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ARCHITECTURE RELIGIEUSE

Elle esl la moins féconde. Le sentiment religieux, toujours vivant, a désormais plus de passivité que de vertu créatrice. Aussi se contente-

t-il souvent de la formule « baroque » traditionnelle.

Pourtant c’est une église qui va donner à l’architecture monumentale l’impulsion décisive vers l’antique. C’est toujours dans la maison de Dieu que se renouvelle le goût de l'architecture.

L’art baroque donne des façades à des monuments antérieurs. Hétérodoxe est le placage, quand il est collé à un vaisseau du moyen âge comme à Saint-Amable de Riom (1747). La façade latérale sud de Saint-Sulpice, d’Oppenord, en 1719, celle de Saint-Roch, dessinée par Robert de Cotte et médiocrement exécutée par son fils en 1750, celles de Notre- Dame-des-Victoires (1739), de l'Oratoire (1745, par Pierre Caqué) perpétuent le lieu commun qui a été analysé dans le volume précédent.

•Seul, le style de la décoration sculptée se met à la mode. Pour les églises neu- \es, c est encore la tradition dans le thème général, avec quelques modalites particulières. La cathédrale de La Rochelle, du dessin de .1. Dabi ici, vers 1/41, garde dans sa majesté un élan où survit le verticalisme gothique. Celle de Versailles 1745) est d’effet colossal. Par la hauteui . I ampleur et la clarté de sa nef, elle rappellerait aussi l’art du moyen âge , mais le « rinforzando » des ressauts et profils de sa façade, la hume tour a tour bulbeuse et étranglée de sa coupole, les clochetons

Phol. Giraudon.

Fig. 11. — Thomas Germain :

Saint-Louis-du-Louvre.

(.I.-Fr Blondel, Architecture française.)

L’ARCHITECTURE EN FRANCK

bizarres des deux tours sont ultra baroques. Mansart de Sagonne, petitfils du grand Mansart, cherche évidemment à ne pas copier le Yal-de- Gràce. A Paris l'église de Panthémont (1747), de Contant d’Ivry, n’est pas sans analogie avec le temple de Sainte-Marie, de François Mansart, qui lui-même s’était inspiré de « Notre-Dame-de-la-Rotonde » à Rome. Mais il superpose sans bonheur le fronton triangulaire du portail, le cintre amorti du vitrage de la nef et la lourde coupole à lucarnes.

Les for mes nouvelles sont rares, et c'est surtout à des chapelles qu'on les applique. 11 faut reconnaître que l’esprit en est bien peu conforme à la gravité du sentiment chrétien. Oppenord 11e risque guère que sur le

Phot. G ira u (Mi.

Fir.. 12. — Fr. Blondel : Chapelle de la Communion de l’église Saint-Jean-en-Grève.

(J. -Fr. Blondel. Architecture française.) t

papier ses fantaisies chantournées. Mais, à l'église détruite de Saint- Louis-du-Louvre (1744), Thomas Germain, qui était orfèvre du roi, avait lancé sur la rue un avant-corps en tour ronde, couronné d’un fronton circulaire et flanqué de chaque côté d’une tour creuse. Courbes et contrecourbes esquissaient un mouvement de danse, exactement comme la panse des commodes et la table des consoles ! Cette fantaisie borrominesque, celle-là même qui creusait en hémicycle la façade de Saut Agnese à Rome, se retrouvera jusque dans la circonspecte Normandie, à l’église de Saint-Désir de Lisieux (1758). Que la chapelle de la Visitation au Mans (1730-1757), dont les formes sont toutes infléchies, ait été dessinée par une femme, une religieuse visitandine, on n’en est point étonné. A Avignon, l’église de l’Oratoire (1717-1741) est une rotonde en ellipse, couverte d’une coupole, et autour de laquelle s’ouvrent sept grandes niches en forme d’absides: c’est le dessin d'un plat « Louis XV »

IIISTOIHE DK L’ART

festonné. Mais cette horreur de la ligne droite, contagion italienne, reste exceptionnelle dans notre architecture religieuse.

