‹ Histoire de l'art (volume 4)Chapitre 5 sur 119 · II. LES BATIONALISTES · texte numérisé non relu

II. LES BATIONALISTES

Le fer. — Si les découvertes industrielles ont commencé par abâtardir les arts décoratifs, du moins ont-elles permis la transformation de l’architecture. Depuis Napoléon lp| le fer était en usage. Des fermes métalliques avaient été employées à la monnaie de Nantes 1825), à la Gaieté (1855), à la cathédrale de Chartres (1857). A partir de 1856 les usines livrent des fers en double T; à partir de 1840, après la longue grève des charpentiers, on remplaça les poutrelles de bois par des poutrelles composées de tôles épaisses, assemblées avec des rivets à des cornières. Des portées plus grandes peuvent être atteintes.

Un esprit quelque peu visionnaire, Horeau, aperçut de suite les possibilités qu’offrait le fer. Il projeta un grand palais pour exposition universelle, qui était une vaste serre. Il eut un prix à Londres, mais, étranger, ne fut pas chargé de l’exécution. Ce fut Paxton qui éleva le Crystal palace. Le palais de Horeau était en fer, les soubassements en briques, la couverture en verre, les planchers en asphalte, les revêtements en céramique ou en verre coloré. Horeau était un précurseur. Il a prétendu que Baltard avait copié ses projets des Halles centrales.

Eils de P.-L. Baltard, cet architecte graveur, dont le classicisme est épris de grandeur romantique, Victor Baltard avait obtenu le prix de Borne. Son discours sur l’école de Percier 1875) prouve qu’il ne renia pas ses origines, mais il ne fut jamais intransigeant. Comme ses aînés delà \ ilia, il est un classique rationaliste. Il comprend le gothique ; il est, avec Lassus et Viollet-le-Due, un des premiers diocésains.

En 1842, M. de Batnbuteau avait décidé la construction des Halles

L’ARCHITECTURE EN FRANCE

centrales. Baltard déposa en 1844 un avant-projet. Horeau le critiqua et préconisa des halles métalliques constituées par un grand arc butant sur des contreforts, sans aucun soutien encombrant. En 185."» on démolit ce que Baltard avait commencé. Il établi! de nouveaux plans approuvés en 1 854 . Il peut avoir emprunté à Horeau I idée de la construction métallique, mais le parti est très différent. Baltard conserve la disposition traditionnelle des marchés; on retrouve même les arcades réalisées en fer. Il emploie ce matériau nouveau, mais se souvient des modèles classiques ou gothiques : les colonnes de fonte ont des chapiteaux, la frise présente des palmettes, les chéneaux des têtes de lion, les voûtes de

Fig. 285. Les Halles centrales de Paris, par \ • Baltard.

briques reposent sur des ogives de fer, les consoles des arcs sont ornées de motifs circulaires qui viennent des cathédrales ; mais, si Baltard n’avait pas étudié le gothique, aurait-il élevé ce monument où les vjdcs remportent sur les pleins ?

\ Saint-Augustin (1860-1871), Baltard montra le même traditionalisme et la même indépendance. Son église a un dôme comme Sainte- Marie-des-Fleurs, est ornée de coquilles, de saints entre deux colonnes comme les églises de Florence, aligne une rangée d'apôtres comme les cathédrales gothiques une galerie des rois et, tout comme elles, s’éclaire d une rose; les tours latérales sont empruntées à la Renaissance française; mais ces éléments sont groupés sur un plan singulièrement ingénieux, en une élévation vraiment originale. Entrons : les murs ne sont plus que des revêtements; les soutiens sont des colonnes de fonte qui, par l'inter-

média ire dune ferme, portent les voûtes. Dans le chœur, les glands mes avec leurs tribunes 11e sont pas sans analogie avec ceux de Sainte-Sophie de Constantinople, seulement on s’aperçoit vite que la coupole 11e bute pas sur les pendentifs, mais qu elle repose sur une armatuie de Ici qui double toute l’ architecture.

Les classiques rationalistes se convertirent de bonne heure au Ici .

