‹ Histoire de l'art (volume 4)Chapitre 101 sur 119 · I.’KSTA M l 'i ; Nsj · texte numérisé non relu

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comme son .loi», son Marchand de Mouron et son Bonhomme Misère. Ces contradictions se résolvent 1res heureusement dans quelques grands masques ascétiques, comme le Dalou, le Bodin, le Cardinal Manning, d'une écriture remarquablement ferme et volontaire.

L Angleterre s est annexé également le Nantais Jacques-Joseph rissot (1850-1902). Il était fixé a Londres depuis quatre ans quand il s est mis à la gravure, en 1875. Dans ses pointes sèches d'un grand format. il obtient des gris très fins, avec des traits légers qui efll eurent à peine le métal, et tire des « barbes » du métal des noirs profonds et veloutés. 1 1 a surtout laissé de la femme anglaise de son temps quelques images parfaitement distinguées,

La convalescente et Le Chapeau Rubens 1875),

Miss II..., Miss /....,

Mavourneen (1877). Ses œuvres plus récentes, surchargées de travaux, sont loin d’avoir la même aisance éléga nie.

L'AnglaisWilliam Strang et le Français Paul Ilelleu, nés l'un et l’autre en 1859, ont continué, le premier, Alphonse Legros, et le second, Jacques-Joseph Tissot, avec un succès qui n'est point encore oublié.

Hors. — Né à Namur en 1855, Félicien Itops fit ses débuts, comme lithographe, dans des journaux satiriques de Bruxelles : Le Crocodile ( 1 855 ) et L liijlenspieçpd 1850).

11 fut appelé en France vers 1802, pour donner un frontispice à l’eauforte aux Cafés el Cabarets d’Alfred Delvau. Du même auteur, il illustra bientôt les Cyt hères parisiennes , Le grand el le petit Trottoir el le Diction-

Vu,. 561. — lîops : Le plus bel amour de don Juan. Aquatinte, 1X86.

nuire érotique. Désormais et presque jusqu’à la fin de sa carrière, eu 1898, un livre léger ne pourra être offert aux bibliophiles sans un frontispice de Rops. Celte série, gravée avec une verve fort libre, n’est pas la moins plaisante de son œuvre.

L’artiste est allé beaucoup plus loin en cette voie, et il s’est attaqué au thème de la chair avec une audace qui n’a pas été étrangère à son succès. 11 a même donné du vice et de la luxure quelques images assez effrayantes pour qu'on ail voulu voir en son œuvre « le plus strict souci de moralité ». Contentons-nous de cette confession, à peine pénitente : « La femme a pris trop de place dans ma vie. .Je l'ai trop aimée, mais je lui dois le peu que j’ai fait. »

Ce thème, dont la valeur plastique n’est pas discutable, a été traité par Rops avec un constant souci de perfection. Il arrive même assez souvent que son dessin châtié refroidisse la frénésie de l’imagination. Le graveur ajoute sans cesse aux recettes que lui ont transmises Bracquemond, Jacquemart et Lalanne. Il use de l’aquatinte, du vernis mou et même, ce qui est bien son droit, de l’héliogravure avec une dextérité sans pareille.

De Rops (et aussi de Degas) procèdent deux savants graveurs de notre temps. Armand Rassenfosse, né à Liège en 1862, est le maître et le père du vernis mou. Nous lui devons de beaux portraits et des nus d'une grande tendresse. Le Dijonnais Louis Legrand, né en 1865, s’est révélé en 1883 par ses dessins du Courrier français. Son trait puissant et souple enferme des modelés pleins et harmonieux. Quand il s'évade des coulisses, des music-halls et de Montmartre, son art est d'une grande hauteur. Une scène bretonne, Beau soir, ferait une admirable Sainte Famille.

Zorn. — Il n’avait encore peint que des aquarelles, lorsque, en 1882, à vingt-deux ans, il fut initié à l’eau-forte. Il était alors à Londres, et sous l'influence de Tissot. Mais bientôt il se créait la manière bien personnelle qui resta la sienne. Une averse serrée zèbre la planche de longs traits aigus. Le dessin, presque sans contours, est construit uniquement par la tache. Chaque page est un tour de force de prestesse. C’est là le fort et le faible.

De nombreux portraits restent, comme de surprenants instantanés : Bosita Mauri ( 1 889), Benan (1892), Ifarald Wieselgren (1893), Mrs Isabella Gardner (1894), Bodin (1906)....