Précisément alors, un Italien, le Florentin Servandoni, essaie de prouvera la façade de Saint-Sulpice (1 735-1745) que l’Italie est aussi le pays de la gravité et de la noblesse antiques. C’est un grand pas dans la voie qui aboutira à l'archéologie. L’œuvre de pur placage à laquelle il était convié convenait à merveille à son prestigieux talent de décorateur.

Il en a conçu la masse el l'ordonnance enfonclion de la place, dont il avait déterminé les amples dimensions, le dessin, le cadre de maisons colossales el uniformes. Parmi celles-ci, une fut construite et existe encore à l’angle de la rue des Canettes. 11 faut donc restituer par la pensée tout cet ensemble pour juger dans sa vraie perspective l’œuvre du meilleur perspectiviste du siècle. Le perron, au lieu de rentrer dans l’entre - colonnement , devait s’avancer vers la place et fournir au monument un noble piédestal. Au sommet, un fronton, détruit en 1 770, amortissait la longue horizontale entre les deux tours. 11 était logique que le monument fût de grande échelle, colossal. « Cette grandeur, proclame Blondel, annonce à nos architectes français une route presque nouvelle ! » La grande originalité, c'est la substitution franche du péristyle, e esl-à-dire des colonnes isolées, an système plat des colonnes adossées ou engagées, c’est-à-dire aux façades en bas-relief, qui ne sont pas « grecques » et ne donnent pas ces belles portées d'ombre. Et cette fois deux péristyles sont superposés, selon le goût de Palladio. Celui dn haut est une réminiscence paradoxale de la loggia de Saint-Pierre du Vatican, d’où l'on proclame devant la foule

Phot. Giraudon.

Km. 15. — J .-A. Meissonnier : Projet de portail pour Saint-Sulpice (1726).

[Œuvre de J. -A. Meissonnier, s. d.)

L’ARCHITECTURE EN FRANCE

l’élection des nouveaux pontifes. Dans le portique du bas, les contemporains, comme Blondel, virent « l imitation des colonnades que les Grecs plaçaient au-devant de leurs temples », et une grande convenance, puisqu’il «< donne au peuple le loisir de s’annoncer avec décence » avant d’entrer. L’autre trait, c’est le souci de régularité dans l’ordonnance. Pour rester fidèle à l’esprit antique, sans compromettre la solidité nécessaire aux supports d’une telle masse, l'habile Servandoni n’accouple pas les colonnes de face, mais en profondeur : les entre-colonnements doriques restent ainsi corrects et

graves. Partout la tranquillité majestueuse des lignes. Aucun ressaut sur cette longueur de trois cent quatrevingt-quatre pieds.

Quelle nouveauté! On eut le sentiment que c’était fini de l’art religieux baroque, avec ses brusques ressauts d’entablements, de corniches cl de frontons, avec ses surfaces rentrantes et sortantes. La ligne est tendue. Ger-

Phot. Giraudon.

Servandoni : Portail de Saint-Sulpice (1733-1745).

tes, cette façade n'est qu'un hors-d’œuvre illogique à la nef, et Fig. 14.

suspecte de vouloir

nous étonner. Des contemporains même, y cherchant en vain un sentiment profond, l’accusaient d’être théâtrale, et peu chrétienne, c’est-à-dire sans doute trop « à l’antique ». En 1754, au portail de Saint-Eustache, Mansart de Jouy, petit-fils de .Jules Hardouin, consacrait son prestige en l imitant lourdement.

