I. LES ITALIANISANTS
La seconde moitié du xviu siècle poursuit, aux Pays-Bas, le travail de la première. La crise se précipite. La transformation qui va faire succéder aux maîtres du Moyen Age ceux de l’àge classique, se déroule et s’achève. Le fait qui domine tout, c’est l’extraordinaire attrait qu’exerce 1 Italie. La Réforme n y fait rien : Borne conserve toujours le secret de la beauté. Tous y courent, tous dépouillent 1’ « ancienne manière néerlandaise ». Le premier effet du contact avec l’art italien est de désorganiser la palette flamande. En même temps, les formats grandissent, les personnages aussi. Les fonds, le paysage, diminuent d importance. Une étude, jusqu’alors presque absente de l’école flamande, celle du nu, passe au premier rang des préoccupations des peintres. Chacun refait à sa manière le Jugement dernier ou les banquets de la Farnésine : mal et péniblement, d’ailleurs. Mais justement ce qu’il leur en coûte, à ces honnêtes Flamands, est ce qui fait à leurs yeux le mérite de leur ouvrage el ce qui en constitue le caractère d « art ».
Telle est bien, en effet, la notion toute nouvelle qui se fait jour à travers ces œuvres sans génie. Elles sont loin d’être belles, mais elles sont faites expressément en vue de la beauté. Elles relèvent exclusivement d’un programme esthétique. Tout est subordonné à des questions de dessin, de modelé ou de composition, à des problèmes spéciaux de forme et de mouvement. L’ancien art flamand est un art généralement