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Moi* n eul pas le temps de peindre en Espagne le portrait de la troisième femme de Philippe II. La douce el bonne Élisabeth de Valois posa devant le premier peintre que le roi. son époux, (il venir d Italie (en 1559) et <iui était une Italienne, Sofonisba Anguissola, de Crémone (v. plus b a ii I , p. 609). La reine (il de I artiste sa dame d honneur el le roi la maria ii un noble Sicilien, Don Fabricio de Moncada, qui la ramena en Italie. Il y aurait intérêt à rechercher plus attentivement qu’on ne l a fait encore les portraits espagnols de cette dame, qui, dans sa vieillesse entourée d'honneurs, fut à Gênes la conseillère du jeune Van Dyck. Sofonisba Anguissola eut d'ailleurs peu d’influence sur les portraitistes qui lui succédèrent à la Cour d'Espagne. Antonio Moro avait formé lui-même le peintre qui prit sa place, le Portugais Alonso Sanclies Coelho I dont h' nom signifie « lapin »). Granvelle, dans une lettre italienne de 1585, adressée au cardinal Farnèse , rappelait quec’était chez lui, à Bruxelles, que Moro, son peintre, avait appris au peintre portugais l'art où celui-ci devint un « valent huomo ». Il est probable que Coelho suivit Moro à son retour de Lisbonne. Il avait fait son premier apprentissage avec les peintres de l’école de Lisbonne, qui ont fait figurer dans quelques-unes de leurs scènes religieuses d’excellents portraits (tome IV, ‘J1 partie, p. 887). En 155(2, il était à Valladolid, pour peindre un portrait, connu par une copie au Musée de Bruxelles, et qui représente la princesse Juana, la fiancée de l'Infant de Portugal, à l’àge de 17 ans. Cinq ans plus tard, la même princesse. veuve du Prince du Brésil, avait quillé le Portugal pour prendre la récence du royaume d'Espagne; elle envoya Coelho à Lisbonne
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Phot. Moreno.
Fig. 508. — A. Sanclies Coelho : La duchesse de Béjar avec un nain.
(Collection du duc de Montellano, Madrid.)
pour peindre lu portrait de son lits tout enfant, dont elle était séparée et <pii devait être l'infortuné roi Sébastien. Le peintre portugais rapporta lui-même ce portrait en Espagne; il y fut employé par Philippe II à faire des copies de Titien qui enrichirent sa palette. 11 devint, après le départ de Moro, le portraitiste ofüciel de la Cour d'Espagne, des archiducs d'Autriche qui y passaient et des grands de Castille; il vécut en prince. Après sa mort (Madrid, 1506), le Portugais reçut une place d'honneur parmi les peintres célèbres, dans le poème du Laurier d'Apollon , où Lope de Vega l’appelle <« le fameux Protogène espagnol ». Il avait eu un successeur direct dans la personne d'un peintre sec et froid, qui porta un nom d’une belle sonorité castillane : Pantoja de la Cruz. Celui-ci eut pour disciples un peintre de grands portraits, Bartolomé Gonzalez, et un miniaturiste, Pianos, qui continuent sans interruption la tradition de Moro jusqu'au commencement du règne de Philippe l\ .
Dès le temps de Philippe III, une partie des portraits des « dix-sept personnes royales » qui posèrent devant Coelho avait disparu dans 1 i ncendie du Pardo 1604), qui épargna seulement la tour décorée par Becerra. L’œuvre des successeurs du maître hollandais, qui avait été en Espagne un chef d’école, compose encore une image saisissante de la Cour, où des infantes, couvertes d'atours compliqués et parées de bijoux comme la \ ierge de Guadalupe, pâlissaient de langueur et d’ennui, à côté de leurs familiers, tristes bouffons, nains affreux et lamentables idiotes. Le poème d Ercilla, Y Araucana, fait moins bien revivre les conquistadores que le portrait de Garcia de Mendoza, le conquérant du Chili, peint par Coelho et perdu dans le château de Raudnitz, en Bohême. Nulle page d histoire n’égale le médiocre portrait de Pantoja, qui montre, à 1 Escorial même, Philippe II vêtu de noir et tel qu'il était le jour où il parcourut pour la dernière fois le vaste monastère, avant de s'étendre sur son lit de mort. C’est dans ces portraits, qui n'ont d italien que quelques reflets fugitifs de Titien, et non dans les peintures religieuses où Coelho essaie d'imiter Corrège, que l'art officiel de la Cour d’Espagne a déposé les germes de vie qui bientôt s’épanouiront à la lumière du génie. Un portrait de Coelho, qui représente la jeune duchesse de Béjar, Da Juana de Mendoza, prenant 1<; petit pot de terre rouge plein d’eau à la glace que lui présente un nain, n'est-il pas la première esquisse du motif des Marines ?