Décoration et mobilier religieux. — Ils sont plus accueillants au nouveau style que le monument lui-même. Dans toute la France, évêques et chapitres se préoccupent d’habiller à la mode les églises et abbayes du moyen âge, dont ils ont presque honte. Comme à l’époque gothique,

c’est par le chœur qu’on entreprend de renouveler la physionomie du vieil édilice. A Rouen, à Sens, à Amiens..., un jubé à entablement, avec pilastres et niches, remplace l’ancien où foisonnait la sculpture. Les arcades gothiques du pourtour sont rhabillées en plein cintre classique, comme à Saint-Nicolas-des-Champs et à Saint-Merry (1750), où les frères Slodtz se chargèrent de ce déguisement. Au fond ou sur l’autel sont plaquées des « gloires » pittoresques et berninesques, dont les nuées et rayons en stuc envahissent les lignes architectoniques. L’envol, l’aérien, plastiquement suggérés, luttent avec l’impression générale de la stabilité, comme à Saint-Maclou et Saint-Vincent (1755) à Rouen, où l’architecte Defrance fut en cet art un spécialiste virtuose. L’autel à baldaquin nous vient aussi du Bernin ; il ouvre toujours, en cercle ou en ellipse, son portique en colonnes de marbres précieux. Des palmes s’y rejoignent souvent en accolade pour former une coupole où s’accrochent des vols d’anges. Les projets d’Oppenord, flexueux et luxuriants, sont des archétypes, dont participent plus ou moins les richissimes baldaquins de Saint-Germain-des-Prés, par Oppenord lui-même, en 1704, de la Gloriette à Caen (1 707), de l’église Saint-Bruno à Lyon et de la cathédrale de Sens (1742) par Servandoni, des cathédrales de Tarbes et d’Angers, etc. La sévère tradition du ciborium paléo-chrétien s’achève ainsi en orchestique théâtrale. Les chaires suivent le mouvement : telle la chaire de Saint-Merry, à Paris, qui est un vase pansu accosté de deux palmiers (vers 1750). Stalles et lambris, sculptés de jolis chantournements, donnent au chœur où psalmodient les chanoines l'aspect d’un salon mondain, ou même d’un boudoir galant.

Evêchés et monastères. — A 1 ombre des églises les demeures épiscopales aussi se rénovent. 1 rès nombreuses, elles comptent plusieurs chefs-d œuvre, dont I Évêché de Strasbourg, de Robert de Cotte, en 1728, reste le plus précieux. Mais, tandis qu’au moyen âge l’évêché est en harmonie avec 1 auguste cathédrale, dont il a le style et semble n ôtre qu une annexe, désormais il fait à côté d’elle un anachronisme. C’est un bétel particulier, avec portail monumental sur la rue, entre cour et jardin le plus souvent, de grand air à l’extérieur, très finement décoré au dedans, vaste, bien aménagé, lumineux, à l’usage de prélats grands seigneurs, comme un Rohan. Il est si pratique, que, comme les hôtels pi inciei s, il s est trouvé propre a loger plus tard des services publics. Comme les évêchés, les anciennes abbayes rajeunissent dans toute la I rance leuis batiments claustraux, par souci de confort ou par goût esthétique, et avec une initiative si spontanée, que parfois ce sont les religieux eux-mêmes qui s’en chargent. Tels le frère de La T remblaye, pour 1 architecture, et le religieux Poche, pour une narlie de l’ébénisterie,

L ARCHITECTURE EN FRANCE

à l'Abbaye-aux-Hommes, de Caen, dans le premier tiers du siècle. Le plan du moyen Age est conservé, y compris le cloître; mais les arcades en plein cintre retombent désormais sur des piliers à pilastres. La bénédictine Saint-Denis avait commencé, avec l'aide de Robert de Cotte. Sainte-Geneviève à Paris (à partir de 1 7W20), dont quelques parties subsistent dans le lycée Henri IV, l’abbaye de Saint-Étienne à Caen (1704-1755), celle de Saint- Waast à Arras (1754), etc., donnent bien la mesure de ce cénobitisme résolument moderne, qui veut, autour de la

vie spirituelle en commun, un cadre de régularité classique, de l'air, de la lumière, de l’espace, des dégagements aisés. Aux amples corridors montent des escaliers monumentaux, en volées hardies, que bordent des rampes en 1er forgé. Là aussi musées, lycées, mairies et préfectures se sonl installés sans grands besoins d’appropriation. Le décor « Louis XV » sourit aux boiseries, aux rampes, aux grilles, aux cartouches et mascarons. L'abbaye de Châalis, en partie réédifiée (1740) par son abbé Louis II de Bourbon Condé sur les plans de Jean Aubert, qui d’ailleurs, selon la règle, respecta la vieille abbatiale, montre dans son unique bâtiment, vaste et noble, bas et de rythme lent, ce que pouvait l'ordre cistercien lui-même rallié décidément au goût contemporain.

