‹ Histoire de l'art (volume 3)Chapitre 55 sur 84 · SUÈDE · texte numérisé non relu

SUÈDE

L(* xvne siècle est l’époqm1 de la grandeur suédoise. Sous les d»*rniers \ usas el les ('.andins ', la Suède, entraînée par Gustave-Adolphe I (i I I - 1 052' et Charles XII 1097-I71N , sort de sa presqu’île pour se jeter dans la mêlée des peuples : «die se fait le champion du protestantisme contre 1 Autriche, refoule l<“ Polonais et le Kusse et transforme la Balli«pie en un lac suédois. Après la guerre de Trente ans sa situation en Europe est considérable. Elle ne possédait pas moins «l<“ cim] universités: l’psala, Lund en Scanie, Abo en Finlande. Dorpaten Livonie, Greifswald «mi Poméranie. Son hégémonie s imposait à tous l«*s pays de la Baltique.

Cette période d exaltation était favorable aux entreprises artistiques. Les chefs de la noblesse suédoise, l’amiral Wrangel, le chancelier Magnus Gabriel d<“ la Gardie rivalisent de munificence avec l«*s rois. L’orgueil national éclate dans la Suecia antiqua et lioclierna , recueil monumental de gravures, formé de 1090 à 1715, sous le> règnes de Charles XI et de Charles XII, sur l’initiative du comte Lrik Dahlberg, directeur général d«*s Forlilicalions royales de Suède. Ces trois cent cinquante- «pialre plamdies, .dont (juehpies-unes sont dues à des graveurs français : Jean Marol, Le Pautre, sont une évocation saisissante de la gramleur suédoise.

Mais cette hégémonie devait être «le courte durée. Dès le début du xviii® siècle, la politique aventureuse de Charles X II lit crouler tout l’édifice. La Suède, épuisée par un effort disproportionné avec s«*s forces récites, dut abandonner ses complètes et refluer dans ses limites. L ivresse «le cette marche triomphale à travers l'Europe avait été si courte que le pays «uil à peine l<“ temps d’en prendre conscience. L’art national, qui aurait pu naître de celte exaltation patriotique, fut étouffé dans son germe. La Suède resta, au point de vue artistique, tributaire de l’étranger.

Son évolution est parallèle à celle du Danemark. « L’art de la Renaissance, dit M. I pmark, l'historien de la Ihmaissance suédoise, n avait été en Suède qu’un art de cour exercé par «l«‘s étrangers d'origine allemande et néerlandaise. » A partir du xvue siècle, l’influence germanohollandaise est supplantée par l'influence française.

Architecture. Les constructions l«*s plus caractéristiques de la période des \ asas 1520-11)50 : les Bastilles encore à demi féodales de Gripsholm, Vadstena et Kalmar, l’église «le la Sainte-Trinité à Krislianstad en Scanie. présenhmt, avec leurs hauts pignons décoratifs, un

I. Les historiens suédois divisent cette époque en trois périodes qu’ils baptisent d’après le nom des rois : Vasa tiden, Karolinska tiden, Gustavianska tiden.

L'ART DANS LES PAYS SCANDINAVES

caractère hollandais 1res accuse. \u contraire, les deux œuvres capitales de l’architecture suédoise du xviii' siècle: le château de Drottningholm et le Palais royal de Stockholm, sont marquées au coin de l’art français.

Cette substitution 11e s'est pas faite brusquement. Le Valais de la Xo blesse (Riddarhuset . mi-hollandais, mi-français, marque la transition. L architecte français Simon de la \ allée, à qui sont dus les premiers plans de ce palais, avait, avant de passer en Suede, séjourné de 1633 à 1637 en Hollande comme architecte du prince d’Orange. Son projet, qui comportait un corps de logis à trois étages, encadré d’ailes plus basses, s'inspirait du palais du Luxembourg de S. de Brosse. Mais il n’eut pas le

Phot. \Y. Lamni.

Fig. 193. — Tessi» : Le Château royal, à Stockholm.

temps de le mettre à exécution : trois ans après avoir reçu le diplôme d’architecte du roi, il fut tué en duel en 1642. Son fils, Jean de la Vallée, qui devint architecte du roi en 1651. remania complètement ce plan: il supprima les ailes et ne garda qu'un seul corps de bâtiment dont il rehaussa le modeste appareil de briques par des pilastres en pierre à chapiteaux corinthiens. La partie centrale légèrement en saillie supporte un fronton triangulaire orné d’attributs guerriers, avec au centre, dans un cartouche enguirlandé, cette inscription : Palatium Ordinis Equestris. \udessus de la rangée d’œils-de-bœuf qui surmonte les fenêtres, bombe un toit onduleux à double corniche. Cette ordonnance d'une simplicité pleine de distinction rappelle le Mauritshuis de La Haye.

