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DANEMARK

Ce n’est qu’au xixe siècle que le Danemark et la Suède ont pris conscience de leur originalité et ont réussi à créer un art véritablement national. Les pays Scandinaves n’ont connu jusque-là qu'un art de seconde main emprunté d’abord aux Pays-Bas, puis à la France.

Influence des Pays-Bas. — La Benaissance, qui s’épanouit tardivement à la fin du xvie el au commencement du xvue siècle, sous le règne de Frédéric II et surtout de Christian IV fl 588-1 648'' , présente un caractère nettement néerlandais. Les architectes qui ont construit les châteaux royaux de Kronborg, de Frederiksborg et de Rosenborg étaient ou des Flamands, comme Anthonis van Ohbergen, de Malines, ou, comme Hans von Sleenwinkel, des élèves des Flamands. Le mélange de la brique et de la pierre de taille, h* pittoresque découpage des hauts pignons à redans ou à volutes qui caractérisent ces édifices trahissent l imitation de l’architecture hollandaise.

La sculpture est également importée des Pays-Bas. Cornelis Floris de Yriendt sculpte les monuments funéraires de la nécropole royale de Roskildc. La Fontaine de Neptune, qui ornait la cour du château de Frederiksborg et que les Suédois ont transportée dans les jardins de Droltningholm, est l’œuvre du Hollandais Adriaen de \ ries.

Enfin l’école de peinture danoise, à ses origines, n’est qu'une annexe de la peinture hollandaise. Sous Christian IV, Jakob van Dors! enrichit la galerie du château de Rosenborg du portrait de la Heine Anne- Catherine et de son /ils (Bill); son compatriote Peter Isaksz (1561-1624 portraiture la famille royale.

L’ART DANS LES PAYS SCANDINAVES

Karel van Mander II (1579-1613), le fils du célèbre historiographe, arrive en Danemark en 1616 pour décorer Frederiksberg. Son fils Karel van Mander 111 (1605-1670) passe pour le fondateur de l’école de peinture danoise. 11 est représenté au Musée de Copenhague par les vigoureux portraits de Y Amiral Ove Gjedde et du Nain Giacomo Favorchi caressant un inolosse. Un troisième membre de cette dynastie, Abraham Wuchters, beau-frère du précédent, le rejoint en 1638 ; ses portraits sont plus froids, plus compassés, encore qu’on ne puisse marchander l’admiration à son magnifique portrait d'Ulrik Kristian GijldenlÔve (1648) debout, en vêtement de satin rouge, devant un rideau gris.

Influence française. — Dès la fin du xvie siècle, l’art français, qui avait déjà une première fois, au moyen âge, sous le règne de Valdemar, dominé le Danemark, 'supplante peu à peu l'influence hollandaise. Il est certain que les architectes de Kronborg et de Frederiksborg connaissaient Les plus excellens bâtimens de France , de Jacques Androuet Du Cerceau : car le château de Kronborg, flanqué de quatre tours d’angle, rappelle Bury et Ecouen, et le plan de Frederiksborg présente, à l’instar du château français,, une basse-cour et une cour d’honneur.

A partir du règne de Frédéric III (1648-1670), qui fait venir de France des stucateurs et des fontainiers, l’influence française grandit. Elle devient prépondérante au xvme siècle, sous les règnes de Christian VI (1730-1746), Frédéric V (1746-1766) el Christian VII (1766-1808).

La cour de France exerçait sur les rois de Danemark une attraction irrésistible. Frédéric IV, de passage à Paris en 1693, se fil portraiturer par Rigaud. En 1768, Christian Vil fit à Paris un voyage triomphal. Il visita toutes nos grandes manufactures d’art décoratif. « A la Monnaie, racontent les Mémoires secrets, on a frappé sous ses yeux, sans qu’il s’en aperçût, une médaille représentant son effigie. A la Savonnerie, il s’est trouvé un superbe tapis à ses armes. A la manufacture de Sève1, on lui a présenté un service de porcelaine dont toutes les pièces étaient chargées de son écusson. » Il visita également les Gobelins, où le duc de Duras lui offrit, de la part du roi, de magnifiques tapisseries.

La révocation de l’Edit de Nantes contribua, en Danemark comme en Allemagne, à renforcer l’élément français. Mais c’est surtout grâce à la fondation de Y Académie royale de peinture el de sculpture, par Frédéric V, en 1754, que l’art danois suivit le sillage de l’art français. Les premiers directeurs de l’Académie, Saly et Jardin, ainsi que la plupart des professeurs, étaient français. Les peintres Le Lorrain, Tocqué, Nattier furent au nombre des premiers associés étrangers. Les élèves les mieux doués recevaient, à la fin de leurs études, des bourses de séjour à Paris.

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