Ilittorf, à la Gare du Nord, conserve les colonnes, les frontons, mais dans le hall utilise le fer. Labrouste, à la salle publique de la Bibliothèque nationale, pose sur de hautes colonnes de fonte (pii ne gênent point la circulation des coupoles dont l'oeulus laisse tomber la lumière. L.-A. Boileau qui, dès 1854, avait, à Saint - Eugène , essaye d’adapter le fera un monument religieux, donne un des premiers, dans l’ancien Don Marché, la formule des magasins de nouveauté : le fer y soutient une verrière qui, pour éviter la condensation et la chaleur du Palais de l'Industrie, est double. En 1 806 I lérel combine les ogives de fer avec le style roman à Nolrc-1 )ame-de-la-Croix à Ménilmontant. La plupart de ces architectes insistent sur les rapports qui existent entre le système gothique et la construction en fer.

Fig. 28G.

Phot. Ncurdcin.

— Eglise Saint-Augustin, à Paris, par V. Baltard. La nef.

Le kationalisuk. Aussi Viollet-le-Duc qui, dans son Dictionnaire, avait expliqué le premier, va-t-il dans ses Entretiens sur V architecture défendre la seconde et constituer la théorie qui sera la base de l’art moderne.

L Institut avait, par la bouche de Raoul Rochette, rappelé les

L’ARCHITECTURE EN FRANCE

architectes à la pure tradition classique. L’École des Beaux-Arts était le fiel* de 1 Institut; si, en 1805, M. Jay y proposait comme sujet de construction « une douane entièrement en fer », l’étude des ordres n’en constituait pas moins le fond de l'enseignement. Viollet-le-Duc, introduit à la cour par Mérimée, sut convaincre l’empereur. L Institut était hostile à l’Empire et n’appréciait pas les talents de sculpteur de M. de Nieuwerkerke, dont on connaît les relations avec la famille impériale. En 186*2 une Commission est chargée de procéder à la réorganisation de l’École des Beaux-Arts.

Par un décret en date du 13 novembre 1863, l’Ecole se trouvait détachée en fait de l'Institut : les professeurs, au lieu de se coopter, étaient nommés par l’Etat; les prix de Borne, au lieu d’être choisis par l’Institut, étaient désignés par un jury tiré au sort. Ils avaient le droit de voyager hors d'Italie. Un enseignement complet serait donné à l'Ecole; les monuments nationaux seraient étudiés. D’autres décrets nommaient Yiollet-le-I)uc professeur d’histoire de l'art et d’esthétique, et son disciple Millet, professeur de construction pure. Mais les élèves, furieux de voir abaisser de trente à vingt-cinq ans l’âge pour le concours de Borne, empêchèrent Viollet-le-Duc de parler. Écœuré, il donna sa démission et fut remplacé par Taine. L'Académie des Beaux-Arts alla en Conseil d’Etat. Le gouvernement céda et l'Ecole des Beaux-Arts retomba sous la tutelle académique. Les membres de 1 Institut, maîtres des hauts postes de l’État et de la Ville, n’admirent pour collaborateurs (pie les élèves dociles et bien pensants.

Viollet-le-Duc publia les leçons qu’il avait préparées. Ce furent les Entretiens sur ï architecture, un des livres les plus riches d'idées qui ail été écrit sur cet art. La théorie de Viollet-le-Duc n’est pas entièrement nouvelle. Il continue la tradition de Durand et des constructeurs, de Labrouste et de ses amis. D’ailleurs, en 1836, lorsque Labrouste ferma son atelier, c’est à Viollet-le-Duc que ses élèves avaient demandé d’en ouvrir un autre. Pour Viollet-le-Duc l’architecte est avant tout un constructeur. Il doit élever un monument qui réponde aux besoins exigés, aux matériaux employés, et subordonner la décoration à la structure. 11 faut renoncer aux ornements traditionnels, mais illogiques, aux ordres plaqués. Chez les Grecs les colonnes jouaient un rôle : elles portaient réellement l’entablement qui soutenait le fronton, véritable pignon du toit; sans les colonnes tout le système s’écroulerait. La construction romaine n'est pas moins logique. Viollet-le-Duc montre aux classiques qu’ils ne comprennent pas l'esprit des monuments antiques; il s’amuse à leur prouver qu’au nom de leur Vitruve ils condamneraient la basilique de Fano bâtie par Vitruve lui-même. Bref, il enseigne que les formes doivent être non pas empruntées à des recueils,

