‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 16 sur 412 · Lucien, Tragodopoda^ra · texte numérisé non relu

Lucien, Tragodopoda^ra

o. Suétone {Othon, VIH) dit que celui-ci se mit en marche pour aller Vitellius c die quo cultores deum matris lamentari et plangere iucipiunt »,

LES iMGEURS BT LA RELIGION DES PHRYGIENS.

kllaient et se déchiraient la. poitrine, ils s arrachaient les cheyçux^ Une sorte de frénésie s'emparait de cette foule en larmes ; quelquesr: uns des assistants se mettaient la chair en lambeaux avec un fouçt fait de cordes garnies d'osselets*; d'autres allaient plus loin : armés d'une pierre tranchante ou d'un tesson coupant, ils se dépouillaient des organés delà génération ^ Par cette abdication de la virilité, presque équivalente 4 la mort volontaire, ceux qui avaient accompli ce sacrifice sanglant se consacraient pour toujours à la divinité qui l'avait reçu.

Chacune des fêtes de Cybèle et d'Atys recrutait ainsi la confrérie de ces prêtres eunuques qui conduisaient le chœur des dévots de la déesse ; fe furent eux qui, plus tard, lorsque furent tombées les barrières locales qui séparaient les races, dès le temps des Achéménides et surtout sous la domination romaine, répandirent

au loin, jusque par delà les mers, les rites et les pratiques des vieux cultes de l'Asie (fig. 4).

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— Un archigalle. Musée Capitolin. Duruy, Hi^tçire des Homains, t. II, p. 528*,

i- " Quid pectoribus applaudentes palmas passis cuni crinibus Galli » (Arnobe, Adv6rsti.sy««'ei,Vj0).

2. MwT'.S aaipaYaAwTri (Plutarque, Contre Colotés^ XXXIII, 9); voir aussi Apulke, if^Uh »w»7>*o«e«,VI!I.28.

3. Acuto «7ice (Catulle, XLIII, 5); rupla testa (Juvénal, VI, 514). Nous retrouvons là celte idée que nous avons déjà signalée chez d'autres peuples {Histoire de VArt, U IV^ P- 373). Accompli avec un instrument de métal, le sacrifice n'aurait pas eu le même caractère religieux. On comprend répitbètesemtvm qui est si souvent donn<^eaux prêtres de Cybèle. Le mot sanguem, que le calendrier emploie pour désigner le troisième jour des fêles, indique que les castrations volontaires avaient lieu ce jour-là; c'est d'ailleurs ce que dit «presséraenl Julien, dans son obscur et amphigourique discours sur la mère des dieux (P- 168); il assigne aux quatre premiers jours le môme emploi que le calendrier; il ne mentionne pas les deux derniers.

*• On remarquera le caractère elTéminé de celte figure, dont les oreilles sont chargées

La fête du réveil contrastait avec celle qui l'avait pré< dans celle-ci on avait vu porter et promener, sur les c officiants, le pin cher à Atys, le pin qui ne perdait pas, autres arbres, ses feuilles pendant l'hiver et dont la verdii fraîche protestait ainsi contre Tidée d'une mort réelle de la 1 Le pin reparaissait dans les transports joyeux par lesquels c le retour du héros de la lumière et de la chaleur, qui avait engourdissement passager. C'étaient alors des rythmes sa pressés, des airs d'une entraînante gaieté, qui donnaient 1 danses effrénées, d'une sorte de farandole dont les replis se i au loin dans la campagne. On battait des mains, on bran< glaives et des poignards avec lesquels on frappait en cad< métal des boucliers ^ ; le vin servait à soutenir les forces chî et Ton allait, on bondissait par les prés et les bois jusqu'à plus vaillants roulassent à terre, épuisés de fatigue. Un cinqi que; l'on appelait le jour du repos, était employé à se reme émotions, à se préparer pour reprendre le train ordinaire d le sixième et dernier jour on baignait en pompe, dans un rante, l'image de la déesse; c'était le symbole du bain que prenait la veille de ses noces ^

, La fortune rapide que firent ces cultes en dehors du p étaient nés, le prestige dont ils jouirent auprès des nations les

de perles. Le prêtre eunuque porte sur la tète trois médailles, une de Jupiter d'Atys. Sur la poitrine est encore suspendue Timage d'Atys coiffé de la mitre < la main droite, il tient des rameaux d'olivier, de la gauche une corbeille pleine < sort le fouet garni d'osselets ; sur la muraille, des cymbales, un tambour, d< la ciste mystique.

