CHAPITRE XV
La conquête latine n'épuisa point Tart byzantin. L'art suit le mouvement de rhisloire. C'est un de ses caractères essentiels, surtout en Orient, où toute puissance nouvelle s'affirme en construisant des églises et des palais, en les décorant et les dotant d'objets précieux. Or la vie politique de TOrient, du xiii'' au xvi'' siècle, fut très instable. Le centre du pouvoir se déplaça non seulement d'un peuple à l'autre, mais aussi dans le domaine d'un même peuple. L'activité artistique se déplaça de même.
Cette activité fut considérable. Non seulement la création de nouveaux États grecs (empire de Trébizonde, despotat d'Arta) au xuf siècle et la restauration de TEmpire par les Paléologues, mais aussi la vigoureuse poussée des peuples slaves : Russes auxii*", Serbes au xiv''; enfin l'organisation définitive de la Moldo-Valachie et de la Moscovie après la chute de Byzance, l'alimentèrent sans cesse. Mais elle prit un autre cours. Aucun de ces États ne mit à la disposition des artistes les puissantes ressources de l'ancien Empire. L'art cessa d'être lié au luxe. Les mosaïques et les appliques de marbre se rencontrent pour la dernière fois au début du XIV* siècle à Mistra et à Constantinople et cèdent désormais la place à la fresque. Dans les arts mineurs, le travail des matières riches, les techniques difficiles ou patientes, ivoires, émaux, orfèvrerie, miniatures, sont déchues ou abandonnées, sauf dans une certaine mesure chez les Slaves. En revanche l'icône et la broderie, ces fresques mobiles, où le talent se trouve à l'aise, ont occupé de vrais artistes. Enfin la grande sculpture, si