I. Par M. Gabriel Rouchès
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souvenirs anciens et beaux. Nombre d'architectes ont reçu une tormation d’ingénieur dans les écoles polytechniques. Aussi, trop de constructions montrent-elles de la sécheresse et peu d originalité. On a trop copié les modèles anciens, de préférence le baroque à Rome et à Naples, le xve siècle toscan à Florence, le gothique vénitien dans le Nord.
Rome. — La capitale du nouveau royaume vit sa population s’accroître dans de grandes proportions. Des logements étaient nécessaires pour les nouveaux venus. Les rues ne suffisaient plus au trafic. Dès 1874, la Municipalité dressa un plan de régularisation et d’extension. Son application commença par les collines du Viminal, de l'Esquilin et du Cœlius, alors inhabitées. D'abord, on traça, du centre de la ville au chemin de fer, la grande via Nazionale et la piazza delle Terme qui lui fait suite. Les trois collines et les solitudes du Macao, derrière la gare, lurent transformées en de nouveaux quartiers aux rues rectilignes et aux immenses places. Partout, de hautes maisons banales, en brique revêtue de ciment et de stucs pour leur donner grande apparence. Plusieurs, point solides, s’écroulèrent ou menacèrent ruine. Les spéculations dont elles furent l'objet aboutirent au désastre. Des immeubles restèrent longtemps inachevés ou bien abritèrent d’humbles locataires auxquels ils n’étaient pas primitivement destinés.
En même temps, on réglait le cours du Tibre qui souvent débordait. On dut approfondir son lit et élever des quais. Ces réformes s'imposaient , mais le Génie civil, qu’on surnomma le Génie du Mal, entendait détruire les ponts antiques ou leurs vestiges, la Farnésine, le bastion du château Saint-Ange. On ne l’écouta pas; sa principale victoire fut la disparition du charmant port de Ripetta, pour la culée d’une passerelle que remplaça, en 1901, le pont Cavour, et dont l’inauguration, en 1879, amorçait l’aménagement des Prati di Castello, prairies et jardins situés derrière le château Saint-Ange. L’opération se poursuivit d’abord rapidement, puis des difficultés financières l’arrêtèrent. Là aussi, longtemps, des maisons se dressèrent inachevées. Ce quartier, monotone échiquier borné au Nord par d’immenses casernes, fut terminé à une date récente.
L’effort des entrepreneurs et de la spéculation visa ensuite la villa Ludovisi au Pincio, une des merveilles de Rome. Sa destruction suscita des protestations inefficaces. Ses jardins enchanteurs firent place à un quartier élégant et banal, encore construit sur un plan géométrique, dont la monotonie est toutefois corrigée par le terrain accidenté et par la variété des villini ou maisons particulières avec leurs jardins. 11 fut prolongé bien au delà des murs antiques et de la villa Albani.
Ces opérations d édilité, aux fins purement utilitaires, avaient diminué les espaces libres, sans ouvrir des parcs ou des-jardins, excepté
L’ARCHITECTURE ET LA SCULPTURE EN ITALIE
quelques squares ou encore cet aride Jardin Botanique du Cœlius qu’on baptisa la villa Poveromini. Après 11)00, de nouvelles conceptions ont prévalu. En 1903, la villa Borghèse. devenue propriété municipale, fut reliée au Pincio voisin. Plus récemment, l’aménagement des Monts Parioli compléta cet incomparable ensemble de promenades publiques.
Entreprises sur l’initiative du ministre Baccelli, les fouilles archéologiques, principalement conduites par Giacomo Boni (1859-1925), ont modifié l’aspect du Forum et de ses abords. Le Palatin est presque en entier dégagé. Enfin, heureuse création, la Promenade archéologique
Phot. Minari
Fio. 400. — Le Palais fie .luslice. à Rome, par G. Calderini.
encadre les Thermes de Caracalla et englobera, dans un très prochain avenir, l'emplacement du Cirque Maxime.
