‹ Histoire de l'art (volume 3)Chapitre 43 sur 84 · I. DE NAPLES A MILAN · texte numérisé non relu

I. DE NAPLES A MILAN

L'École napolitaine. — La puissante influence des peintres napolitains du xvne siècle s'était étendue au loin; nous avons vu que les plus grandes œuvres du Calabrèse et de Luca Giordano ne sont point celles qu'ils laissèrent à leur ville natale. Cependant, c'est de Naples, de son tumulte et de sa lumière qu'ils tiennent leur verve, dirigée et disciplinée par les magnifiques leçons de Caravage. Les natures mortes, les amoncellements de légumes, de fruits et de poissons (pie peignaient de beaux décorateurs locaux tels que Baltista Ruoppolo (1620-1683) et Giuseppe Recco (1654-1695), les étalages de marché, qui tentèrent Luca Giordano lui-même, font naturellement songer à l’opulence d'un poi l où se déversait une bonne part du commerce méditerranéen; ainsi Anvers avait offert à Rubens sa somptuosité toujours nouvelle.

Les disciples, eux-mêmes très recherchés, qui se groupent autour des deux maîtres dont Rome, Florence, Venise et Madrid se disputaient les travaux, montrent une facilité un peu molle. Le plus intéressant est ce Paolo de Mattéis (1662-1728) auquel ses fresques de Saint-François- Xavier valurent l'admiration du comte d Estrées, venu à Naples en 1702 pour accompagner le jeune roi d'Espagne Philippe Y; il emmena le peintre à Paris. Mathei comme on l'appelait en France) ne tarda cependant pas à regagner Naples, où il décora nombre d'églises, entre autres la coupole de Saint-Ferdinand. Lorsque la ville fut tombée en 1707 sous la domination autrichienne, le nouveau vice-roi s’adressa, en même temps qu’à Paolo de Mattéis, à Giacomo del Po (1654-1726), un des repré-

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