Pm SANIAS, VUÎ, X
HISTOIRE DES GARIENS. 313
raient en maîtres toute la mer Egée, où ils étaient établis non seulement dans les îles dont elle est semée, mais encore dans certains cantons de la Grèce européenne; Hermione et Epidaure auraient été fondées par les Cariens \ On se les représentait comme associés, pendant toute la durée de celte période, à une autre nation, les Lélèges, qui auraient eu les mêmes habitudes et les mêmes aventures. Les Lélèges auraient anciennement occupé la Laconie, la Locride, la Béotie cl la Mégaride comme les Cariens TArgolide ^; ils auraient été répandus sur tout le littoral de ce qui fut plus tard Tlonie et TÉolie. C'est eux qui auraient choisi le site et élevé les premières maisons de ces villes qui, sous le nom d'Éphèse et de Milet, devaient plus tard atteindre à de si brillantes destinées ^. De quelle race étaient ces Lélèges et quelle langue parlaientils? On ne le savait déjà plus à l'époque des premiers historiens grecs; les Lélèges s'étaient évanouis sans laisser de traces; mais la tradition populaire attachait avec persistance leur nom aux sépultures antiques et aux vieilles forteresses désertes que l'on montrait sur divers points delà Carie*; on affirmait aussi que pour grossir la population de la cité dont il avait fait sa capitale, Mausole, le célèbre dynaste de Carie, y avait transporté de force la population de six villages lélèges situés dans la presqu'île d'Halicarnasse ^ Si les anciens n'étaient plus en état de déterminer la nature du lien qui avait jadis rapproché Cariens et Lélèges, à plus forte raison ce problème est-il insoluble pour la science moderne. L'opinion la plus vraisemblable est encore celle qui, conformément à la conjecture d'Hérodote ^ voit dans ce nom de Lélèges un autre nom des Cariens, ou plutôt, avec Phérécyde et plusieurs autres auteurs, le nom particulier de l'une des tribus dont se composait la nation carienne '.
Sous un nom ou sous un autre, cette race a certainement joué un
i, Hérodote, I, \1[\ Thucydide, I, 8; Aristotc cité par Strahon, VUT, vi, Io; Stra- BON, XîV, II, 27.
2. Aristote cité par Strabon, VH, vu, 2; Pausanias, llï, i, i;IV, i, 2.