De récentes transformations ont aussi visé le cœur de la ville. La place Colonna s'agrandit par la démolition du palais Boncompagni. La place de Venise fut modifiée pour le monument à Victor-Emmanuel : pour en dégager l’ensemble, le palazzetto de Venise, démonté, fut reconstruit plus loin ; le palais Torlonia lut remplacé par le somptueux palais des Assurances construit par Arluro Pazzi sur les indications do Giuseppe Sacconi et de Guido Cirilli. Sur le Capitole même, la démolition partiel le du palais Caffarelli. permettant d’accéder aux vestiges du temple de Jupiter Capitolin, a modifié l'aspect de la partie Ouest.
Parmi ces transformations édilitaires, nous allons rechercher les constructions marquantes. On connaît déjà les architectes en renom
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vers 1870 (voir tome VIII, cliap. vi). Le comte Virginio Vespignani (1808-1890) et Francesco (1842-1899), son fils et collaborateur, restèrent étrangers aux entreprises nouvelles. Le père poursuivit les travaux de Saint-Paul-hors-les-murs. Au Latran, il prolongea le Portique jusqu’au Baptistère, il agrandit l’abside et construisit la nouvelle sacristie. Le fils montra de l’érudition et du goût dans ses œuvres: le Sacré-Cœur au Camp Prétorien, où il pasticha Bramante, et, sur l’Aventin, le couvent des Bénédictins et Saint-Anselme aux lignes sobres. Au terme de sa longue vie, Andrea Busiri Yici (1817-191 1) construisit la petite église de S. Giuseppe Calasanzio et celle de la Sacra Famiglia. Cipolla (1815-1874) termina la Caisse d'épargne, édifice hybride, et bâtit les immenses Ecuries royales du Quirinal. Son élève Pietro Carnevali 1859-1895) lui succéda.
On a vu les débuts de Luca Carimini (1850-1890) et de Francesco Azzurri 1851-1901). Le premier persista dans une imitation adroite des styles du xvie siècle, au palais Brancaccio et dans des édifices religieux comme les Collèges français et canadien, le couvent des Petites Sœurs des Pauvres, les églises Saint-Yves-des-Bretons et Saint-Antoine, via Merulana. Azzurri poursuivit une carrière remplie par les situations officielles. Pour le Théâtre Dramatique, au départ de la via Nazionale, il tira habilement parti d'un terrain inégal. 11 édifia les constructions les plus différenles : l'hôtel Bristol, place Barberini, des immeubles de rapport, des villini, des tombeaux. Près de sa fin, en 1894, il bâtit, pour la République de Saint-Marin, le palais du Gouvernement, reconstitution brillante et superficielle.
Voici deux architectes dont l'activité tardive se manifeste après 1870: Salvatore Bianchi (1821-1884), justement critiqué pour sa gare des Thermes; Baffaele Canevari (1825-1900), auteur du gigantesque et aride Ministère des Finances. Le Ministère de la Guerre, plus plaisant, est l’œuvre collective d’officiers du Génie, principalement du général Luigi Garavaglia.
Presque tous ces architectes étaient romains. De même, ceux de la génération suivante : BalTaello Ojetti 1845-1924) a joué un rôle essentiel par son apostolat, par ses écrits et enfin par des édifices d’un goût délicat, comme le palais Primoli. à Borne. Pio Piacentini né en 1846), élève de \ irginio Vespignani, doit la célébrité au Palais des Beaux-Arts, via Nazionale, où l'on vit le réveil de l'architecture néo-classique. Sa façade du tunnel sous le Quirinal, en collaboration avec Podesti, montre un art simple et fort. En construisant le Ministère de la Justice, type d architecture classique bien adaptée à des fins modernes, sur une partie du vieux quartier de la Begola, cet architecte a sauvé tout ce qu il a pu du passé. Gaetano Koch 1858-1909) a trahi des tendances classiques dans son majestueux palais de la Banque d'Italie et employé le
Le Monument a Victor-Emmanuel II. par Sacconi, a Rome.
baroque romain au palais de la Reine-Mère. Ettore Bernich né en 1848 a restauré surtout des monuments anciens. Giulio Podesti (1857-4909) el Giulio De Angelis 1850-4900) se sont inspirés du passé, l’un au \ illino Durante qui évoque Peruzzi, l’autre dans des restaurations comme celle du palais Yitelleschi, à Corneto Tarquinio; mais ils prouvèrent un esprit moderne, Podesti en construisant le Grand-Hôtel de Rome et surtout la Polyclinique Ilumbert IPr, parfaitement appropriée à sa destination, De
Angelis en employant le fer pour les Magasins Bocconi. La simplicité et l'entente de la distribution sont les mérites du Teatro Costanzi, construit par un Milanais, Achille Sfondrini 1856-1890), spécialiste du genre.
