III. — DE WATTEAU A BOUCHER
De la mort de Watteau à l'avènement de Boucher, la scène est occupée par des décorateurs et des portraitistes sans personnalité très accusée, mais trop bien doués pour qu'on puisse considérer cette période comme un simple intermède.
Aucun de ces artistes, sans excepter ceux qui parviennent au faîte de la hiérarchie officielle comme les Premiers peintres Lemoine et Charles Coypel ou les directeurs de l’Académie de France à Borne : J. -F. de Troy et Xatoire, ne parvient à s'imposer comme chef d'école. Toutefois Lemoine, parmi les décorateurs, Xattier, parmi les portraitistes, peuvent être considérés comme particulièrement représentatifs.
Le caractère le plus frappant de l’art de cette époque est l'influence souveraine du théâtre, qui se traduit chez les peintres d histoire aussi bien dans le choix des sujets que dans la façon de les traiter et chez les portraitistes par la vogue du portrait mythologique. Il faut ajouter, en ce qui concerne les décorateurs, que la plupart d'entre eux ont déployé plus de talent dans leurs cartons de tapisserie que dans leurs tableaux. Si l'on excepte le plafond du Salon d Hercule, par Lemoine, qui n'est qu'une tentative isolée, les grandes compositions décoratives ne trouvent plus à se réaliser qu'à Beauvais et aux Gobelins.