Lit funéraire phrygien. Dessin , « i • i
d'Edmond Guillaume. ^aus cc pays, et dcpuis lors, a
travers tant de changements de régime, on n a jamais cessé de l'y pratiquer avec goût et avec succès. Dans l'antiquité. Sardes était fière de ses tapis ras, qui atteignaient un très haut prix^ ; de nos jours, c'est encore dans les limites du territoire de la Lydie, sur le haut Hermos, à Gherdiz, l'ancienne Gordis, et à Onchak^ que se fabriquent surtout les tapis dits de Smyrne.
Ce n'était pas seulement des tisseuses et des brodeuses habiles que l'on trouvait en Lydie: il y avait encore d'autres métiers que les femmes, habiles et patientes ouvrières, y exerçaient avec la même supériorité. L'un d'eux nous est indiqué par le hasard d'une similitude qu'il a fournie au poète de Y Iliade. Celui-ci, voyant la peau blanche d'un de ses héros, déchirée par le fer, se tacher de sang et rougir autour de sa blessure,
Le.« Lits antiques considérés particulièrement comme forme de la sépulture [Gazette d^^ Bcaux-ArtSy 1873).
1. Xénophane, fr. 3 : 'A6po<Jûva; ôè fxaOovt:; avw^sAê'a; napà AuSôîv (Bergk, Fragm. lyr, Grœc. t. H).
2. npoT[£<jav 8iTjaxif){ji^vo'. là; xojxa; /.?y^»î» xo^'jwo, dit Alhénéc (XII, p. 52C, A) ; c'est ainsi qu'il comprend, sans doute d'après Pliylarquc, dont il invoque aussi le témoignage, le vers de Xénophane qui Ogure aujourd'hui dans nos textes sous cette forme :
aùy aXc'oi ya^TTjaiv àyaXÀoiiîvo». sO'pînsî^aiv.
3. C'était ce que l'on appelait ^iXoram; ou <j/'Adoa-'.;. Athénke, VI, p. 255, H.
CARACTÈftES GÉiNÉRAUX DE LA CIVILISATIOxN LYDIENiNE. 305
la compare à Tivoire qui se teint de pourpre sous les doigts d'une Lydienne ou d'une Carîenne, quand elle travaille à décorer la bride qui fera envie à tous les cavaliers et dont le roi parera son cheval de guerre *. Les harnais de la fameuse cavalerie lydienne devaient être ornés d'incrustations dans le genre de celles qui sont toujours restées de mode en Orient pour celte sorte d'ouvrages et que les amateurs admirent aujourd'hui dans le bazarde la sellerie, à Bagdad et au Caire.
§ 4. — LES CAKACTÈRES (iK.NÉKAUX DE LA CIVILISATION LYDIENNE.
Nous nous sommes imposé l'obligation de tout recueillir, aussi bien les moindres restes des ouvrages où les Lydiens ont mis la main que les plus sommaires mêmes des mentions qui ont trait à leur art et k leur industrie. Cependant, à ne compter que le nombre des monuments qui subsistent, il semblerait que la Phrygie ait mérité de tenir, dans cette histoire de la civilisation, une plus grande place que la Lydie. Toute spécieuse qu'elle paraisse, cette conclusion serait mal fondée; il peut suffire d'une fouille profonde, enfin opérée parmi les ruines de Sardes, pour renverser brusquement la proportion, au profit des Lydiens. D'ailleurs, dès maintenant, avant môme que des découvertes qui ne sauraient tarder longtemps aient fourni la preuve de la supériorité des constructeurs et des artisans de la Lydie, le rôle politique et international de la Lydie nous apparaît, dans l'ensemble des laits qui ont été conservés par la tradition littéraire, comme beaucoup plus actif et plus important que celui de la Phrygie. Les Phrygiens ont été surtout un peuple de laboureurs, de pâtres et d'éleveurs de bétail. L'agriculture n'a pas été. moins florissante chez les Lydiens ; leurs pâturages n'ont pas nourri des races moins belles de bœufs et de chevaux ; leur cavalerie a passé, pendant plus d'un siècle, pour la première du monde oriental ; mais ce n'était pas seulement à la guerre qu'elle leur servait. Industriels et commerçants, ils employaient, par milliers, les bêles de trait et les bêtes de somme à transporter, sur toutes les routes qui suivaient le cours de THermos, du Caystre et du Méandre, les fruits de leurs champs et de leurs vergers, les marchandises qu'ils recevaient de leurs voisins, Asiatiques ou Grecs, enfin les divers produits de leurs ateliers, les étoffes et les tapis, les briques et les vases qu'ils
i. Homère, îlôulv, IV, IW-lt.i.