LA TAPISSERIE
Dans un chapitre précédent, l’histoire de la tapisserie a été interrompue peu après l'occupation d'Arras par les troupes de Louis XI (1477). Comme celle des autres arts du dessin, elle nous montrera maintenant, au cours d'une centaine d’années, les progrès, plus ou moins rapides selon les pays, et finalement le triomphe de l'idéal de la Renaissance. Si les ateliers flamands atteignent alors leur apogée et sont, de beaucoup, les plus prospères de l’Europe, l'Italie leur impose son goût et les modèles de ses peintres. Moins active, la haute lisse française semble résister plus longtemps aux nouveautés qui cependant séduisaient nos rois. Mais pour suivre dans notre pays la persistance des traditions du Moyen Age, il nous faut d’abord distinguer, parmi les tapisseries du temps de Charles VI II et de Louis XI L les œuvres françaises des flamandes, et celle distinction est souvent malaisée.
Tapisseries franco-flamandes. — Cette époque, en effet, nous a laissé maintes tapisseries de nationalité mal connue. Viennent-elles de Tournai, ville limitrophe, qui ne lut définitivement séparée de la France qu’en 1521? M. Eugène Soil le pense, et il fonde son opinion sur des arguments assez forts : suprématie de Tournai, attestée par ses archives, aussitôt après la ruine d’Arras; rapports fréquents de ses artisans avec la Champagne, la Bourgogne ou la Normandie.... Malheureusement les