‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 14 sur 412 · Voir plus haut, p. 4, note · texte numérisé non relu

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4. Voyez le grec aiSsiv, et le sanscrit sabhddjt « honoré, révéré ».

5. Ce nom n'a pas, dans les manuscrits des auteurs grecs et dans les inscr forme constante; on le trouve écrit "Atu;, 'Atru;, "Attïjç. C'est lui qui pa premier mot de l'inscription gravée sur le monument de Midas (fig. i) sous c( ATES. La consonne est redoublée dans les noms de plusieurs villes de l'As noms qui paraissent dérivés de celui du dieu, "AtTsts, ''ATTsa, "AttouSc, etc.

Pas plus dans les fêtes phrygiennes d'Atys que dans les fêtes syriennes d'Adonis, les fidèles n'étaient pas les spectateurs silencieux et recueillis de rites célébrés devant eux par le prêtre; ils étaient les acteurs mêmes de la pièce que Ton représentait, plusieurs fois par an, lors des changements de saison, autour des sanctuaires. Chacun des assistants, hommes et femmes, y jouait son rôle dans les scènes où étaient figurées les péripéties de la grande tragédie cosmique, les défaites et les victoires successives de la vie toujours arrêtée dans son essor et toujours renaissante. Avec une puissance de sympathie dont nous avons perdu le secret, la foule s'associait aux souffrances de l'astre qui pâlit enveloppé par les nuées d'orage ou par l'ombre de la nuit, à celles des plantes qui se fanent sous des rayons trop ardents, de l'arbre dans les veines duquel cesse de courir la sève et dont les feuilles jaunies commencent de céder aux premières brises d'hiver; quelques mois après, elle s'enivrait de cette joie que répandent dans le monde la lumière et la chaleur qui se réveillent au printemps, elle tressaillait d'allégresse aux premiers frémissements de la terre prête à enfanter et des germes endormis qui percent le sol pour aller s'épanouir à sa surlace, pour la couvrir de couleurs variées, pour remplir l'air des parfums de la fleur. Dans ces siècles reculés, l'homme n'avait pas encore acquis, par une expérience prolongée, le sentiment de la permanence des choses, la conviction qu'il existe des lois qui président au cours des phénomènes de la nature. L'esprit ne pouvait se défendre d'une secrète inquiétude chaque fois que le soleil se couchait, chaque fois surtout qu'à l'automne il s'affaiblissait, comme un malade, et que, de jour en jour, il restait moins longtemps sur l'horizon. De même aussi il y avait de la surprise dans le plaisir qu'on éprouvait à chaque réapparition de la lumière et de la force vitale.

Aujourd'hui, nous sommes blasés sur ces spectacles par une longue accoutumance et par notre éducation scientifique; celle-ci nous garantit que l'avenir sera semblable au passé; lorsque finissent le jour et l'année, nous n'éprouvons donc plus les mêmes terreurs, et, par suite, nous ne jouissons plus de ces lendemains triomphants aussi vivement que si nous avions craint de ne pas voir s'en lever l'aurore. 11 nous faut donc faire effort pour comprendre la profondeur et la sincérité des émotions que l'on allait chercher et que l'on trouvait dans les mystères, qu'ils fussent célébrés en l'honneur de Dionysos et de Sémélé, d'Astarté et d'Adonis, ou de Cybèle et d'Atys; mais le doute n'est pas permis : récits des historiens, descriptions des poètes, tableaux des

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