1. La éérémonle commençait par l'apport au temple du pin dont les brar décorées de bandelettes : arbor intrat, dit le calendrier, pour le premier joi de Cybèle. Sur la décoration de l'arbre sacré, sur les contes par lesquels on ch tard à expliquer le rôle que jouait cet arbre dans ces mystères, voir Arnoi genteè, V» 16. Uîi grand nombre de textes, relatifs à la dendrophorie, comme ( ont été réunis par Zoëga {Bossi rilievi antichi di Roma, t. I, à propos des plai XlV, qui représentent des monuments de ce culte).

2. Lucrèce, De natura rerum, U, 621. Apollonius, Argonautica, 1, H35-H3I

3. Le plus célèbre des temples de Cybèle et d'Atys était celui de Pessin attribuait la fondation à Midas (Diodore, III, 59). C'est de là qu'avait été appo avec lequel ce culte phrygien avait été introduit officiellement à Rome; il es bable que l'on avait emprunté aussi aux rites établis dans ce sanctuaire les cipaux des cérémonies qui furent instituées ailleurs en l'honneur de la méir la division en plusieurs journées de la fête annuelle. Il y avait à Pessinunte i aftluent du Sangarios, oCi pouvait avoir lieu la lavatio, comme on disait à 1 à ce rite que semble le mieux se rapporter le mot d'un historien qui dit ; Pessinunte qu'autrefois les Phrygiens célébraient les orgies du fleuve Gallu le long de la ville. » (Hérodien, Histoires, l^ 35.)

5. — Cybèle sur son trône. Revers d'une monnaie de bronze de Cadi en Phrygie.

Duruy, Histoire des flomai/w, t. I,p.53i.

lisées du monde ancien, les thèmes nombreux et variés qu'ils fournirent à la plastique grecque, voilà ce qui explique la place que nous avons cru devoir faire, dans cette histoire de Tart, aux mœurs et à la religion d'un peuple qui n'a pas laissé de monuments où il ait figuré ses princes et ses dieux. On retrouvera souvent, dans la suite de ces éludes, des types qui viennent en droite ligne de la Phrygie et de la Lydie, Cybèle, qui, la tête surmontée de la haute couronne tourrelée, siège sur un trône entre ses lions (fig. 5), est traînée par eux sur son char ou assise sur le dos de l'un d'eux (fig. 6), puis tous ces dieux et ces héros qui, coiffés du bonnet que l'on appelle phrygien, ne dépouillent jamais leurs longues robes richement brodées, les Men, les Atys, les Midas, les Marsyas. Les Amazones mêmes, surtout celles dont l'image décore si souvent les vases attiques, se rattachent aussi à ce cycle par le caractère très particulier de leur costume. Enfin on sait quel parti les sculpteurs et surtout les peintres, en Grèce, ont tiré de la représentation des orgies de Dionysos, quel élan superbe ils ont imprimé à tous ces corps d'hommes et de femmes qui, dans le désordre où les a jetés l'ivresse du vin, de la musique et de la danse, bondissent en avant ou se renversent en arrière et donnent aux yeux la surprise et la joie des mouvements les plus imprévus et les plus hardis; or si le dieu en l'honneur duquel le thiase bacchique se déroule sur le Cithéron porte un autre nom que celui qui présidait aux fêtes des sanctuaires de l'Asie Mineure, ce sont pourtant les mystères de Cybèle et d'Attys qui fournissent le plus ancien exemple de ces rites orgiaques dans lesquels l'excitation nerveuse est poussée jusqu'au point où elle confine à ces phénomènes bizarres cl à cet état très singulier que les médecins étudient aujourd'hui, avec lanl de curiosité, chez ceux qu'ils appellent, d'une manière générale, les hystériques. Dans notre vie bourgeoise et dans nos habitudes réglées, il n'y a plus rien qui ressemble à cette tempête des sens, à ces accès périodiques de folie, à cette espèce de carnaval sacré qui avait pour cadre les gorges sauvages de la montagne et les clairières de la forêt. C'était la première fois que s'offrait l'occasion de donner

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