mais imposées par le plan et par la construction. « L art ne consiste pas en architecture dans l’emploi des marbres précieux, dans 1 accumulation des ornements, mais dans la distinction de la tonne et dans 1 expression vraie des besoins. Toute forme dont il est impossible d’expliquer la raison ne saurait être belle. » I, 504.) Et encore : « L art ne consiste pas dans telle ou telle forme, mais dans un principe, dans une méthode logique. D'où il n'y a aucune raison de soutenir qu'une forme de l’art soit l’art, et qu’en dehors de cette forme, il n’y a que la barbarie ».

Aussi conseille-t-il l’étude dés monuments médiévaux (pii sont des modèles de logique, de géométrie. Non pas que Viol let-le- 1 )uc, comme on l’a prétendu, ait encouragé les architectes modernes à bâtir des édilices ogivaux. M. de Baudot a raconté comment, à l’ouverture de son atelier, il s'indigna de voir ses élèves traiter en style gothique les bâtiments d’une ville nouvelle en Algérie! ViolleHe-Duc s’est nettement expliqué sur ce point dans la préface de son dictionnaire el a écrit dans ses Entretiens (I, 90) : il faut « que les architectes cessent de croire que le style consiste à jeter sur une façade des colonnes grecques et des clochetons gothiques, sans pouvoir donner une raison de l’application de ces formes ».

Viollet-Le-Duc protestait contre la doctrine classique qui « prétend donner un procédé immuable, une formule parfaite, mettre le module à la place du raisonnement, remplacer le relatif par l’absolu ». (I, 393.) Viollet-le-Duc n’admet pas davantage la symétrie, qui, purement extérieure, ne correspond pas à la distribution interne, que l'œil, dans nos rues étroites, ne peut embrasser réellement et (pii, même chez les Romains el les Grecs, ne fut jamais absolue (I, 550).

L’architecte ne doit pas rester obstinément fidèle à des formules périmées; il doil profiter des découvertes de la science; sinon son rôle est fini, celui de l’ingénieur commence 11, 445). Il doit savoir recourir au fer, au verre, à la céramique, et répondre au besoin moderne qui est avant tout de couvrir de vastes surfaces. Et Viollet-le-Duc donnait des solutions qui, pour n être pas toutes heureuses, n en étaient pas moins non velles.

A la doctrine du « magister dixit », Viollet-le-Duc substituait le libre examen, a la tradition la raison. Il parut aux classiques ce que les hommes de la Renaissance paraissaient aux scolastiques empêtrés dans leurs formules, un hérétique. Mais il eut des fidèles qui, groupés dans I Union syndicale des architectes français, continuent à publier le « rationalisme ». Les diocésains et les architectes des monuments historiques répa ndi ren L -ses théories.

Le danger eut été (pi ils continuassenl à imiter les œuvres médié-

L’ARCFI ITECTIJRE EN FRANCE

vales. Viollet-le-Duc s’élait inspiré du golliique dans sa maison de la rue Gliauchat, M. de Baudot dans un immeuble rue Saint-Lazare; mais ils subirent eux-mêmes l’inlluence de l'éclectisme, et à partir de 1 N(iù aimèrent également les formes pleines du roman, les lits alternés des églises auvergnates, les coupoles poitevines. L’exemple de Vaudoyer se combine à celui de Yiolletle-l)uc. De tous ces essais allait sortir un style original.

