‹ Histoire de l'art (volume 3)Chapitre 4 sur 84 · Par M. René Schneider · texte numérisé non relu

Par M. René Schneider

le goût dos particuliers, reste jusqu’au bout plus spontanée et plus souple : c’est la plus purement française.

Malgré tout, il y a de 17(18 à 1789 un progrès, lent, mais très sûr, dans I imitation de l’antique : elle est de plus en plus réfléchie et savante. C’est entre 1750 et 1760 que se fait le pas le plus décisif. Classicisme moderne, encore attaché au xvue siècle, classicisme antiquisant, telles sont les deux étapes de cette architecture toujours très française.

Ce (pii ne change pas, c’est la technique impeccable, qui fait toujours l’admiration des constructeurs. La stéréotomie atteint décidément la perfection. Telles voûtes surbaissées de l’abbaye Saint-Etienne à Caen, tel escalier de l’Hôtel de Ville à Rouen, des archevêchés de Tours et de Bordeaux sont des chefs-d’œuvre de précision. La grâce souple d’un monument comme la fontaine deBouchardon a pour principe la géométrie la plus stricte au détail. Le « clou de M. Louis » au Grand-Théâtre de Bordeaux est resté célèbre. L’architecte Patte nous prie d’observer de près la beauté de l’appareil de Sainte-Geneviève, qui est pourtant un monument colossal. Les pesantes Barrières de Ledoux avaient une coupe de pierres aussi fine que l’édicule choragique de Lysicrate à Athènes. Quelle que soit la virtuosité de ses tracés, l’architecte sait qu’il aura toujours d’excellents praticiens pour les réaliser. C’est l'époque où naissent des ouvrages spéciaux comme ceux de La Rue, en 17*28 : Traité delà coupe des pierres, et de Frézier, en 1754 : Traité de la stéréotomie. L’effet général de beauté a dans cette technique savante une de ses origines secrètes. La sûreté du métier aide au prestige de l’art.

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