HÉRODOTE, V, ICI
2. Dans le Voyage archéolofjiquc de Le Bas, pi. oii de \' Itinéraire ^ sont figun^s trois bas-reliefs qui ont été relevés à \mmam, sur le haut Hermos, et au nord-est de Koulak, sur le Ghédis»ou, c'est-à-dire dans le district appelé autrefois Méonie. Ils ont trait au cultp du dieu national, Alys. Celui-ci est représenté ici sous le pin qui lui était consacré, là en chasseur entouré de ses chiens, et ailleurs enfin porté sur les bras de '*«'ux qui le couchent dans la tombe.
î288 LA LYDIE KT LA CAKIL.
A défaut de figures attachées au flanc de la montagne, on pourrait espérer recueillir des objets de petite dimension, tels que bronzes et terres cuites; mais les tombes lydiennes qui ont été ouvertes n'ont rien livré de pareil, et les figurines que le commerce des antiquités jette sur les marchés de Smyrne et de Constantinople sont presque toujours de provenance incertaine. On a bien signalé, à Ak/iissar^ Tancienne Thyatire, une pierre quadrangulaire dont nous avons eu déjà l'occasion de parler à propos des inscriptions qui en couvrent trois côtés ' ; sur la quatrième face, il y avait une tète d'homme, dessinée par un contour gravé en creux; mais elle a si fort souffert, que le buste et la tête ont disparu ; on ne distingue plus que les jambes, infléchies et très écartées".
Pour se faire une idée de la manière dont les Lydiens comprenaient et rendaient la forme vivante, on n'a donc plus que les monnaies. Les pièces en électrum qui représentent les premières créations de l'atelier monétaire lydien appartiennent à deux systèmes différents, originaires l'un et l'autre de la Mésopotamie. Dans le premier, que l'on est convenu d'appeler habylonieny l'unité de poids est une mine de 505 grammes, qui se divise en 60 parties, dont chacune pèse 8^^415; dans l'autre, que l'on nomme gréco-asiatique ou phénicien^ la mine a 1010 grammes et son soixantième 16-', 83. L'usage de la mine légère semble s'être répandu dans l'intérieur de l'Asie Mineure par l'intermédiaire des Syro-Cappadociens et des Phrygiens, tandis que celui de la mine lourde aurait été porté sur les côtes de la péninsule et dans les lies de la mer Egée par les Phéniciens, de qui les Grecs l'auraient reçu. Nous ne saurions entrer ici dans le détail des divers expédients auxquels, après l'invention de la monnaie, on eut recours en Lydie et en lonie pour fixer le rapport entre les trois métaux précieux qui furent successivement employés au monnayage. C'est aux ouvrages spéciaux qu'il faut aller demander des détails sur les différentes tailles qui furent adoptées, à cette fin, pour chacun des métaux, et sur l'emploi simultané de la division sexagésimale et de la division décimale qui permit d'atteindre plus aisément le but que l'on poursuivait ^ Ce qu'il importe de retenir, c'est que les pièces frappées à Sardes dans le système de la mine légère paraissent avoir été destinées à solder les achats du commerce de caravanes qui, parla voie de terre, mettait la Lydie en rapport