‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 136 sur 412 · Bijou lydien. Longueur de chaque cylindre, 0n · texte numérisé non relu

Bijou lydien. Longueur de chaque cylindre, 0n

Louvre. Dessin de Saint- Elrae Gautier.

LES ARTS INDUSTRIELS. 299

rapports, Tari lydien ne pouvait guère puiser que dans le répertoire des motifs de Tart syro-cappadocien. II y a d'ailleurs une autre hypothèse qui n*a rien d'invraisemblable : il serait possible que ces bijoux fussent de fabrique phénicienne. Ils offrent des ressemblances singulières avec ces admirables pièces, elles aussi la propriété de notre Musée national, que Salzmann a retirées d'une tombe de Camiros*. Même mélange de figures humaines et de figures d'animaux; mêmes têtes où le visage est encadré par le klaft\ même place assignée, dans un des bijoux de Camiros et dans l'un de ceux d'Aïdin, à une image de femme vue de face, qui est là complètement nue et ne l'est ici qu'à demi, image où Ton croit reconnaître la déesse asiatique Qadech, qui offre dans les monuments égyptiens une physionomie si particulière".

Que ces bijoux aient été façonnés dans le royaume de Crésus ou rapportés, soit de Syrie, soit d'Egypte, par quelque aventurier, ils sont, avec leurs légers filigranes, d'un travail trop habile et trop délicat pour n'avoir pas été des objets rares et de grand prix. Bien avant que l'artisan lydien fût capable d'entreprendre l'exécution de pièces aussi compliquées, des procédés bien plus simples et plus expéditifs devaient fournir des bijoux dont la valeur était surtout dans la matière même qui les constituait. A l'aide d'un moule en pierre dure, on coulait, en nombre indéfini, des ornements de corps, des appliques en métal qui pouvaient se coudre sur les vêtements, des figurines qui jouent le rôle d amulettes. C'est à la fabrication de ces pièces fondues qu'a servi un moule de serpentine qui, il y a quelques années, a été trouvé près de Thyatirc , l'objet appartient aujourd'hui au Louvre (fig. 209) ^

Cette plaque, qui a 0",15 d'épaisseur, est évidemment un moule d orfèvre. Les rigoles qu'elle présente, destinées à l'écoulement du métal, ne laissent aucun doute à ce sujet. Il a d'ailleurs, été retrouvé en Assyrie d'autres moules du même genre ^; mais ce qui fait surtout rîDtérêtde celui-ci, c'est la grande dimension des pièces qui devaient en sortir et le caractère qu'elles présentent. On y voit une figure féminine, les mains posées sur les seins; elle est entièrement nue;

I. RcrM€ archéologique, 2« série, t. VIII, p. 1-6 et pi. X. 2- PiERRET, Le Panthéon égyptien, p. 46.

3. Pour rhistoire de la découverte et la description détaillée du moule, voir l'article de M. Salomon Reinach, auquel le Louvre doit d'avoir acquis ce monument : Deux moules asiatifjues en sej*pentine {Revue archéologique, 3« série, t. V, 1880, p. o4-6I). Ce mémoire a été reproduit dans le volume que M. Reinach a publié sous ce titre : Esquisses archéo^ logiques, 8», Leroux, 1888 (p. U-ol).

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