Ce type d’architecture bourgeoise ne pouvait satisfaire les ambitions de l’aristocratie suédoise que la guerre de Trente ans avait enrichie. L'art français des Du Cerceau et des de Brosse, des Le Vau et des Mansart

était beaucoup mieux adapté <pie l'architecture hollandaise aux exigences de la vie seigneuriale. (Test sur des modèles français que les magnats suédois le feld-maréchal Cari Gustaf Wrangel et le comte Magnus de la (Hardie font construire leurs résidences de Skoklostcr L’Abbaye aux Lois \ au Sud d l psala, et de Karlberg, aux portes de Stockholm. Le comte de la (Hardie, dont la famille était originaire du Languedoc, était un ardent partisan de l'art français: il voulut (pie son château de Karlberg fût une

création toute française. L architecte Jean de la Vallée, les sculpteurs Jean- Baptiste Dusart et Abraham Lamoureux, les peintres Nicolas Valeiv et Pierre Signac collaborèrent àcelte magnifique demeure qu encadrait un parc à la française*.

Les châteaux royaux de Drotlningholm et de Stockholm éclipsent toutes ces résidences seigneuriales. A ces deux constructions qui résument toute l'activité artistique de la Suède au xvme siècle est attaché le nom d’une famille d’architectes «jui a brillamment contribué aux progrès de la culture suédoise. Nicodème dessin le vieux, né en 1019 à Stralsund en Poméranie qui était au x\ ne siècle une possession suédoise, et son fils. Xicodéme Tessin le jeune 105}- IT'iS, prolongèrent en Suède, après la famille des La \ allée, le triomphe du goût français. Le dernier représentant de la dynastie, le comte Cari Gustaf Tessin 1095-1771), surintendant des Beaux-Arts, sera l'un des plus intelligents Mécènes du xviup siècle.

Commencé sur les plans de Nicodème Tessin le vieux, 1 e Château (le Drotluinghohn Ile de la Beine) fut achevé par son tils. Ce \ ersailles suédois, délicieusement situé sur les bords du lac Mælar, est un édifice rectangulaire flanqué de quatre pavillons d'angle surmontant des galeries basses à toit plat. La décoration intérieure un peu hybride est due à la collaboration des slucateurs italiens Giovanni et Carlo Carove et du sculpteur hollandais Nicolas Mil I ich qui modela les statues allégoriques du grand escalier. Les fresques et les peintures des plafonds sont signées

I. -C’était un ancien couvent sécularisé qui fut donné en apanage au xvu* siècle au gentilhomme livonien Hermann Wrangel.

Fig. 194. — .1 -Ph. Bouchardon :

Chaire de la chapelle du Château royal, à Stockholm.

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par le Hambourgeois Ehreustrahl, le Suédois .lolian Sylvius, le Français Evrard Chauveau. Les jardins à la française dessinés dans le goût de Le Nôtre complètent admirablement l'architecture du château : ils sonl ornés de groupes en bronze d’Adriaende \ ries, élève de Jean de Cologne, butin de guerre conquis au xvne siècle en Allemagne et au Danemark. Pour embellir leur résidence favorite, Louise-Ulrique et son lils Gustave III se plurent à disséminer dans le parc de charmantes « fabriques » : le petit pavillon chinois Kina) de Karl Fredrik Adelkrantz, la tour gothique du Français Jean- Louis Desprez.

La plus grande entreprise architecturale de l’époque fut le Château royal de Stockholm, dont les travaux de construction et de 'décoration durèrent près d’un siècle. Le vieux château féodal des \ asas, que dominait la tour des Tre Kronor Trois Couronnes), avait été anéanti par un incendie en 1697 1 . Le roi Frédéric Ier décida de le reconstruire dans un style entièrement nouveau. Faute dune maind’œuvre suédoise, son surintendant des bâtiments, le comte Cari Gustaf Tessin, fils de l’architecte Nicodème Tessin, dut faire appel à des étrangers.

