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trouve reformé dans la capitale et occupé par le roi à la décoration du château du Pardo, à demi détruit par un incendie, en 1604, avec ses fresques el ses tableaux. Dans cet atelier figurent Bartolommeo Carducci, qui était resté en Espagne et avait suivi Philippe III à Valladolid ; son frère cadet Vincenzo, qui avait rejoint Bartolommeo; Patrick» Caxesi
Pium. Le y y
l u;. 505. Pellegrino Tibaldi : Décoration à fresque de la Bibliothèque de l’Escorial.
d’Arezzo, qui était venu en Espagne avec Bomolo Cincinnati ; Antonio Bizi de Bologne, qui avait accompagné son maître Zuccaro. Caxesi’ et Bizi s’étaient mariés en Espagne : ils firent l’un et l’autre souche de peintres, qui furent traités avec honneur par Philippe IV. L’art des Italiens de Madrid, descendant légitime et direct de I art des peintres del'Escorial, devait se modifier bientôt ; cependant son esthétique officielle demeurait toujours celle d’un Tibaldi : elle fut formulée en 1655 par Vincenzo Carducci dans les Dialogues de la peinture, où il est à peine question de
LA FIN DE LA RENAISSANCE EN ESPAGNE
couleurs ou de « peinture ». Carducci n'a vu Titien à l’Escorial que pour se défier de ses « admirables ébauches ». Sa dévotion la plus fervente est pour Michel-Ange. « Dessiner, méditer et encore dessiner », tel est le secret. Le peintre doit encore lire et devenir un savant, pour perfectionner la nature, en se gardant de la copier. « La simple imitation n'est permise qu’aux portraitistes. » Quand Carducci écrivait cet aphorisme, Velâzquez était son voisin et il y avait près d'un siècle que les portraitistes officiels de la Cour d’Espagne se contentaient de copier la vie en dehors de toute t héorie,
« semblables », comme le dit Carducci lui-même, « à ces médecins empiriques qui font des miracles sans en savoir le pourquoi ».
Les portraitistes de la Cour. - — Dans le brevet de chevalier octroyé à Titien,
C ha r 1 es - Q ui nt rappelait « l’exemple de ses prédécesseurs, Alexandre le Grand et Octave Auguste, dont l'un ne voulait être peint que par le seul Apelles et l'autre par quelques excellents maîtres seulement ». L’empereur, pendant ses derniers séjours en Flandre, ne posa pas devant les peintres du Nord, même devant le peintre d’Utrecht,
Antoine Mor, qui était en 1 549 au service du puissant évêque d’Arras, Granvelle, et de la sœur de Charles-Quint, Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas. En 1550, cette princesse envoya Mor en Portugal, pendant les négociations ouvertes pour le mariage de l’Infant Philippe avec sa cousine de Portugal, l'Infante Marie; les portraits du roi Jean 111 et de la reine Catherine, que Mor peignit à Lisbonne, y ont été retrouvés, dans une dépendance de Sào Roque. Mor traversa l'Espagne à l'aller et au retour du Portugal et y peignit des portraits de princes. Lorsque la reine Marie de Portugal fut morte en donnant le jour à l'infant don Carlos, Marie de Hongrie envoya encore son peintre, en 1555, pour peindre le portrait d’une autre fiancée, Mary Tudor. Le Musée du Prado
Phot. comm par J de Figueiredo.
Fig. 506. — Sanches Coelho :
Portrait d’une princesse de la Maison d’Autriche. (Musée d'Art ancien, Lisbonne.)
montre 1 inoubliable face de la reine myope, sans teint et sans cheveux, sans regard et sans lèvres, qui donna à son mari la couronne d’Angleterre, mais ne porta pas celle d’Espagne, et n’eut pas sa place dans le
groupe funéraire des épouses de Philippe II, à l’Escorial.
Antoine Moi* revint de Londres, affiné par l’étude des portraits anglais de Ilolbein.
1 1 peignit alors le visage barbu de Jacopo da Trezzo, le médailleur milanais qui était allé travailler à Bruxelles (Paris, coll. de M. le Chevalier de Stuers). Après la bataille de Saint-Quentin (1557), il lit le rude et lier portrait' de Philippe II en armure, qui fut placé, comme un ex-voto, dans le monastère de San Lorenzo de la Victoria , et que le registre d’entrée des tableaux de l’Escorial décrit en 1575, en nommant le peintre. Le jeune roi emmena le Hollandais à sa suite et lui donna un atelier dans l’Alcazar de Madrid. La plupart, des portraits que peignit Mor furent placés au château du Pardo ; plusieurs d’entre eux disparurent dans l’incendie de 1604.
Ceux qui ont survécu font revivre au Prado la charmante « lady » qui fut duchesse de Feria, près de l’ancien boufTondeCharles-Quint, le nain Pejeron. Mor était adopté par la Cour, qui prononçait son nom à l’espagnole, mais l’Inquisition n’ignorait pas qu’ « Antonio Moro » venait de Bruxelles, la ville contaminée par l’hérésie; le peintre lui-même connaissait le rôle que le sculpteur Pompeo Leoni avait joué dans un autodafé : il prit peur et regagna précipitamment les Pays-Bas, où il se retrouva en
Phol. Moreno.
Fig. 507. — Pantoja île la Cruz :
Philippe II quelques mois avant sa mort. (Bibliothèque de l’Escorial.)
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