‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 132 sur 412 · TOUR V · texte numérisé non relu

TOUR V

190 —Monnaie lydienne. Électrum. Musée Britannique.

le cou(rig. 189j'. Sur l'autre face, un carré creux, que produisait, sousTaction du marteau, une saillie ménagée dans la matière dure sur laquelle était placé le lingot à frapper, saillie qui en s'enfonçant, dès les premiers coups, dans la lentille de métal, en prévenait le glissement. On propose d'assigner aussi la même origine et la môme date à un autre statère qui représente une tête de lion, tournée vers la gauche; la gueule est ouverte et la langue pendante (Rg. 190). Certaines pièces, qui portent

au droit un lion couché, retournant la tète vers la gauche, offrent un revers pareil à celui des monnaies de la plus ancienne émission ; les mêmes poinçons ont resservi (fig. 191) *.

Crésus paraît avoir été l'auteur d'une réforme monétaire qui dut contribuer beaucoup à l'essor que prit sous son règne la prospérité du royaume lydien. Du temps de son père et de son aïeul, les villes grecques, Milet, Éphèse, Phocée, avaient déjà commencé à frapper des statères et des fractions de statère en or pur; or Crésus, du vivant d'Alyatle, avait gouverné la Mysie et résidé ainsi, pendant de longues années, tout près de Phocée; il avait pu se rendre compte des avantages qu'offrait et de la faveur que rencontrait cette monnaie dont le titre était mieux défini que celui des pièces en élec-

trum émises par ses prédécesseurs. Après son avènement, il a donc cessé de monnayer cet alliage et mis en circulation de nouvelles espèces d'or et d'argent. On lui attribue deux statères d'or de poids différent : il y en a un pour chacun des deux principaux systèmes qui étaient employés soit eu Lydie même, soit dans les contrées voisines; quant au poids du statère d'argent, il a été réglé de façon que dix de ces pièces équivalussent à l'un des statères d'or que livrait l'atelier de Sardes. Grâce

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