Hkrodote, h
o. EnsTATHE, commentaire au vers 791 de Denys le Periégète.
«. L*Hécate dont le temple s'élevait à Lagina, près de Stratonicée, n'était peut-être qu'une forme hellénisée de cette divinité asiatique (Tacite, Annales, III, 62). Voir sur le culte qui s'y célébrait les documents recueillis par Newton, A histovy of discovcrics al Ha- Ucaimmso», Cnidos and Branchidw, ch. 24, et Appendix, t. Il, p. 789-803, ainsi que d'autres inscriptions publiées par les membres de l'École d'Athènes qui, dans ces dernières années, ont visita la Carie (Bulletin de corr, hellén, t. V, p. i8o-191 ; t. XI, p. 3-39, p. 143-162). L*Hècale de Lagina avait ses mystères, ce qui éveille l'idée de cérémonies analogues à •r»*llesqiïi caractérisaient le culte phrygien; on aimerait à savoir ce qu'était cette /3roces.sîOW d^ la clef {mXz'Zo; no;jtnr[ ou ol^m^) qui, de l'enceinte sacrée, allait jusqu'à la ville voisine, Idrias, plus tard Stratonicée, îiu milieu d'nn grand concours de peuple [Bullefin, XI, p. 37).
312 LA LYDIK KT LA CAHIE.
laissé, dans cette contrée, le plus de traces et de monuments authentiques, c'est celui de ce dieu suprême qui n'était pas honoré seulement à Labrynda, sur le territoire de Mylasa, mais qui avait aussi, sur bien d'autres points de la Carie, des sanctuaires dont chacun, à Tépoque romaine, était devenu le centre d'une petite confédération locale *. Parmi les différents vocables que les textes épigraphiques emploient pour désigner cette divinité qui paraît avoir eu à peu près partout le même caractère, il en est deux qui sont surtout dignes d'attention: c'est ce surnom de Zeus Osogos ('0.70Y(o;).que portait le Zeus carien, et sous lequel se cache certainement un mot de la vieille langue du pays *; c'est aussi ce titre de Z^voTroGei^wv qui revient souvent dans les inscriptions de Mylasa ^ L'emploi de ce terme semble indiquer que le grand dieu des Cariens était un dieu de la mer en même temps qu'un dieu du ciel; ne prétendait-on pas d'ailleurs que parfois le flot marin venait à l'improviste se répandre sur les dalles du temple de Mylasa, quoique celui-ci fût a 80 stades (plus de 12 kilomètres) du rivage où la ville avait son port *?
Nous n'avons rien trouvé de pareil en Lydie, et cependant les Lydiens, sous leurs derniers princes, avaient rattaché à leur empire toute la ligne des côtes occidentales de la péninsule; mais ces conquêtes tardives n'avaient eu aucune influence sur leur religion et sur leurs mœurs; comme ceux des Phrygiens, leurs dieux habitaient les cimes des montagnes et les profondeurs des forêts : ils ne soulevaient ni n V paisaient les vagues et les tempêtes; le peuple qui les honorait était un peuple de cultivateurs et de cavaliers, d'artisans et de conducteurs de caravanes. Tout autres étaient les Cariens; quand ils apparaissent sur cette scène de l'histoire que dresse le génie grec, ils ont déjà derrière eux tout un long passé de courses maritimes, dont le détail échappe, mais qui avaient laissé des souvenirs dans tout le bassin oriental de la Méditerranée. On avait conservé la mémoire d'un temps où ils parcou-
i. Rien que sur le territoire de Mylasa, il y avait trois lemples de Zeus '.celui de Zens Carios, commun à tous les Cariens ainsi qu'aux Lydiens et aux Mysiens, celui de Zeus Osogos, appelé aussi Zénoposeidon, et celui de Zeus Stratios, nommé Labrandénien, du nom de la localité, située sur la montagne, entre Mylasa et Alabanda (Strabon, XIV, n. 23). Sur le Zeus Panamaros, protecteur d'Idrias, voir Deschamps et Cousin, dans Bulletin, XI, p. 373-391, Xll, p. 82-104.
2. Le nom est tantôt indéclinable, sous la forme oaovwa, timtôt décliné. Voir le commentaire de Waddington au n^ 361, partie V du Voyage archéologique de Le Bas et le Bulletin, XH, p. 13-14.
3. Bœckh, C. i. gr, n» 2700. Le Bas, Voy, arch. partie V, n» 361.