Une première équipe de décorateurs français formés à l’école de Le Brun :

J. Fouquet, les frères Chauveau, se dispersa assez vite. C est alors qu’en 1751 l’intendant Harleman fut envoyé à Paris avec mission d’embaucher des artistes et des artisans : il échoua dans ses pourparlers avec Pater et Ou dry ; en revanche, il réussit à engager le peintre Guillaume Taraval, les sculpteurs Jacques-Philippe Bouchardon et Pierre Larchevêque. C’est cette seconde colonie d’artistes français qui importa en Suède l’art rococo.

Le palais très sobrement décoré offre de tous côtés des lignes simples et majestueuses. Dans la décoration intérieure, le goût français s’affirme avec éclat. La grande galerie rappelle la Galerie des Glaces de Versailles, non seulement parce qu elle aboutit à ses deux extrémités à

1. Une des planches de la Suecia antiqua évoque l’aspect du premier château royal de Stockholm : Arx regia Holmensis.

I ig. 195. — J. -Pli. Bouchardon :

Buste de Charles XII (bronze).

(Château de Vaux-le-Vicomte.)

HISTOIRE DK L’ART

un Salon «h* la Guerre «*t à un Salon de la Paix, mais parce qu’elle a «Té décorée* par des élèves d<* Le Brun: Bené Chauveau et J. Fouquet.. Les tableaux mythologiques de Taraval. élève de Lemoim*. séduisent par leur grâce légère et leur fraîcheur qui s’accordent à merveille avec de magnitiqnes tapisseries des Gobelins <*t de Beauvais : la suit»* «h* Don Quichotte, d'après Coypel, et la tenture de Dsyche, d après Boucher.

\ la fin du xvin1 siècle Gustave III, dont h* règne marque l'apogée

de rinlluence française, rêva de construire un vaste palais dans un site charmant des environs «h* Stockholm, à Ilaga. L«*s plans grandioses de Louis I )esprez durent être abandonnés faute de ressources ; le roi se contenta d'un délicieux pavillon conçu dans le goût antique par Louis Masrelie/..

Sculpture. — La sculpture en Suède a commencé, comme les autres arts plastiques, par être hollandaise, puis française, avant de devenir suédoise. La plupart des tombeaux de la cathédral»* d’Upsal portent la marque des Pays-Bas. (Lest h* Flamand Willem Boy qui sculpte le Monument de (Inst ave IV/sn, et h* Hollandais Aris Claeson, d<* Haarlem, h* Tombeau de liane)'. Cette inlluence germano-néerlandaise se prolonge jusqu’au xvmp siècle. Burehard Prechl sculpte «*n I TUT la chaire de la cathédrale d L psal. et Nicolas Millich. élève «h* Bombout \erhulsl, orne l'escali«*r du château de I troltningholm de statues d'Apollon et des Muses.

Malgré ces survivances, c'est la sculpture française qui l'emporte. Jacques-Phi lippe Boind lardon 171 1-175." . qu’il ne faut pas confondre avec son frère aîné, le célèbre Filme Bouchardon, devient directeur «h* l’Académie et travaille à la décoration du château royal. Son «envia* principale : le Christ au Mo >»/ des Oliviers . orne l’autel de la chapelle du château. On

L’ART DANS LES PAYS SCANDINAVES

connaît trois exemplaires de son buste en bronze de Charles Ml : à Stockholm, à Potsdam el au château de Vaux. Chacune des capitales du Nord voulait avoir une statue équestre de ses rois analogue aux statues de Louis XI\ et de Louis X\ élevées à Paris par Girardon et Bouchardon. Copenhague avait fait appel à Salv ; Stockholm s'adressa à Pierre-Hubert Larchevèque, qui fut nommé en I 760 sculpteur de la cour et fondit, après la statue pédestre de Gustave Vasa 1773), la statue équestre de Gustave- Adolphe.

I)e tous les élèves suédois de Larchevèque, le plus connu est Jolian l’obias Sergel 1740-1814). qui compléta son éducation à Paris et à Borne.

Sergel, qui représente dans le Nord, avec son contemporain Thorvaldsen, le pseudo-classicisme winckelmannien, fut le sculpteur favori de Gustave III, qui avait un goût très vif pour la sculpture antique et rapporta d’Italie le célèbre Endymion du Musée National, exhumé des fouilles de la Villa d’Hadrien. Ses principales œuvres sont le Faune dormant du Musée de Stockholm, le monument commémoratif de Descartes, dans 1 église Adolphe-Frédéric, et la statue en bronze de Gustave III 1808 .