Les écoles provinciales. — Elles ont perdu depuis la Renaissance

leur forte individualité. Dans ce pays de centralisation, l'art classique s'est généralisé, et Paris rayonne par l’éternelle vertu de son goût, par les voyages de ses architectes ou de leurs dessins. Bordeaux, Rennes doivent en partie à Jacques Gabriel leur aspect monumental. Cependant, l'originalité régionale survit heureusement ça et là par la force des choses ou l’autorité des artistes.

Montpellier, siège des États de Languedoc depuis 1737, est une petite capitale qui doit aux Giral le meilleur de sa beauté. Jean Giral donne entre autres les plans des hôtels Cambacérès-Murles (1723) et Rodez- Renavent. La plupart de ces demeures, selon la tradition méridionale, sacrifient l'extérieur à l'intérieur. Très simples sur la rue tortueuse, elles réservent tout l'effet décoratif pour la cour, que domine la vraie façade. Le motif essentiel en est l’escalier monumental, généralement à jour derrière un péristyle ou de grandes baies. A la campagne, sur ce sol latin, les châteaux s’entourent du décor pittoresque des villas génoises et romaines. Le château ruiné de La Mosson (1723, Jean Giral) est célèbre par la grâce du corps central en rotonde sur les jardins et par son théâtre d’eau, où les coquillages et stalactites dessinent les membres de l’architecture. C’est « l’art de l'Italie épuré par l’art de Versailles ».

Dans la conservatrice Normandie, brique et pierre s’associent encore parfois, vers le pays d Auge, pour une polychromie gris et rose dont l’effet, comme toujours, dispense l'architecte des ordonnances. Mais le plus souvent les herbages normands encadrent des châteaux de belle pierre, innombrables en cette terre de fiefs et si prospère. Le Fresnay, Versainville, Vandeuvre (1751), dans le Calvados, Sassy 1739), dans l'Orne, Saint-Pierre-Église, dans la Manche, très divers de style, ont en commun un certain traditionalisme, la simplicité des façades, le goût des combles, dont la pente est utile sous la pluie, et la silhouette si vive sous la brume. Caen a les hôtels de Blangy et de Fontenay : la flexuosité, le rond, l'ovale, l’octogone y sont fréquents à l’intérieur, dans les formes comme dans l’ornement. La tradition du xvue siècle survit à Rouen à l’hôtel de la Présidence (1717), au palais des Consuls (1725), de Blondel, et au collège des Jésuites (après 1734). Mais la fantaisie la plus souriante paraît à la célèbre fontaine du Gros-Horloge (1751), du Rouennais Defrance, (pii avait le talent gracieux et un peu maniéré. Plaquée dans un coin, c’est une niche entre deux parois à angle droit. Le programme est banal. Mais le contraste est spirituel entre le rustique soubassement à glaçons, qui se renfle en fontaine, et l'étage tout brodé de sculptures, qui se creuse en niche. Ici, amortissement chantourné, bas-reliet conçu en tableau, chutes d’attributs de pêche et petits génies marins sur les pilastres forment une floraison luxuriante. Mais la structure reste bien marquée dans le foisonnement de ce détail aquatique;

L’ARCHITECTURE EN FRANCE

cette rocaille d architecte se relie avec beaucoup de souplesse à la tour gothique et à l’architecture Renaissance du Gros-Horloge.

On trouverait aussi en Touraine, en Auvergne, en Provence, l’accent du pays. Mais c’est à Nancy que l’art provincial a créé son chef-d’œuvre. Boffrand, appelé de Paris par Léopold, avait commencé à rajeunir la capitale des ducs de Lorraine. A l'instigation du roi de Pologne, Héré(1705- 1765), pur nancéen, mais qui a vu Paris et Versailles, crée la ville non-

Phot. Neurdein.

