I. Par M. Louis Gillet
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i 1 1 1 1 1 1 o 1 > i 1 ( ' ; il ne sa i I parfaitement représenter (jue ce < j ui pose : I art des romanistes gesticule (‘I remue à l'excès, il accumule les figures, les groupes, les raccourcis; les tableaux s encombrent et s’obstruent. Le dessin, qui esl en train de perdre ses éminentes qualités de rigueur et de précision, les échange contre une manière plus ondoyante el moins
« gothique ». Il n’est pas jusqu’à la couleur qui, après un moment de mue, ue doive reparaître plus sonore, plus expressive que jamais.
Toutes ces métamorphoses de la forme et du ton ne sont que le travail préliminaire, les conditions indispensables d’une nouvelle façon de concevoir, d’exprimer la vie.
Au reste, ce travail se poursuit indifféremment dans toute l'étendue des Pays-Bas. Il n’y a pas encore de Flandre ni de Hollande, il n’y a que des groupes d’artistes néerlandais. Tout au plus distinguet-on deux centres principaux, 1 un à Anvers, l’autre à Maarlem. Le « genre » el le paysage, qui achèvent de se constituer à côté de « 1 histoire », ne présentent pas non plus de vraies nuances locales. Seul, le portrait, dans une de ses acceptions nouvelles, semble nous offrir, au xvi° siècle, quelque chose qu'on puisse appeler spécifiquement « hollandais ».
Ecole d'Anvers. Frans Fi. oms. — Vers le milieu du xvi siècle, Bruges el Garni tombent en décadence. La vie se transporte sur 1 Escaut. Anvers devient pour un siècle le foyer de la Flandre. C’est là, dans un
Phot Lévy fils et C‘c
Fig. 525. — Frans Fions : La Chute des Anges.
( Musée d’Anvers.)
LA PEINTURE DANS LES PAYS-BAS A LA FIN I)U AVI SIÈCLE
milieu nouveau, très national, très ouvert néanmoins aux souffles <ln dehors el à l’air de la mer, que va se dérouler l’avenir magnifique de la peinture flamande.
... « Mais parlons ores des maîtres qui sont en vie, el premièrement mettons enjeu François Floris, peintre si excellent ... qu'il n'a peut-être aucun deçà les monts qui le seconde :... à cettuy esl donné l’honneur, qu'il a porté d'Italie l'industrie et maîtrise de bien effigier les muscles, et merveilleusement représenter les peaux et cuirs de l'homme au naturel... »
Ce Frans de Vriendt, dit Frans Flor îs ( 1 a 1 fi — la/fl), dont parle (iiiichardin avec tant de chaleur, était un Anversois, élève de Lambert Lombart, et qui reçut de lui la passion romaine. Il avait vingtcinq ans lorsqu'il vit découvrir, à Rome, le Jugement dernier. Dès lors, il n'aperçoit plus le monde qu'à travers ce formidable enchevêtrement humain. Le « nu », tel que l’avait promulgué le terrible chef-d’œuvre, lui paraît désormais la matière essentielle, 1 indispensable raison du beau. Il revint tout fumant de ces idées à Anvers. Sa Chute des Anges, qu'il peignit en 1554, pour la chapelle des maîtres d’armes, à Notre-Dame, est le manifeste du nouvel art. Jamais on n’avait vu en Flandre une telle débauche d’anatomie. L'auteur fut sur-le-champ nommé « l’incomparable ». Mais le Flamand s’opiniâtre sous l’italianisant. Nous voyons s’accoupler chez lui les idées de la Renaissance et celles du génie barbare; le côté d'imagination grotesque et fantastique, le cauchemar de Jérôme Bosch, surmonte bizarrement les corps de Michel-Ange. Des têtes de chiens, de chats, d’oiseaux, des chanfreins de cheval à crinière de reptiles, terminent les nudités savantes,
jappent, miaulent, hennissent, glapissent
Les autres œuvres de F « Incomparable » ne valent pas sa Chute des Anges. Son Jugement dernier de Bruxelles 1 1570) esl cartonneux, grisâtre. L’homme avait cependant des qualités de terroir qui le rendaient populaire. C’était un bon vivant, une figure haute en couleurs. Son atelier fut le séminaire de la peinture flamande. L’école sortit de là profondément modifiée. C’était quelqu’un, (pie ce Floris. En présence du modèle, c’était
Phot. Bruckmaun
Fig. 5'26. — Frans Floris :
L’Homme au faucon.
(Musée de Brunswick. i