Peinture. — Les premiers Yasas ne semblent pas avoir eu un goût très vif pour la peinture, bien qu’on raconte que Jan van Score 1 d’Utrecht, ayant

Fit;. 197

• — J. T. Sergel : Buste du roi Gustave III.

(Musée National, Stockholm.)

fait hommage à Gustaf \ usa d’un tableau représentant la Sainte Vierge, reçut en retour« un grand fromage de Suède et un traîneau complètement équipé ». Longtemps négligée au profit de l’architecture, la peinture ne commença guère à jouer un rôle en Suède que vers le milieu du xvne siècle, sous le mécénat de la reine Christine, ht dernière des Yasas (] 652-1 054 .

Christine possédait la plus précieuse collection de tableaux qui ait jamais été réunie en Scandinavie1. La plupart des tableaux de sa galerie, qui comptait cinq cent onze numéros, provenaient de la célèbre « Kunstkammer » de l’empereur Rodolphe II, pillée par les Suédois pendant le sac de Prague; quelques-uns avaient été offerts à la reine par un des

1. O. Granberg, La galerie de tableaux de la reine Christine de Suède. Stockholm, 1897.

T. VII

HISTOIRE l)K L'A HT

grands a nia leurs de ce tem ]»s. Dicter Spiering, ministre de Suède à La Hâve. (>n y voyait entre autres une Danae et une Léda du Corrège, la M adonna > Ici Paneyyio de Raphaël, plusieurs Titien, douze peintures mythologiques ou allégoriques de Yéronèse, le diptyque d'Adam et Eve de

I Mirer*, la Thomyris et les Quatre Parties du Monde de Rubens, neuf tableaux de Gérard Dou. Gette magnifique collection, que Christine transporta à Rome après son abdication, passa aux mains du prince Odescalchi qui la vendit au duc d'Orléans. A la Révolution, elle se dispersa on Angleterre.

II n’en est rien resté en Suède.

Christine avait eu comme peintres attitrés un Hollandais, David Rock,

l u.. 198. — (i. Taraval : Plafond de la chapelle du Château royal, à Stockholm.

élève de Van l)yck, cl un Français, Sébastien Bourdon, qui séjourna à Stockholm dans le même temps que Descartes, de I05‘2 à l(ir> F Sous les premiers Carolins : Charles X 1054-1000, Charles XI 1000-1097 , Charles XII 1 097- 1 7 1 8;, ce sont également dos Hollandais, comme Martin Mijtens 1048-1701 . ou des Français, comme le miniaturiste Signac. qui se partagent la faveur royale.

Cependant, h-s deux peintres les plus représentatifs de la Suède au wiiF siècle sont deux Hambourgeois: David Ivlôcker, qui prit le nom d Fhrenstrald lorsqu'il fut anobli en 1075, et son neveu. David von Krafft. Fhrenslrahl vécut d'abord à Amsterdam, puis fit, grâce aux libéralités du la reine Marie-Hléonore, un séjour de sept ans I05i-I00l à Venise et à Rome où il fut élève de Pietro da Corlona. Son œuvre considérable comprend des plafonds (-1 des fresques décoratives à Gripsholin, au Rid-

I Aujourd’hui à Madrid, au Musée du Prado.

L’ART DANS LES PAYS SCANDINAVES

darhüs, à Drottningholm, de vastes compositions religieuses, comme le Jugement dernier de la Storkyrka (Grande Église) de Stockholm, des portraits d’apparat, comme son autoportrait du Musée de Stockholm, où il se campe dans une lumière d’apothéose entre les allégories de la Peinture et de l’Invention, enfin des scènes de chasse, où il se révèle animalier de grande valeur. C’est, en somme, un des maîtres les mieux doués du style baroque. Son principal mérite est un sens remarquable de l'effet décoratif. Il associait à ses travaux de nombreux élèves, entre autres Jolian

Phot. Almberg et Preinitz.

Fig. 199. — Louis Masreliez : Décoration du pavillon de Ilaga, 1790.

Sylvius, tpii séjourna à Versailles et imite Le Brun dans ses grandes compositions décoratives de Drottningholm. Son succès fut extraordinaire. Lorsqu'il mourut, en son influence était toute-puissante.