Vaudkf.mer. — \ iiudremer fut un des premiers à réaliser les théories de Viol- I e t-le- 1 )uc . Né à Paris en 1829, il avait été l’élève de Gilbert qui lui transmit le goût de la logique et de la sobriété. Grand prix de Borne en ISM, il avait été, à son retour d Italie, attaché par Duban à son agence; en 1800 Baltard l’avait fait nommer architecte; de la ville de Paris. Chargé de construire la prison de la Santé, il s’était rappelé les modèles laissés par Gilbert. En 1802, âgé de trente-trois ans, il donne les plans de Saint-Pierre de Montrouge. 11 se souvient des basiliques italiennes et des églises byzantines, de Saint-Paul-bors-les-Murs el <h; Mon reale; on s’en aperçoit en étudiant le plan avec sa nef et ses bas-côtés, ses colonnes qui reçoivent des arcs, son chœur surélevé, flanqué d’ambons, les culs-defour de l’abside et des bras du transept, la charpente dont, par économie, l'église est couverte. Le Bas s’était inspiré des basiliques; Vaudremer y ajoute des éléments postérieurs. L’esprit surtout est différent. Le Bas est un classique, Vaudremer, un rationaliste; il souligne tout l’appareil par des rehauts de peinture. L’extrados en tiers-point et l’intrados en plein cintre des arcs est ainsi volontairement indiqué. A l’extérieur, Vaudremer montre les rapports de la construction et de

r. vin. — 02

Phot. Oll mer.

287. — Église Saint-Pierre de Montrouge, à Paris, par Vaudremer.

l’élévation. En cette époque de décorateurs qui traitent l’architecture en sculpteurs, il est vraiment un architecte.

On retrouve les mêmes caractères, exprimés avec plus de simplicité encore, à Notre-Dame d’Auteuil ou à l'église grecque de la rue Bizet. On pourrait estimer (pie ces arcs en tiers-point à l'extrados et en plein cintre à l'intrados, que ces rehauts de peinture, que cette forme semblable de consoles qui soutiennent ces arcs doubleaux, que ces ambons, ces baldaquins, ces crêtes de terre cuite sur les entablements autour du chœur, deviennent des formules. Il est vrai que Vaudremer s'est contenté d’un faible vocabulaire décoratif, mais son exemple même était salutaire.

Par une disposition el une construction logiques, aussi bien dans ses églises que dans ses lycées (Billion, Molière, Grenoble, Montauban) et ses immeublesfavenue Henri-Martin, rue Magellan), il a su montrer qu’on pouvait créer des chefs-d’œuvre avec un minimum d'or-

,, . piiot. Librairie saint-joscpii. nements. La beauté n’est

r ig. 288. — Eglise Notre-Dame d’Auteuil. à Paris, .,

par Vaudremer. La nef. souvent que I expression

de la raison. Vaudremer

ne lut d ailleurs pas le seul qui tenta cet effort. Train, au collège Chaplal

(1867), avait, lui aussi, cherché à répondre aux besoins.

Abadie. — L art d Abadie n’est pas sans analogie avec celui de \ audremer. I ils d un architecte d Angoulême et successeur de Viollet-

le-Duc comme architecte diocésain de Paris (1874), il se rappela tout naturellement les églises de sa province natale, Saint-Front de Périgueux, qu il avait restauré, cl suivit les conseils de Viollet-le-Duc. Avec ses coupoles, ses dômes, ses pleins cintres, ses chapiteaux, le Sacrélueur est, comme on 1 a dit, romano-byzantin ; il est, lui aussi, une œuvre

L’ARCHITECTURE EX FRANCE

où l'architecte s’efforce de tirer toute la décoration de la construction. Abadie sacrifia même certains effets de son projet, la polychromie des lits alternés, par exemple, à la simplicité de l'ensemble. Il conduisit les travaux jusqu'en 1884. Il est regrettable que les vitraux, les mosaïques et certains détails de la décoration n'aient pas tous la qualité du beau campanile élevé par Lucien Magne.

I )avioud. — Si I )avioud, qui avait été classique aux théâtres de la place du Châtelet, se montre encore éclectique au Trocadéro ( 1878 ), s’il unit les grottes à l italienne, les arcs arabes, les formes romanes, les lits alternés auvergnats ou siennois, les dômes classiques, il emploie les matériau x polychromes, briques colorées, briques vernissées, mosaïques; il accord»; à merveille le plan avec le terrain et imagine cette galerie à arcades qui permet aux spectateurs de contempler Ph«t. Gi.amion.

