LA PEINTURE DANS LES PAYS-BAS AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Le xviii* siècle n'est plus, pour l art des Pays-Bas, une grande période créatrice. Il est surtout très mal connu. A peine si depuis quelque temps un mouvement de curiosité commence à se dessiner pour les maîtres de ce qu'on appelle la décadence flamande. Les inventaires ne sont pas faits, et les monographies manquent. On ne prétend pas, ici, combler cette lacune. On se borne à indiquer un procès à revoir. Sans doute, les grandes lignes de l’histoire n’en seront pas changées. Mais le goût y trouvera son compte, et l'on y gagnera de connaître quelques hommes de talent, qui ne déshonorent pas la suite du grand siècle.
L’école d'Anvers. — Anvers, quoique déchue de sa suprématie de commerce et d’affaires, conserve encore assez de son ancienne prospérité pour demeurer malgré tout la capitale de la peinture. Sa vieille gilde est toujours la plus nombreuse et la plus active, et conserve longtemps les bonnes traditions. A la vérité, son école a perdu aux trois quarts sa puissance de rayonnement. Chose curieuse! C’est le moment où, de Paris à Londres, les peintres se mettent un peu partout à l’école de Rubens, où les cabinets d’amateurs' se peuplent des chefs-d’œuvre d’Ostade et de Téniers. Plus d’un peintre, Reynolds ou Fragonard, fera même tout exprès le voyage des Pays-Bas. Cependant, à Anvers, les artistes contemporains, les derniers survivants de l’atelier de Rubens, font un peu la figure d’artistes de province. Leur art, comme au temps des Yan Eyck et de Gaspard de Crayer, est surtout, en effet, un art de couvents et d’églises. Isolés dans un monde de plus en plus gagné à la « philosophie », et