Les figures des miniatures de Francesco nous rappellent l'art de l'Angelico, les ornements sont d’une grâce originale et le coloris est brillant. Le nom d'Attavante ( 1452 à 1517),
« prince des enlumineurs », est inséparablement lié à ceux des grands bibliophiles de son siècle, Mathias Corvin, Frédéric d'Urbin, Laurent de Médicis. Le premier de ses travaux qu’on peut dater paraît être le missel de Thomas James, évêque de Dol en Bretagne, conservé dans la Bibliothèque de la ville à Lyon une page détachée, représentant la Crucifixion (fig. 597), se trouve au musée du Havre). Cette œuvre, une des plus belles de l’atelier du maître, porte la signature et la date, 1485. Attavante n’a pas exécuté toutes les miniatures contenues dans le livre, mais seulement les grandes scènes, comme le Jugement dernier et la Crucifixion ; la plupart des illustrations sont l’œuvre des apprentis. Les compositions sont pour la plupart empruntées aux tableaux des peintres florentins de l’époque, et le caractère général de l’art d’Attavante rappelle beaucoup Verrocchio, Lorenzo di Credi et surtout Domenico Ghirlandajo; seulement il reste toujours inférieur à ces maîtres en ce qui concerne l’expression. Parmi les nombreux ouvrages exécutés par Attavante pour Mathias Corvin, il faut noter le magnifique missel du roi, pendant du missel de l’évêque James, conservé dans la Bibliothèque royale à Bruxelles (1485). D’une date postérieure sonl deux antiphonaires de San Lorenzo, aujourd’hui dans le musée de la cathédrale de Florence ! 1508) et un graduel de la Bibliothèque Laurentienne (1505). Cette bibliothèque est particulièrement riche en œuvres du maître. Attavante domine l'art de l’enluminure à Florence pendant cinquante ans; on l’a imité sans cesse, sans atteindre sa perfection. Gherardo et Monte di Giovanni travaillèrent aussi pour Mathias Corvin.
En Ombrie, c’est surtout à Pérouse et à Urbin qu’on a produit de beaux livres enluminés. A Pérouse on trouve encore, dans la Bibliothèque de la ville, une magnifique série de livres choraux provenant de* San Pietro et San Francesco. La plus grande partie des manuscrits enluminés, exécutés pour le prince bibliophile Frédéric d’Urbin, se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque du Vatican (fonds Urbinate). Dans ces œuvres on aperçoit l’influence prédominante de la grande peinture ombrienne de B. Caporali, Fiorenzo di Lorenzo et Pinturicchio d’une part, de Piero délia Francesca et Melozzo da Forli de l’autre.
La lin de 1 histoire de la miniature italienne à l’époque de la Renaissance rst marquée par le nom illustre de Giulio Clovio (1498-1578). Originaire de Croatie, Clovio vécut toujours en Italie et se trouva à l’école dns imitateurs de Raphaël et de Michel-Ange. Le dernier surtout a exercé une influence dominante sur son art. Malgré sa grande renommée et les éloges de \ asari.ses œuvres — Heures du British Muséum Add. 20927); Commentaire aux épîtres de saint Paul dans le Soane Muséum, Londres; Leotionnaire Townley dans la Bibliothèque publique à New-Tork, etc., pour ne parler que des œuvres certaines — ne peuvent être considérées
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que comme celles d’un habile technicien. On y chercherait en vain l ame de l'artiste. On peut en dire autant de la plupart des œuvres de ses contemporains, souvent éblouissantes par la richesse de la décoration et
Phot. Bertaux.
Fig. 397. — Attavante : Miniature du Missel de Thomas James.
(Musée du Havre.)
le luxe de l’exécution, mais froides et conventionnelles dans la composition et d’un mauvais goût dans le coloris et l’ornementation.
Le Vitrail1. — L’art du vitrail ne convient pas aux pays du soleil;