Fig. "16. — Héré : La place Stanislas et l’Hôtel de Ville, à Nancy.

velle de Stanislas. Entraîné par ses premiers travaux : la chapelle de Bonsecours (1758), les Missions Royales (1741), le nouveau château de La Malgrange (1759), l’Hôpital des frères de Saint-Jean-de-Dieu (1750), il montre ensuite à la place d’Alliance, à la place Royale, inaugurée en 1755, et dans les embellissements de la place de la Carrière, ce que peut, pour associer la noblesse et la grâce, le goût proprement « français » relevé de saveur lorraine. Il a au plus haut point l’harmonie des ensembles. La place Royale, conçue pour encadrer la statue du Bien- Aimé, forme avec les bâtiments qui l’encadrent un quadrilatère à la fois symétrique et dégagé : les angles, fermés par les grilles courbes de Lamour et les fontaines frémissantes de Guibal, dessinent un mouvement très souple. De ce côté, cet ensemble se lie à la place de la Carrière

T. vu. — 5

par l'arc de triomphe. C’est le fait d’un artiste qui applique à l’espace le sens de la composition à la fois majestueuse et rythmee. Les places des Victoires et Louis-le-Grand, à Paris, n’avaient pas cette aisance flexible.

Autour de ces places il élève des monuments de grande ordonnance, presque sévères. Il a vu travailler Boffrand au château de Lunéville et, à Nancy même, à l’hôtel de Craon. A l'Hôtel de Ville, les arcades à refends du soubassement, les pilastres d’ordre colossal, les ressauts du

Fin. 17. — Le Palais du Gouvernement, à Nancy.

corps central, voilà bien du Boffrand, en effet, et, par delà Boffrand, du J. H.-Mansart, qui étend jusqu’ici sa grande ombre. Héré a d’ailleurs vu Versailles. Il a un goût très vif pour la terrasse à l’italienne, que le Palais avait consacrée. Au nouveau château de La Malgrange il plaque la façade de carreaux de faïence et flanque le corps central de portiques ouverts: ce sont des souvenirs du Trianon de porcelaine et de celui de Mansart et de de Cotte. Avec ce respect du passé et ce souci du grand, Iléré ni' laisse pas de céder à sa fantaisie : (‘Ile fl ou ri I dans le dessin de l’escalier de l’IIôtel de Ville, dans le décor des clefs sculptées, dans la tour et le décor de la chapelle de Bonsecours. Le caprice même paraissait aux jardins français du château de Lunéville: kiosque chinois chanté par Voltaire, trèfle, rocher étaient pour amuser l’imagination puérile du

L’ARCHITECTURE EN FRANCE

roi de Pologne. Et c'est peut-être Héré qui a dirigé le travail du maître ferronnier Jean Lamour. Peut-être a-t-il conçu, au moins dans l’esprit de leur dessin en tant que maître de l’œuvre, les grilles que celui-ci a forgées avec tant de souplesse pour amortir les angles de la place Royale. L’architecture y garde ses droits dans le chantournement du métal; les pilastres composites, dont quelques-uns visent à créer un ordre francolorrain, disciplinent un sens personnel, qui chez Lamour incline spontanément au maniérisme. Le prix inestimable de tout cet ensemble, qui est unique en France, c'est d’avoir été créé de toutes pièces et d’offrir à tous, en destination publique, une nuance d’art très délicate. C'est l’art grandiose de Versailles féminisé dans le décor par deux tempéraments d’artistes qui ont connu la fringante décoration de Boffrand et travaillé sous le contrôle d’un prince sensuel.

BIBLIOGRAPHIE

Afin d’éviter les répétitions et les doubles emplois, nous nous bornons ici à renvoyer à la Bibliographie qui sera donnée dans la seconde partie du tome VII, à la fin du chapitre L' Architecture en France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

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