‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 137 sur 412 · Histoire de CArf, t. Il, p. 76;w06, fig. 436 et · texte numérisé non relu

Histoire de CArf, t. Il, p. 76;w06, fig. 436 et

dans l'indication du nombril et des traits particuliers de la région pubienne, il y a un grossier réalisme, dont nous avons déjà trouvé des exemples dans les terres cuites de la Susiane et dans les ivoires assyriens*. A gauche de ce personnage s'en trouve un autre de taille un peu inférieure, vêtu comme un prêtre chaldéen; il porte une espèce de tablier à six franges orné de plissés verticaux et symétriques. Dans la première de ces deux figures, on reconnaît, au geste qui la caractérise

209. — Moule en serpentine. Louvre. Grandeur réelle. Dessin de Wallet.

et à Tabsencc de tout voile, la déesse mère et nourrice des religions de l'Asie antérieure, Istar ou Anahil-; il est plus difficile de donner un nom au personnage vêtu, que ne distingue aucun attribut; on est tenté d'y chercher un dieu plutôt qu'un prêtre, car on ne voit pas bien quelle aurait été la destination des images que livrait ce moule, si ce n'avaient été des idoles portatives et domestiques.

Les autres dessins en creux que porte la plaque de serpentine ont moins d'importance. Le lion, qui est gravé sur la droite, a sur le dos

\, Hisloire de l'Art, t. II, fi}^. 16, 231, 232. '

2. Histoire dp l'Art, f. H. p. 82. .'iOo, :>07, GOO; t. lU, p. 419, 450,555, 010, 783; t. IV, :i32, 808.

LES ARTS INDUS'PRIELS. 301

un anneau ; il rappelle à ce titre les lions servant de poids que Ton a découverts à Ninive * ; il témoigne donc de l'imitation d'un modèle qui devait être très répandu ; mais ce qu'il y a de singulier, c'est que l'animal tient entre, les patles un Mton. En face du lion, de l'autre côté d'istar, est un autel ou tabernacle à quatre étages, au milieu duquel fait saillie une forme ronde; aux angles, deux montants qui se terminent par six pointes étalées en manière de main. Il y a des tabernacles analogues figurés sur certains monuments de la Mésopotamie' ; le renflement central fait songer à la stèle cintrée qui se dresse audessus des degrés dans les sanctuaires hypèthres de la cité de Midas (fig. 103, 104, 106). Quant aux trois rondelles et au rectangle qui occupent le reste du champ, ce que l'on a pu en tirer, ce sont de gros boutons destinés à décorer des habits ou des meubles; un de ces disques, celui qui est à gauche, dans l'angle inférieur, a l'air d'un aslre à six rayons ^

Les types divins et les motifs secondaires qui les accompagnent ont ici des rapports si marqués avec ceux qui étaient de tradition en Chaldée, que l'on est tenté de se demander si ce moule n'a pas été apporté de Mésopotamie en Asie Mineure, par quelqu'un de ces orfèvres ambulants comme il y en a encore en Orient, où souvent on les rencontre très loin de leur pays natal*. D'autre part le travail est ici d'une extrême brutalité; le dessin est dur et tout conventionnel; ce serait, semble-t-il, faire une injure aux artisans chaldéens que de le leur attribuer. Supposez au contraire, chez un peuple dont la civilisation aurait été très inférieure à celle de la Chaldée, des graveurs médiocres copiant machinalement des modèles étrangers ; la lourdeur et la grossièreté de Texécution n'auront plus rien qui vous étonne. En tous cas, il paraît difficile d'admettre que de pareils ouvrages puissent être contemporains de ces princes Mermnades sous lesquels le royaume lydien était, d'une part, en relations directes avec l'Egypte et avec l'Assyrie, tandis que, d'autre part, il commençait à sentir l'influence de l'art qui se développait rapidement chez les Grecs ioniens. Autant que Ton peut en juger par la seule facture, cet objet serait antérieur, de plusieurs siècles peut-être, au règne de Gygès ; il remonterait au temps où la Lydie n'était en rapport avec les grands peuples policés de l'Asie antérieure

i. Histoire de F Art, t. II, pi. XI.

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