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obligent ;l h\ régularité des façades et à l'alignement des maisons. La création de grandes places offrant des perspectives uniformes fut l une des idées chères au roi pour l'embellissement de sa capitale. Sur une parti# de l'emplacement de l’ancien Hôtel des Tournelles, Henri I\ décida la construction de bâtiments de structure régulière qui devaient être affectés aux ouvriers des métiers de luxe qu'il voulait attirer dans le royaume. L'idée des « logis des manufactures » fut abandonnée, mais la place est fondée par les lettres patentes de juillet 1605, les terrains aussitôt lotis et les maçons à l’ouvrage. Ce fut la fameuse « Place royale ». achevée seulement en 1012, et qui devint le centre d'un quartier élégant. I ne suite de pavillons symétriquement disposés entoure la place; deux pavillons, ceux du roi el de la reine, plus élevés, forment comme les entrées d’honneur. Au rez-de-chaussée règne une galerie en arcades, toute la construction est en chaînages de pierre et remplissage de briques, sans autre ornement que des bossages. L’alternance des hauts toits d'ardoise aux couronnements de plomb anime seul»' la silhouette des maisons uniformes qui offrent par leur coloration une impression de gaieté. Une autre place fut entreprise, en 1607, à la pointe de la cité joignant le pont qui s’achevait alors : la « place Dauphine », destinée à devenir un lieu de bourse et de change. Le style des maisons fut plus sobre encore, l’alternance de la pierre et de la brique en étant tout l’ornement. Dénaturées par les remaniements modernes, ces maisons ne soûl plus «pie dus bâtisses sans caractère. Plus important et plus original fut le projet de la « Place et porte de France » que le roi voulait édifier dans le quartier du Marais, sur l'emplacement du Temple. Un regardant 1 estampe de Claude Chastillon qui donne la perspective de l’ensemble, on croit voir un quartier de cité des Flandres; jamais l'influence septentrionale sur notre architecture ne se marque plus fortement qu'en ce projet si curieux, que les ingénieurs Aleaume et Claude Chastillon avaient soumis au roi en 1609, et que sa mort interrompit brusquement. Les places parisiennes furent imitées en des villes provinciales. La « Place ducale » à Cbarleville rappelle de très près la Place royale, avec ses pavillons de briques coiffés de hautes toitures d’ardoise; à Montauban. la « Place nationale», est reconstruite à partir de 1615, de lourds pilastres se superposent jusqu à la toiture plate de tuiles, tandis que les « couverts » sont voûtés en arcs brisés.
Les travaux des voies de communication ne paraissent plus appartenir dans les temps contemporains au domaine de l'architecture; la rupture n est cpie récente. Deux célèbres entreprises d'utilité publique furent achevées sous le règne de Henri !\. A Paris, le Pont-Neuf, jeté sur la Seilm a la pointe de la Cité, dont la première pierre avait été fondée en L>78, était interrompu depuis 1588. Fn 1598, Henri l\ ordonna la reprise
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des travaux, que conduisit Guillaume Marchant de 1591) à 16U7, année où le pont fut ouvert à la circulation. Par la belle disposition des arches, l’assiette robuste des piles, l'ornementation vigoureuse qui accuse le protil du parapet, plus que par sa structure, ce monument mérite sa renommée. Les projets primitifs, auxquels Baptiste Androuet Du Cerceau
Fig. 4i4. - Paris. Place des Vosges (ancienne Place royale).
contribua très vraisemblablement, étaient fastueux, comportant des arcs de triomphe aux extrémités, des pyramides, rappelant h' luxe éphémère déployé aux entrées souveraines. Au large de l'embouchure delà Gironde, sur l’ilot de Cordouan, l'ingénieur Louis de Foix avait entamé, en 1584, l èpre construction d’un phare. Henri IV, en 1599, permit de rouvrir le chantier, et, en 1610, la lumière du » plus beau fanal de l’Europe », comme l’appelait avec orgueil son créateur, brillait sur les eaux. Le phare moderne a détruit en partie la tour du xvU siècle surmontée jadis d’une coupole.
Pour amener les eaux de Bungis dans les jardins du Luxembourg, Salomon de Brosse construisit un aqueduc à Arcueil sur la vallée de la Bièvre, de 1615 à 16*25. S'inspirant des modèles romains, il sut imprimer à son œuvre un caractère monumental, par la sobriété de la structure, le juste rapport des masses el la combinaison de l'appareil.
Châteaux et hôtels. — L’étude de ce type d’architecture est rendue difficile par la rareté des documents écrits conservés ou publiés et
Phot. Neurdein.
