Gazette des Beaux-Arts, septembre-octobre
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est l’œuvre de Yanvitelli : les colonnes ajoutées aux colonnes antiques, les pilastres, l'entablement faisant le tour de la vaste salle, les arcs unissant les colonnes, le décor des fenêtres, la polychromie, l'emploi des marbres, les décors en stuc, etc. On a coutume d’admirer beaucoup celte ordonnance, qui est en elTet de la plus grande beauté; mais on a le tort de l'attribuera Michel-Ange ou à l’art antique. On prive ainsi Yanvitelli de la gloire d'être l’auteur d'une des plus belles œuvres qui soient à Rome, et, par suite, c’est le xvme siècle romain dont on diminue singulièrement l’importance, et c’est toute l’histoire de l'architecture que l’on fausse, en attribuant au xvie siècle (“I à Michel-Ange une œuvre qui est du xviif et de Yanvitelli.
C'est pour la première fois, sans doute, que, dans une histoire de l'art italien, on attribue celte œuvre à Yanvitelli, et la première fois aussi qu’on loue cet artiste, au lieu de le critiquer sévèrement, pour ce qu il a fait dans cette église. J'avais moi-même parlé de Sainte-Marie-des-Anges dans le chapitre de cette histoire consacré au xvf siècle1, insistant surtout sur ce qu’elle était une manifestation de la prédilection pour les grands espaces. Je pensais alors que presque toute la décoration était romaine : ce n'est que plus tard, en étudiant plus complètement l'art du xvme siècle, que je me suis rendu compte que l’on y trouve des formes (pie n'ont connues ni la Renaissance du xvie siècle, ni l'antiquité romaine.
J’insiste tout particulièrement sur l'emploi de hautes colonnes toutes égales, dont l’ordonnance est complétée par des pilastres de même dimension, suivant les pures traditions de l'art grec. Dans les Thermes de Dioclétien, selon la logique de l’architecture romaine, à côté des colonnes soutenant la retombée des arcs de la grande voûte, on trouvait d'autres colonnes plus pet ites qui portaient les arcs d’entrée des salles latérales, disposition tant de fois reprise par l’art du moyen âge et de la Renaissance. C’est Yanvitelli qui, en ajoutant dans l’église huit colonnes et vingt-deux pilastres, tous de même hauteur, et en les couronnant par la longue ligne d'un magnifique entablement, a modifié profondément son aspect, et lui a donné cette impressionnante majesté que nous y admirons aujourd'hui.
Sculptuhe. — Avant d’aller plus loin et d’étudier l’art romain de la fin du xvur siècle, nous allons parler de la sculpture. Déjà, dans les pages précédentes, nous avons eu l’occasion de dire ce que fut alors la sculpture, et plus particulièrement la sculpture décorative, d'indiquer ses traits généraux, qui sont ceux de l'art de tout le xvm' siècle: l'élégance et le raffinement, la vive sensibilité, la joie et l'amour. 11 semble à ce