L’a rch i tect u re religieuse ne souffrit pas du changement de régime.
Depuis 1870, plus de trente églises ont remplacé les sanctuaires détruits pour des raisons d’édilité, ou donné des paroisses aux régions nouvelles, tels S.
Gioaccliino par BafTaele Inganni aux Prati di Castello, d'un style byzantin assez plat, et, plus récemment, dans les quartiers du Nord, S. Camillo de Lellis et S. Teresa, par Tullio Passarelli qu’a judicieusement inspiré l'architecture du moyen âge.
Les deux édifices les plus considérables de l’époque actuelle sont dus à deux architectes venus du dehors. Le Palais de Justice et le monument à Victor-Emmanuel furent entrepris presque au même moment.
Guglielmo Calderini (1845-4946) construisit le Palais de Justice lig. 400). Auteur de plusieurs édifices dans sa Pérouse natale et dans d’autres cités, il se révéla à Borne par ses plans pour un Parlement. Ces projets ne virent pas d’exécution, et Ernesto Basile fut chargé, en 1905, d’agrandir Montecitorio. Pour son Palais de Justice, le Monumentissimo , Calderini chercha cl obtint une impression de grandeur colossale et de
Phot. du. Ministère de l'Instruction publique d’Italie.
Fig. 402. — Façade, en ciment armé, de la Brasserie Peroni, à Rome, par G. Giovannoni.
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magnificence parfois aux dépens de la distribution. Ce décor somptueux, réussi notamment dans la Cour d’IIonneur, fond des styles différents : Romain, Rustique, Renaissance classique. Outre le Palais de Justice, on doit à Calderini le portique de Sainl-Paul-hors-les-murs, achevé après sa mort, en 19 l<S.
Le comte Giuseppe Sacconi ( 1855-1905 , originaire des Marches, a construit le monument qui exprime sous une forme concrète les sentiments et les aspirations de la Troisième Italie. Le dessein d’un monument au Roi I ibérateur s’imposa de bonne heure, toutefois dans des proportions plus modestes. Pour son emplacement on envisagea d'abord différentes parties du Capitole, puis la place Y ictor-E m m an uel su r Y Esquilin et l’hémicycle des Thermes, enfin on revint au Capitole. Le choix fut fait du versant Nord, et on pensa même raser l’église de l'Ara Coeli. Un concours, ouvert en 1885, classa Sacconi jeune en tête de cent concurrents; il conquit la célébrité. La première pierre du monument fut posée en 1885.
Les travaux, interrompus durant deux assez longues périodes, ne prirent fin qu’après la mort de Sacconi. Pio Piacentini, Manfredi et Koch furent chargés de traduire ses conceptions assez mystérieuses. D’ailleurs, il avait considérablement amplifié son projet primitif. Le monument, inauguré en 191 1, se compose d’un immense portique dont les deux extrémités vont recevoir des quadriges; on y accède par une série d’escaliers évoluant autour de la grande plate-forme qui supporte l'autel de la Patrie, dominé par la statue équestre du roi (fig. 401). Les salles intérieures sont destinées à un Musée du Risorgimento. Pour ce monument, au flanc du Capitole, jadis cœur du monde romain, les souvenirs des monuments impériaux, dont il a voulu égaler la splendeur fastueuse, hantaient naturellement le comte Sacconi.
Les architectes de la génération suivante font bien augurer du déve-
Phot. (lu Ministère de l’Instruction publique d’Italie.