.. it^ • Fig. c289. — Église du Sacré-Cœur de Montmartre,

une pallie de I ans. à Paris, par Abadie.

( )n pourrait, a cette

série de monuments inspirés non plus du gothique, mais du roman, cl qui manifestent le désir de sobriété logique de leurs constructeurs, ajouter d'autres exemples : Notre-Dame-de-Fourvières à Lyon, par Bossan, Saint-Antoine, avenue Rollin, par M. Roy, Sainte-Anne, de la Maison Blanche, par M. Robin.

P. Sédii.le. — Le rationalisme apparaît aussi dans les monuments civils. Paul Sédille, qui employa les ornements de la Renaissance dans ses hôtels particuliers (rue Vernet), dans sa façade du Printemps , où l'on retrouve des pilastres, antéfixes, guirlandes, lanternes, soumet nettement

il LJ

l’élévation aux nécessités de la distribution. Dès la fin du Second hinpire le lion marché de L.-C. Boileau, et les Magasins réunis avaient constitué des tentatives nouvelles. Sédille sut concilier le souci de 1 art et celui de la commodité : au Printemps un grand hall vitré est entouré de balcons. De larges baies percent les murs qui sont réduits au minimum. Peut-être en son rient la décoration était-elle un peu clinquante. Dans

le bail les arcs métalliques ajourés étaient ornés d’appliques de bronze aux sommiers, de cabochons d’or; la corniche était portée par des consoles de fer et tôle découpée; des vitraux s’inséraient dans la verrière. Le parti n'en était pas moins résolument moderne.

l'Iiol. Printemps

Fig. ‘2911. — Les magasins du Printemps, à Paris, par I’. Sédille. Façade sur la rue du Havre.

LkS PREMIERS ES- SAIS nouveaux. — Désormais les magasins sont largement éclairés.

Des architectes cherchent à résoudre le problème dans les maisons oii se superposent les locaux commerciaux, bureaux, appartements. Les architectes classiques qui

bâtissaient les maisons de l’avenue de l’Opéra, pour indiquer les verticales, recouraient encore à des pilastres colossaux. Des rationalistes comme L. Magne ou Raulin leur substituent de simples piliers de pierre et, dans I intervalle, au lieu «les linteaux appareillés, des frontons, d«‘s motifs ornementaux, tendent simplement des poutrelles de fer. Les grandes glaces permettent de clore sans assombrir. Ces maisons, bâties dans le quartier de la Bourse et du Sentier, ne sont pas sans exercer d’influence sur les monuments plus vastes. Lisch qui, rue Feydeau à la Chambre de commerce, avait réalisé une œuvre semblable, à la gare Saint-Lazare conserve ces divisions verticales très imites et groupe les

L'ARCHITECTURE EN FRANCE

étages. Nous sommes loin de la monotonie des fenêtres régulièrement espacées et parcimonieusement percées.

L’Exposition de 188!) semble marquer le triomphe des tendances modernes. Si les critiques pouvaient dire que la Tour Eiffel était un travail d ingénieur, ils ne pouvaient nier (pie Duterl, l’auteur de cette grandiose Galerie des machines, et M. Formigé, qui dans ses pavillons avait uni la céramique au métal, ne lussent des architectes.

Les artistes mêmes dont l’éducation était académique et dont les ouvrages semblaient à M. de Baudot infectés de classicisme, subissaient l'influence du rationalisme; M. Guadet, à I ' Hôtel des Postes, dessine des entablements réguliers, des meneaux Renaissance, des pilastres doriques, mais la construction est parfaitement comprise : sur ce petit espace, grâce à une carcasse de fer qui permet au rez-de-chaussée de disposer d’une part le hall du public, de l’autre un hangar à voitures, il a pu loger tous les services. Les contreforts puissants de l'extérieur indiquent les points de résistance. On retrouve les mêmes qualités aux façades latérales du Crédit lyonnais, par M. Bouwens van Bojen.

Ces architectes avaient compris les Entretiens de Viollet-le-Duc.

Page 1