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153. — Le site et les ruines de Sardes, esquisse topographique. Curtius, Beitrœge zur Geschichte und Topographie Kleinasicns, pi. V '*.
Il semble que, dans Tantiquité, on en ait utilisé les eaux en les versant dans un fossé qui couvrait la ville vers le nord ; elles allaient ensuite rejoindre le Pactole, pour courir avec lui jusqu'à rilerraos. r/est de ce côté, en face du confluent des deux ruisseaux, que paraît s'être trouvé le quartier principal de la ville, celui qui renfermait le bazar auquel aboutissait et que traversait le grand chemin des caravanes. Entre le lit des torrents et le pied du mont, des terrasses spacieuses supportaient les maisons et les édifices de la ville. Celle-ci, du temps des rois Lydiens et sous les Achéménides, était ouverte ; tout Tefifort de la défense avait porté sur la citadelle*. L'art n'avait eu que peu de chose à faire pour aider la nature; maintenant encore, ce n'est pas sans peine que l'on grimpe, par des sentiers raides et scabreux, jusqu'à ce sommet où jadis la muraille couronnait partout le bord du précipice (fîg. 154).
Située là où la montagne se rapproche le plus du fleuve, cette forteresse commandait et surveillait au loin les campagnes voisines. C'était à son ombre et sous sa protection que, chaque année, depuis l'avènement de Gygès, la cavalerie lydienne se rassemblait, le printemps venu, dans les grasses prairies d'alentour et que s'y formaient ces escadrons qui partaient en guerre jusqu'à la fin de la belle saison. Gygès s'empara de toute la Mysie, depuis le golfe d'Adramyttion jusqu'au delà du Rhyndacos^ Les Ioniens l'avaient d'abord aidé dans ces entreprises. Le nouveau roi, pour affermir son trône encore chancelant, n'avait-il pas, au début de son règne, invoqué et payé par de riches présents rap|)ui moral de l'oracle de Delphes*^? N'avait-il pas aidé les Milésiens à fonder, sur l'IIellespont, la colonie d'Abydos*? Les soldats de fortune qui rêvaient aventure et pillage, qu'ils fussent Cariens ou Ioniens, n'étaient-ils pas assurés de trouver chez lui une haute paye^*?
dy buttes formées de décombres; e, église (ancien gymnase); ^ église; g, théâtre; h, stade; t, double porte, voûtée; k, ruine de basse époque; i, substructions ; m, odéon ("?); n, potence donnant sur Tacropole; o, la citadelle supérieure; p, ouvrages avancés de la citadelle; q, soubassements d'un temple; r, murs de soutènement; s, restes d'un mur de ville; t, temple dit de Cybèle; u, direction du tombeau d'Abyattès. ^
1 . C'est ce que Ton peut inférer du récit que fait Hérodote du siège de Sardes par Cyrus (I, 80, 84) et de l'attaque dirigée contre cette ville, un demi-siècle plus lard, par les Athéniens et les Ioniens (V, 100, 101). Dans les deux cas, les défenseurs de la place abandonnent à l'ennemi la ville basse et s'enferment dans la citadelle.