Fig. 445. — Château de Vizille.
l'incertitude des attributions; on ne peut que former des groupements en désignant quelques édifices choisis parmi les plus caractéristiques.
De nombreux châteaux dressent au-dessus des fossés leurs murailles sévères flanquées de tours, offrant comme une silhouette féodale etgothique, marquant une réaction contre l’épanouissement riant des façades de la Renaissance, ouvertes à la lumière. Les châteaux du Bepas (Orne), élevé de 1605 à 1615, avec ses douves, son pont-levis, l'appareil de pierres à peine dégrossies; de Canisy (Manche), reconstruit par François Gabriel (en partie détruit) ; de Chiffrevast (Manche), vers 1610-1615, aux pavillons en forme de bastions; de Montbras (Meuse), flanqué de tours; d’Esquelbecq (Nord), datant de 1610, donnent des exemples de ces constructions d’aspect rude. Les grandes habitations du gentilhomme fermier, dont
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Olivier de Serres trace le plan idéal dans son Théâtre d' agriculture, sont entourées de fossés, de tours. Ainsi se présente le château de Nedde (Haute-Vienne), triste et austère; au contraire, les manoirs de Normandie sont égayés par les prairies, tel Fumichon (Calvados), où la Inique (si usitée en cette province) est employée en appareil à damiers. L'un des plus importants châteaux élevés pendant le règne de Henri IV, celui de Vizille, garde l'aspect d'une forteresse, et les bâtiments se groupent comme autour d'un donjon. Le connétable de Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné, lit appel à de nombreux artistes pour embellir celle maison dont
il jetait les fondations en 1601-1602, sur les plans fournis par ses architectes Pierre La Cuisse et Guillaume Le Moyne, et que les peintres commençaient à décorer vers 1606-1609. Entre les deux corps de logis ouverts sur le 'parc descendent majestueusement les rampes d'un escalier. Le portail d’entrée est formé de colonnes à bossage; au fronton s’inscrit lièrement la statue équestre de bronze du connétable, modelée par Jacob Richier.
Aucun projet de château ne fut formé au début du xvne siècle, comparable par son ampleur aux grandes demeures entamées vers la fin de la Renaissance : Montceaux, Verneuil ou Charleval, sinon le château de Coulommiers, qui devait rester interrompu. Sur un plan moins grandiose, avec cependant le désir de rappeler par son luxe ces maisons célèbres, Jean-Louis de Nogaret de La Vallette, duc d’Epernon, fit élever
Fig. 440. — Château de Cadillac.
Phot. do la Comm. des 31. If.
à Cadillac, sur un coteau dominant la Garonne, une résidence fastueuse dont il posait la première pierre le 4 août 1.599. L'architecte Pierre Souffron dirigea les travaux de 1599 à 1605. Trois corps de logis entourent la cour régulière, les murailles se dressent sans presque d’ornement à l’extérieur, des pavillons flanquent les angles; sur l'entrée, marquée par une porte monumentale à bossages, l’aspect est moins austère bien que toujours sobre. Les liantes toitures ont été déformées dans les temps modernes, le château ayant été à demi ruiné, transformé en prison. Des jardins ornés de fontaines et de grottes s’étendaient autour du logis. Dans l’église collégiale voisine, d'Epernon faisait aménager sa chapelle sépulcrale (en 1606); il rassembla autour de sa demeure un véritable atelier d’artistes. Charles de Cossé-Brissac faisait reconstruire une partie de son château de Brissac, de 1607 à 1616, sous la conduite de Jacques d’Angluze : un bâtiment massif s'élève jusqu’à la hauteur des tours qui l’enserrent, à chaque élage l’architecte a prodigué les pilastres, les frontons, les niches, les bossages, terminant le tout par une toiture écrasée en dôme, exemple rare de l’entassement des ordres classiques maniés avec lourdeur.
