‹ Histoire de l'art (volume 3)Chapitre 38 sur 84 · IS · texte numérisé non relu

IS

représenté sous les traits d’un jeune seigneur, ayant toute la préciosité des petits maîtres du xvm" siècle, et vêtu avec toute la pompe des costumes de cour. J’attribuerais volontiers à Cametti, dont nous avons déjà cité le nom à propos de la chapelle du Mont-de-Piété, cette statue nui, par sa facture, rappelle beaucoup la tombe de Maria Colomba Vicentini à Saint-Marcel à Rome. Nous allons voir comment Cametti fut appelé à travailler à Turin où il laissa ses chefs-d’œuvre.

Le Piémont avait toujours été pauvre en sculpteurs: lorsque Guarini, à la fin du xvne siècle, construisait ses églises et ses palais, il n’avait pas de sculpteurs autour de lui, et, par la force des choses, il fut obligé de faire des œuvres de caractère exclusivement architectural. Juvara n’accepte pas cette réserve. Pour son église de la Superga, il veut des sculptures, et il s’adresse notamment au Toscan Cametti, un des maîtres que la critique mettra au premier rang, lorsqu’elle s’occupera des sculpteurs italiens du xvme siècle. Je regrette de ne pouvoir donner (les photographies à l’intérieur de la Superga étant interdites) le bas-relief commémoratif de la bataille de 1706, où l'on voit le prince Victor-Emmanuel Ier agenouillé aux pieds de la Vierge qui apparaît dans une gloire d’anges, tandis que dans le fond se dessine la bataille. C’est une œuvre des plus remarquables par l'habileté de la composition et le charme du sentiment.

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