Mais les nus occupent dans son œuvre une place aussi importante. Quand il exprime son amour de la chair blonde sous les caresses de la lumière, sa pointe consent à ralentir un instant sa course endiablée et à traiter la nature avec un peu du respect qu elle mérite.

L’ESTAMPE

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Le paysage gravé depuis Meryon et Whistler. — Depuis une vingtaine d'années, la figure humaine est passée au second plan chez nos aquafortistes. Les planches picaresques de Bernard Naudin (né en 1876) ou d'Auguste Brouet (né en 1872) feraient exception à cette règle, si le débraillé piquant de ces artistes n’appartenait aux chapitres de Rembrandt et de Goya autant qu’au nôtre. C’est au contraire une moisson d’expressions neuves que continuent à nous apporter les paysagistes.

Parmi les disparus, il faut citer Maxime Lalanne (1827-1886), qui fut un des promoteurs de la Société des Aquafortistes et un maître technicien. La variété des morsures donne à son trait un brillant et une Il u i d i té rares. Ses planches sont tantôt enlevées de verve, comme dans ses vues du vieux Paris, en 1865, tantôt traitées avec un travail très précieux, comme dans sa série Chez Victor Ifugo , publiée chez Cadart, en 1864.

Henri de Braekeleer, anversois 1846-1888), use au contraire d’un grilfonnis ingrat eL triste. Mais il exprime en poète l’âme des cours abandonnées, des murailles délabrées, des intérieurs rustiques, des petites gens paisibles et effacés.

On pourrait appliquer à Félix Buhot (1847-1898) un mot qui n’a pas été fait pour lui et le qualifier de « cordon bleu de l’eau-forte ». Les experts seuls sauraient démêler dans sa pâte grasse, variée, croustillante, le dosage de la morsure et de la pointe sèche, de 1'aquatinte, du vernis mou et du lavis. C’est un amoureux des vieux papiers, un dévot de la « belle épreuve ». Il a lancé cette mode des « marges symphoniques », <jui a enchanté pendant un temps les amateurs d’états rares. Mais ce virtuose a laissé quelques visions très justes du Paris ou du Londres contemporains : les Fiacres, ruisselants sous la pluie au quai de l’Hôtel- Dieu (1876), la Place Pigalle, avec son omnibus à chevaux (1878), la Neige à Paris, sur la place Bréda (1879), Westminster Bridge (vers 1884).

Tout près de nous, ce sont : Henri Rivière né à Paris en 1860), dont les paysages bretons sont d'une justesse et d'une science magistrales, dans leur austère concision; Gustave Leheutre (né à Troyes en 1861), qui se partage entre l’eau-forte et la pointe sèche et dont la main légère exprime si délicatement la vieille France provinciale; David Young Cameron (né à Glasgow en 1865), qui traduit les paysages d’Angleterre et d’Ecosse avec une précision et un tlegine imperturbables; Eugène Béjot (né à Paris en 1867), amoureux des quais et des fleuves, dont il donne des notations élégantes et limpides; Frank Brangwyn (né à Bruges, de parents anglais, en 1867), qui ordonne la nature en rythmes saisissants et en dégage le grandiose avec une robuste facilité; Jacques Beurdeley (né à Paris en 1874), qui exprime avec une sincérité prenante la campagne toute simple sous le ciel pâle de l'Ile-de-France; Muirhead

Boue (né aux environs de Glasgow en 1876), dont les paysages londoniens sont gravés d'une pointe suie et incisive; le Canadien Donald Shaw Mac-Laughlan (né en 1876), qui débuta avec la rigueur d'un quattrocentiste, et dont la main, toujours économe de travaux, s’est cependant assouplie pour exprimer l’épanouissement de la verdure sous la lumière ; Pierre-Louis Moreau (parisien, né en 1876), qui, avec la sensibilité la plus frémissante, la distinction la plus raffinée, servies par une science sûre, discrète, subtile, nous a donné de délicats chefs-d’œuvre sur les petites villes de la Provence et du Jura, les ports de la Méditerranée, de la Manche et de la Mer du Nord ; Adolphe Beaufrère ^né à Ouimperlé), qui nous a tracé de sa Bretagne des portraits harmonieux et qui y a attiré le Parisien Jean Frelaut, aux visions âpres et farouches. C’est enfin Charles Heyman (né à Paris en 1881), dont les débuts semblaient nous promettre un digne successeur de Meryon, et que la guerre nous a enlevé en 1915. Plus qu'il n’en faut, au total, pour nous faire oublier quelques niaiseries prétentieuses et déplaisantes à dessein, que le snobisme encourage depuis vingt ans dans l’Europe entière.

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