C est, au contraire, avec un complet oubli des ordonnances antiques que furent bâtis quelques-uns des châteaux les plus originaux de cette époque, qui ne doivent leur valeur qu'à la simplicité des lignes, leur charme qu’à l’harmonieux mélange de la brique, delà pierre, des ardoises bleutées, et qui forment de séduisantes apparitions dans l’encadrement des prés, des arbres et des eaux. L'Ile-de-France, la Normandie, particulièrement, gardent de parfaits modèles du type de ce château, appelé habituellement de style Louis XIII, qui se constitue à la fin de la Renaissance et se prolongera pendant loul le xvne siècle. Bien de plus. sobre (pie leur conception; en accusant la structure et montrant les matériaux utilisés, les architectes surent créer des œuvres d’art véritables par l’élégance «les proportions, et animer les façades régulières par les mouvements des avant-corps, des pavillons, l’alternance des toitures hautes. Les châteaux des Montgommery à Ducey (à demi ruiné), de Vassy à Brécey (vers 1620), de Chambray, du Belley à IlénouvilIe-sur-Seine (vers 1650, détruit en 1902), en Normandie; «le Saint-Loup-sur-Thouet (vers 1610), en Poitou; de Jussy, en Berry; dans l'Ile-de-France : ceux de La Ferté-sous-Jouarre (de 1615, détruit en 1861), de Grosbois (vers 1616), de \\ ideville, élevé vers 1620 pour le surintendant Claude de Bullion, sont des exemples tour à tour modestes ou exquis de ces constructions françaises. Ce genre «1 architecture se développe avec plus d’ampleur à mesure «pie l’on avance dans le règne de Louis XIII; le château de Balleroy, construit pour Jean de Choisy, «pie l'on date communément de 1626 à 1636, est, par la noblesse et l'élégance des
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proportions, un véritable chef-d’œuvre. De grands châteaux procèdent de la même inspiration artistique : Daubeuf (vers 1629), Saint-Aubin d’Ecrosville, Tubeuf (achevé en 1643). Bientôt, les toitures s’abaissent, les combles se brisent, quelques motifs sculptés s’introduisent, les bossages et trontons se multiplient et alourdissent les lignes en étalant plus de magnificence ; le somptueux château de Beaumesnil (construit pour Jacques Leconte, marquis de Nouant, de 1655 à 1640) montre cette évolution, et l’on retrouvera encore des réminiscences du même style pendant tout le xvne siècle.
Les jardins commencent à prendre une véritable importance dans l'histoire de l’architecture. Aux châteaux de la Benaissance, ce sonl des cours divisées en parterres de fleurs ou des vergers servant de promenoirs, placés à côté des bâtiments, entourés parfois de murailles, très souvent de galeries ou portiques de treillage. L ornementation des jardins par la sculpture et les eaux fut une importation italienne (voir chap. XII). Alors l’architecte s’empare des jardins, les anime par les escaliers, les terrasses, les statues, les grottes rustiques, les eaux jaillissantes. Les architectes du xvne siècle auront le talent de mettre en valeur les bâtiments par la disposition des rampes, des nappes d’eau, des pelouses, des arbres, et de conformer la symétrie des parcs à la régularité des lignes des châteaux, composant ainsi des ensembles harmonieux.
Les habitations privées dans les villes ressemblèrent aux châteaux des campagnes, avec moins d'étendue et souvent une moindre symétrie, à cause de l'irrégularité fréquente des terrains. La brique mêlée à la pierre
Fig. 447.
l‘hol. de la Comm. des M. II.
Dijon. Hôtel de Vogué.
oblige à une décoration sobre. Le logis abbatial de Saint-Germain-des prés vers 1586, plus tard le grand hôtel de Nevers, sur l'emplacement de l’ancien Nesle, offrirent à Paris les premiers modèles. On citait, Parmi les demeures de l'aristocratie parisienne, les hôtels Zamet, de Sillery 1608), Créqui (161 1), de Glèves tv. 1613), de Bellegardé (1615). On lit honneur à la célèbre marquise de Rambouillet d’avoir exercé une grande influence dans la transformation des intérieurs par la création de son hôtel 1618), dans lequel elle aurait inventé « des agréments, des commodités et des perfections » ignorés jadis : ainsi la forme de l’escalier à la rampe arrondie en portion de cercle, l’élargissement des portes des salles placées en enlilade, les fenêtres sans appui permettant une vue aisée. L’hôtel Sully (1624 à 1650), attribué vraisemblablement à Jean Du Cerceau, avec ses bas-reliefs, son ornementation abondante, rappelle l’art de la lin de la Renaissance ; comme en Bourgogne plusieurs maisons, dont la plus remarquable est l'hôtel de Vogüéà Dijon, construit «à partir de 1607 pour Etienne Bouhier de Chavigny, conseiller au Parlement (une partie achevée dès 1614), qui se distingue par cette sculpture d'un faire gras et savoureux qui fut de tradition en la province. Des logis plus modestes furent construits de brique. Un bon spécimen est donné par l'hôtel de Claude de Montescot (Hôtel de Ville), à Chartres, achevé en 161 4. Rouen possédait jadis plusieurs jolies maisons de ce style.