Monnaie lydienne. Ëlectrum
Musée Britannique.
avec la vallée de l'Euphrale; les autres, celles qui se rattachent au syslème de la mine lourde, auraient servi plus particulièrement au trafic que les sujets des rois Mermnades faisaient avec les Grecs du littoral. Ici, c'est surtout par leur forme et par Timage qui y a été imprimée que ces pièces nous intéressent; nous ne les étudions que comme monuments des arts du dessin.
Les espèces que Ton attribue aux règnes de Gygès et dWrdys sont toutes en électrum. L'un des côtés ne présente qu'une surface striée, sans empreinte de coin monétaire; sur le revers, trois dépressions profondes; celle du milieu est oblongue, et les autres sont carrées. Dans ces creux, des symboles en relief, parfois indistincts; le plus curieux, c'est un renard en course, dans l'étroite coupure qui va d'un bord à l'autre du
flan (fig. 188). Il y a quelques exemplaires où, malgré la petitesse de l'image, on reconnaît sûrement cet animal' ; le plus souvent, on le devine plutôt qu'on ne le voit. Sur les lingots plus menus, des moitiés et autres fractions du statère, rien que les marques plus ou moins irrégulières du poinçon.
Les Grecs de Milet, d'Éphèse, de Cymé, de Phocée, s'étaient bien vile emparés de l'invention nouveUe, dont ils avaient senti tous les avantages; ils avaient frappé d'abord Télectrum, puis l'or, à l'imitation des premières espèces lydiennes. Bientôt pourtant ils avaient fait un pas décisif : ils
avaient retiré l'image de cette dépression où elle était noyée dans l'ombre et l'avaient mise en pleine lumière, sur une des faces du tlan; celle innovation fut promptement appliquée au monnayage lydien. Nous trouvons ce progrès déjà réalisé dans une pièce que l'on attribue avec beaucoup de vraisemblance au règne de Sadyatte ou à celui d'Alyatte fig. 189). On y voit les parties antérieures d'un corps de lion et d'un corps de taureau, tournées en sens contraire et se touchant par