‹ Histoire de l'art (volume 4)Chapitre 68 sur 119 · ART PAYSAN · texte numérisé non relu

ART PAYSAN

Aussi n’aurait-on qu’une idée très incomplète de l'art polonais, si l’on ne faisait une place à l’art rustique, beaucoup plus vivace qu’en Occident où son évolution a été arrêtée par les progrès trop rapides de l’industrie. C’est toujours dans les pays de montagnes, à cause des difficultés de communications, que se conservent le mieux les traditions populaires. La Pologne n'échappe pas à cette règle. Zakopané, blotti au fond d'une gorge des Tatry, dans les Carpathes septentrionales, est le loyer le plus vivant de toutes ces industries rurales du bois, de la céramique, du tissage, où lame populaire s’exprime beaucoup plus purement que dans maintes œuvres plus ambitieuses sorties des ateliers de Varsovie. C'est là qu’on tisse ces longues vestes ajustées à la taille, qui sont tantôt bleu foncé avec col el manches rouges, tantôt blanches avec des parements bleus, qu’on prépare pour les fêtes de Pâques les œufs peints (pisanki) enduits de cire, puis plongés dans une décoction de sucs de plantes, qu’on sculpte en plein bois, coffres à vêtements, puisoirs, timons, moules à fromage en forme de cœur, mille menus objets de la vie quotidienne, qui témoignent tous d'une recherche de beauté. Une des particularités de cet art populaire est le goût des wycinanki, découpures de papiers de couleurs qui s’appliquent sur les meubles comme une chatoyante marqueterie.

Page 1