Fie;. 403. — Maquette de l'église (en construction) du Cœur-Immaculé-de-Marie, à Rome, par A. Brasini.
loppement de Rome, dans un esprit lout ensemble traditionnel el moderne, débarrassé des erreurs qui ont entaché la période antérieure à 1900. Gustavo Giovannoni né en 1873), dans son enseignement, dans ses écrits, dans ses constructions (iig. 402), affirme sa compréhension du passé en même temps qu'une ingéniosité novatrice. Armando Brasini né en 1879), dont on a apprécié le Pavillon de 1 Italie à l'Exposition de Paris de 1923, interprète des motifs anciens avec un esprit moderne. 11 est chargé d'aménager la Place Colonna, et il élève l'immense basilique du Cœur-Immaculé-de-Marie, aux Monts Parioli (fig. 403). Marcello Piacentini, lils de Pio, est, à juste titre, considéré comme 1 « artiste qui représente le mieux les nouvelles tendances de l'architecture italienne depuis dix ans » A. Munoz) Piacentini ne conçoit pas que l'architecte italien moderne doive se comporter en lils de famille qui, riche d'un magnifique mais lourd héritage, renonce à tout effort. Lui, connaissant parfaitement les ressources de cet héritage, les transforme en éléments nouveaux d'une activité multiple. Son ingéniosité se marque, aux quatre coins du pays, par des œuvres différant de caractère, qu'il s'agisse d'un plan régulateur, comme celui du centre de Bergame, ou de grands édifices, le siège de la Banque d Italie à Borne, le Palais de justice à Messine, des théâtres à Borne et à Florence, aussi bien que de constructions plus menues, habitations privées, palazzine, villini, pour lesquelles, associant ses souvenirs à son imagination, il sait trouver des motifs d'un goût charmant fig. 404).
Naples et le Sud de l'Italie. — Des transformations radicales furent dictées à Naples par des raisons d’hygiène, surtout après le choléra de 1884, qui avait ravagé les rues sombres, étroites et humides des vieux quartiers. Le Parlement vota, en 1883, cent millions de lires pour des travaux qui ne sont point encore achevés. Les quartiers à droite et à gauche de la via Borna, l'antique Toledo, furent éventrés par de larges voies bordées d'immeubles sans style. La Santa Lucia des sérénades fut entièrement modifiée. Partout des quartiers nouveaux s’élevèrent, entre autres le Vomero avec de plaisantes habitations. A ces travaux d'édilité se rattache la Galerie Humbert Ier, élevée par Emanuele Bocco, à partir de 1887, sur le modèle de Milan.
\ ers 1870, le principal architecte est Enrico Alvino (1 808-1876; voir tome \ 111, p. 175). Professeur à l'Institut des Beaux-Arts, son influence fut grande. L’année de sa mort, il triomphait au concours pour la façade de la cathédrale de Naples. L exécution du plan de leur maître fut confiée à Nicola Breglia 1831-1912) et à Giuseppe Pisanti 1828-1915), disciples d Alvino. Ils durent modifier et réduire son projet trop vaste. Leur façade à trois gables entre deux tours s'inspire du gothique arago-
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liU
nais de l'intérieur. Alvino s’était spécialisé dans l’architecture religieuse, soit avec des restaurations comme celle de la cathédrale d’Amalfi, soit avec des constructions nouvelles; notamment, il avait commencé la cathédrale de Gerignola, dans les JJou i lies, inspirée de la Renaissance florentine. Ici aussi Pisanti recueillit la succession de son maître, modifiant son projet par l'adjonction d'une coupole de quatre-vingts mètres de hauteur. Pisanti mena une vie active et dispersée. Il joua un grand rôle à Naples, notamment pour les travaux d 'urbanisme, en collaboration avec Giuseppe Gassitto. Il montra plus de savoir que d originalité.
Le double héritage de Pisanti, architecte et professeur, revint à son élève préféré, Silvio Gastrucci ( 1854-1919), qui, lui aussi, a formé de. nombreux élèves. Il acheva les œuvres de son maître : la cathédrale de Gerignola, S.