Ses fonctions de portraitiste officiel échurent à son neveu David von Krafft dont les œuvres emplissent des salles entières du château de Gripsholm. De son long séjour en Italie et en France, il avait rapporté, à défaut d’imagination créatrice, une grande sûreté de dessin et une science remarquable delà couleur. Dans ses nombreux portraits de Chartes Ail ou dans son portrait du jeune Karl Fredrili , duc de llolstein, qu’il a représenté en cuirasse, un bâton de commandement à la main, il imite la manière de Mignard, de Largillierre et de Rigaud qu'il avait connus à Paris.

HISTOIRE DK l/ART

3ii;

Le principal artisan dn triomphe de l'influence française »*n Suède au -wnL siècle fut le comte Cari Gustaf Tessin, dont l’ambassade en Franc»* de 1 751) à 1742 prit le caractère d une mission artistique. Il fréquentait assidûment les ateliers des peintres parisiens: il posa devant l’ocqué et Aved. fit portraiturer sa femme par N iltier et son chien par Oudry. Il était lié' avec Caylus et consultait pour ses achats Gersaint et Mariette. Il forma ainsi um* magnifique collection de tableaux de l'école française du xvme siècle, comparable à celle du roi de Prusse, qui passa en 1757 aux mains de la reine Louise-Ulrique, sœur de Frédéric le

Grand, et fut le noyau du Musée National de Stockholm.

A défaut de Pater et d'Oudry, il décida Taraval à venir à Stockholm. En même temps, il orientait les artistes suédois vers la Franc»*.

Paris possédait à la lin du xvnr siècle toute une colonie de peintres suédois dont »pi»*l<pies-uns s»* lixèrenl «léfinitivement parmi nous et acquirent à <•»* contact une forme pl lis souple, une touche plus preste »'t plus légère. Lundberg, Hoslin, Wertmüller. Hall et Lafrensen, <pi<‘ nous appelons Lavreince, s»>nt les plus célèbres »le »'es Suétlois I ransfuges.

Gustaf Lundberg, élève «h* lligaud et de Largilli»*rre, «*sl surtout connu t*n France par son portrait de Marie Leszczinska «'I son portrait au pastel de Moucher, »jui fut exposé au Salon d<* 1745. R»*ntré en Sue»!»' en 1745, il devint le p»*intre préféré de la s» ><• i »* I «’* él»’*gante.

Alexandre Hoslin I7IN-1705 . né à Malinœ, se fixa tout à fait à Paris et ne lit qu'une courte apparition à Stockholm en 177 4 avant »!<* se rendre a Pétersbourg1. S il est médiocre psychologue, il peint à merveilh* les accessoires : les étoffes, dans s»*s portraits, sont souvent plus vivantes <jue h's visages. « Qui a ligure de satin doit être peint par Hoslin ». Il exposa au Salon de 1771 les portraits de Gustave III et de ses deux livres discutant un plan de campagne. Mais son chef-d’œuvre est peut-être, à Drottningholm, l’effigie de la vieille reine Louise-Ulrique :

I. Il ii(> reniait pas cependant sa patrie d’origine pour sa patrie d’adoption : il signe généralement ses tableaux : /{osliu le Suédois à Paris.

Fiiui. tiulloz.

Fi»'-. '200. — Wertmüller: Portrait de jeune tille.

(Musée de Nancy.)

L'ART EX RUSSIE

masque inoubliable de douairière aigrie el mélancolique. Roslin profila de sa renommée à Paris pour patronner ses compatriotes : John Safvenbom et Elias Martin, élèves de Joseph Vernet, Jouas Hoffman, élève de \ ien, Per Krafft le vieux, Lorenz Pasch et Per Hillestrbm, élèves de Boucher.

Sa renommée de portraitiste fut presque égalée, à la fin du xviii® siècle, par son compatriote Wertmüller, qui a peint le célèbre groupe de Marie-Antoinette avec ses enfants dans le parc de Trianon 1785 .

Hall et Lafrensen (Lavreince) sont les deux derniers Suédois qui aient fait fortune à Paris, avant la Révolution qui les dispersa. Hall, peintre de Louis XYI et des enfants de France, a laissé de charmantes miniatures. Lavreince, élève de Baudoin et de Fragonard, a conquis une réputation de moins bon aloi par ses gouaches et ses estampes à sujets galants, parfois plus grivoises que spirituelles.

Dans cet art, il n’y a rien de proprement suédois. Il faut attendre le xixe siècle pour pouvoir parler de la Suède vue /air ses peintres et pour assistera la formation et à l’épanouissement d'un art national.

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