‹ Histoire de l'art (volume 4)Chapitre 74 sur 119 · L'ART PAYSAN · texte numérisé non relu

L'ART PAYSAN

En même temps que l’art raffiné des décorateurs de ballets, s’épanouissait avec un succès presque égal l’art rustique des Koustari.

Le terme de Koustar, que l’étymologie populaire rattache à koust (buisson), mais qui est plutôt une déformation de l'allemand Kiinstler (artiste), désigne en russe le paysan mi-cultivateur mi-artisan qui emploie les longs loisirs que lui laisse l'hiver moscovite à tourner ou tailler le bois. La prospérité de ces industries rurales, qui ont à peu près disparu de l’Europe occidentale, sauf dans les régions montagneuses, paraissait dangereusement menacée à la fin du xixe siècle par les progrès du machinisme, lorsqu'elle fut ravivée par l'initiative officielle et privée des Zemstvos et des propriétaires fonciers. En fournissant aux paysans des modèles, en organisant sur le marché intérieur et extérieur la vente de leurs produits, ils insufflèrent — un peu artificiellement peutêtre — une vie nouvelle à cet art en péril.

Ce qui caractérise 1 art paysan, c'est qu’il est en même temps traditionaliste et particulariste, uniforme par ses motifs empruntés à Byzance ou à la Perse sassanide et très varié dans ses applications. Les deux industries dominantes sont le bois sculpté pour les hommes cl la broderie pour les femmes. A la veille de la guerre et de la révolution, les jouets moscovites, les œufs de Pâques enluminés, les broderies de couleurs vives teintes dans les ateliers fondés par la princesse Tenichev à Talachkino, près de Smolensk, avaient conquis une immense clientèle russe et étrangère.

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