Gennaro à Antignano dans la banlieue de Naples, la restauration de la cathédrale de Gosenza. Gastrucci a laissé de nombreuses œuvres personnelles : ce sont, principalement, des églises surtout romanes.
Après Gastrucci, les architectes contemporains les plus en vue
sont Adolfo Avena. surtout archéologue et restaurateur, Alfonso Guerra né en 1845), l’auteur de la Bourse de Naples, Pietro Paolo Ouaglia ! I85(i- 1898), qui donna les plans de la lourde Université de Naples, Gherardo Reza, Luigi Randini né en 1851 , auteurs de constructions officielles, Simone Senta (mort en 1894), que fit connaître sa restauration de la cathédrale de Bitonto, dans les Pouilles; enfin, parmi les jeunes architectes, Morpurgo, qui, dans sa reconstruction récente de S. Restituta à Sora, innova en employant le ciment armé.
Fig. 404.
PhoL comm. par l’auteur
Entrée de la Vjlletta Nobili, à Rome, par M. Piacentini.
Sicile. — On a vu à l'œuvre Filippo Basile el Damiani Almeyda, dont l'activité se poursuit bien après 1 8 7 U : ils vécurent, l’un jusqu'en 189(3. l'autre jusqu’en 1901. Filippo Basile forma son fils Ernesto né en 1857), qui conquit aussi une situation prépondérante. Il fut chargé d’agrandir le Parlement à Rome et d’élever, à la villa Borghèse, l’ Institut d’agri-
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culture. Il essaie de rajeunir la formule antique. Kaffaele Cardona (né en 1847), élève de Damiani, conserve aussi la tradition classique dans plusieurs immeubles de Païenne. Le Milanais Sada, au théâtre de Gatane, se souvient à la fois de Sansovino et de Charles Garnier. Les constructions de Giuseppe Munego né en 1840), à Messine, ont été anéanties par la catastrophe de 1908.
Toscane. — Le centre de Florence fut entièrement transformé. Le quartier du Mercato Vecchio fut rasé. Il recelait tant de souvenirs qui
auraient dû être sauvés.
Sa destruction, décidée dès 1885, souleva des protestations sans effel ; il fut même question de continuer les démolitions jusqu'au Ponte Vecchio. Le projet de reconstruction, adopté en 1880, prévoyait une place dont une façade formerait un portique interrompu au centre par une vaste arcade, fond sur lequel se détacherait le monument à Victor- E m manuel. L'a mén a gement de ce nouveau quartier vient juste d’être terminé. L’auteur de la façade au portique est
un Modénois, Vincenzo Micheli (mort en 1905). Directeur de l'Institut des Beaux-Arts de Florence, il exerça une certaine influence dans cette ville et dans toute la Toscane. Il éleva de nombreuses constructions, et même des ponts, d’une correction banale. Ses travaux de la place Victor-Emmanuel fig. 405) ont eu visiblement pour modèle la façade de la Galerie de Milan.
A De Fabris, mort en 1885, succéda son élève Luigi Del Moro (1845- 1897), qui acheva la façade de la cathédrale, terminée en 1887. Il restaura ensuite Santa Croce et le Baptistère. Un peu partout, l'entretien des églises avait été négligé; aussi, entre 1880 et 1890, des restaurations importantes furent entreprises. Certains artistes s’y consacrèrent exclusivement; en premier lieu, Giuseppe Gastellazzi (185G-J888), érudit et
Phot . Alinari.
Km. 405. — Place Victor-Emmanuel, à Florence. Façade monumentale par V. Micheli.
Monument, à Victor-Emmanuel par E. Zocclii.
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hoinnie de goût, qui remit en état la Loggia dcl Bigallo et Santa Trinità. Les palais exigeaient aussi des réfections pressantes qui occupèrenl Lietro Berti (restauration du palais Strozzi) et Pasquale Faldi, créateur de la Caisse d’Epargne de Florence.
Au palais Pitti, Del Moro donna son principal ouvrage : le grand escalier où il sut copier Brunelleschi. Giuseppe Boccini 1 840- 1 DO J , puis Giuseppe Castellucci né en 18(55) lui succédèrent à LOEuvre de la Cathédrale. Michelangelo Maiorti continua les travaux de Santa Croce.
