‹ Histoire de l'art (volume 2)Chapitre 31 sur 79 · EN RI IV · texte numérisé non relu

EN RI IV

L’histoire de la médaille française n'a pas connu d’époque plus glorieuse, plus féconde, plus riche, que la première moitié du xvne siècle. Le nom el l'œuvre de Guillaume Dupré y rayonnent et l'illuminent d’un vif éclat. D’ailleurs, à côté ou autour de ce maître, à qui l’on ne saurait reprocher que la monotonie dans la perfection, de nombreux talents, les uns presque aussi savants, les autres plus primesautiers, ont créé des œuvres précieuses ou savoureuses que nous ne pourrions citer toutes. Ainsi, de l’avènement de Henri IV jusqu'à la majorité de Louis XIV, s'étend, se prolonge un âge d’or de la médaille, qui nous attire autant par la multiplicité de ses chefs-d’œuvre que par leur extrême distinction. Toutefois, à la différence de ce que nous avons observé en Italie et en Allemagne, cette période plus particulièrement brillante de la médaille française n’en est point le printemps, mais l’été. Ce n’est point la jeunesse de cet art qui, dans notre pays, en constitue le moment le plus attachant : c’en est la maturité épanouie. Les médailleurs français n’ont donc produit leurs chefs-d’œuvre les plus nombreux que dans un temps où les médailleurs italiens et allemands, n’ayant plus rien de nouveau à dire, tombaient dans la routine. Aussi la médaille française du xvue siècle, loin d’être un art spontané, porte la trace d’influences nombreuses el diverses, elle est le produit d'une culture el d’une virtuosité portées à leur dernier achèvement, et il est, par conséquent, difficile d’en définir le caractère général, ou plutôt il ne se définit que par sa complexité même : cet art raffiné auquel font défaut sans doute la fraîcheur, la verve ou la

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