‹ Histoire de l'art (volume 3)Chapitre 71 sur 84 · I. - LA MÉDAILLE EN FRANCE, DE 1650 A · texte numérisé non relu

I. - LA MÉDAILLE EN FRANCE, DE 1650 A

Il peut paraître paradoxal de prononcer le mot de décadence en tête d'un chapitre où il va être question des médailles de Louis XIV. Jamais peut-être la production artistique, protégée de toute façon, ne fut, en ce domaine, plus abondante qu’à celte époque, ni plus haut prisée par un public plus éclairé. A la ville ou à la cour, on se passe de mains en mains médailles ou projets de médailles; les honnêtes gens en disputent à l’cnvi, on imprime avec gravures à l’appui maint luxueux recueil où chaque pièce est analysée et commentée : c’est l’âge d’or, dirait-on. Pourtant, il est bien vrai qu’après 1050, après « l’été de la médaille française », selon l’expression du regretté Jean de Foville, après Jean Warin, c'est une décadence que subit l’art que nous étudions ici. La raison principale en est toute extérieure : employer cet art à la glorification systématique d'un règne, en faire un instrument de politique, c’était en quelque façon le stériliser.

La médaille, sans doute, est parmi les arts un des plus « intellectuels ». On ne saurait à coup sûr faire un grief à un médailleur de travailler d’après un programme et sur commande, d’être « d’actualité » et de louer sans cesse. Ce sont là les conditions mêmes de son labeur, et l’atmosphère naturelle où son activité s'exerce. Les plus grands nous ont laissé des œuvres où 1 idée raffinée et subtilisée voisine le précieux et le pédantesque dans sa traduction écrite, pour ainsi parler. Encore faut-il qu'une certaine autonomie soit sauvegardée pour la pensée.

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