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CHAPITRE PREMIER

L’ARCHITECTURE EN FRANCE DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIIe SIÈCLE1

De 1708, date de la mort de Mansart, à 1780, l’architecture française exprime à merveille la société nouvelle. Mais (die est lente à se dégager des formes qui l'ont précédée. C’est la distribution et la décoration qui trahissent avec décision le changement des mœurs et du goût. La structure générale, la composition des masses, lixées en des chefs-d’œuvre vénérés, restent circonspectes. De l’hôtel de Soubise (1706) à l’hôtel de Salin ( 1 786), de la façade de Saint-Roch à Saint-Philippe-du-Roule (I 780), le goût français ne veut être moderne, original, qu’en s’appuyant sur la triple expérience de l’antiquité, de la Renaissance italienne et du grand Siècle : il évolue dans la tradition.

Il faut donc se défier des catégories toutes faites, qui opposent brutalement l’architecture du xvme siècle à la précédente, et, dans le xvin' même, séparent avec rigueur style Régence, style Louis XV, style Louis XVI. L’observation révèle une continuité vivante, qui déçoit parfois l’analyse. Même dans la décoration, le style Régence est fait des éléments que le dessin de Mansart organisait déjà; et il dure jusqu’au milieu du siècle. Le petit Trianon est en virtualité dans les pavillons de Mansart à Marly. Aucun monument ne déconcerte la classification comme le Garde-meuble de Gabriel : par sa date il appartient au règne de Louis XV; il se rattache à l’époque de Louis XIV, puisqu’il imite la colonnade de Perrault au Louvre, et il a déjà du « Louis XVI » la grâce sobre et fine. Cette complexité se double d’une autre. L’architecture monumentale est plus attachée aux ordres et à la tradition. L’autre, plus moderne dès l’abord, parce qu’elle est plus en contact avec les mœurs et

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