En même temps, certains quartiers excentriques, particulièrement aux abords des Caséine, et une grande partie des boulevards établis sur remplacement des fortifications, se couvraient d’agréables villini, sur les plans d’architectes florentins, parmi lesquels Buonamici né en 1812), Pirissini (né en 1855), Spighi né en 1854), Baldacci né en 185(5), Galanti.
L’époque plus récente a surtout vu s’élever deux bâtiments publics. L'Hôtel des Postes, par Bodolfo Sabalini, est très critiqué pour son manque de proportions. La nouvelle Bibliothèque nationale a été entreprise sur les plans du Bomain Cesare Bazzani qui a construit à Borne le Ministère de l'Instruction Publique et le nouveau Musée d’Art moderne à Valle Giulia, et dressé la façade de Sainte-Marie des Anges près d’Assise.
Les autres villes de Toscane offrent peu de nouvelles constructions importantes. Dans la région de Sienne, on exécute surtout des restaurations, celles, parfois fantaisistes, de Giuseppe Part in i mort en |8!)5; restaurations de S. Francesco à Sienne, du Palais public de S. Gimignano, de la Collégiale d’Asciano), d’Antonio Caneslrelli (mort en 1919; abbaye de S. Galgano), de Soeini (cathédrale de Sienne), d’Augusto Conti. Décemment fut entreprise la construction d’une façade pour S. Francesco, après un concours où les architectes Cadestrelli et Mariani triomphèrent. A Arczzo, Castellucci restaure Sainte-Marie-des-Grâces et Dante Viviani 1861-1917) bâtit la façade de la cathédrale; Umberto l avant! adapte le palais Bacci à une Caisse d Epargne et élève, dans lu style du début du xvi° siècle, l’Ecole normale d’institutrices. A Pistoia, Francesco Bartolini (1831-1905) restaure le Baptistère, le Campanile et le Palais communal; pour la Caisse d’Epargne le Bolonais Tito Azzolini (1857-1907) s’inspira du xve siècle toscan. A Pistoia est né, en 1859, Alfredo Melani, surtout connu par ses nombreux écrits.
Piémont et Ligurie. — Antonelli (voir tome VIII, p. 178) ne doit pas faire oublier, par sa Mole originale, les architectes turinois contemporains, gens de savoir et de goût à défaut d’originalité. Leur maître est le comte Carlo Promis 1808-1873), très influent par son enseignement et par son Recueil de constructions . Confondant dans un éclectisme enthou-
siaste les styles du moyen âge et de la Renaissance, il avait précipité la défaite du classicisme. Son émule, le comte Melin, dans une double ferveur religieuse et artistique, passa sa vie à restaurer ou à construire des églises, dont le Sacré-Cœur de Jésus à Turin 18!)ô . Le plus éminent disciple de Promis est le comte Carlo Ceppi, qui éleva les deux grandes églises de Saint-Joachim, dans le style des églises primitives, et du Sacré-Cœur de Marie, où il associa des éléments divers pour essayer de composer un style religieux moderne. Ceppi, à son tour, forma
P hot. Minnri
Hôpital Saint-André, à Gênes, par G. Parodi.
Stefano Molli 1858-1016), qui a tenu un rôle essenliel à Turin, au début du xxe siècle. A côté de lui émergenl Angelo Reycend, dont I église Notre-Dame-du-Salut à Rorgo Yittoria associe des styles divers, Porta et Gallo voués aussi à l’art religieux, Enrico Peliti, constructeur de maisons particulières.
Ceppi et ses disciples ont adapté des styles anciens, mais la reconstitution archéologique trouva son plus brillant interprète en Alfredo d’Andrade 1845-1915). Il avait reçu une formation de peintre. Passionné pour le passé, ami de Camillo Roito voir p. 646), il débuta par des restaurations à Florence, à Gènes et à Turin où. pour l’Exposition de 1884, il construisit, au parc du Valentino qu'ils ornent encore, le château et le bourg du moyen âge : il s'inspira des châteaux de la vallée d’Aoste,