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la première fois que leur nom paraîtrait dans l'histoire'. Ce qui rend très vraisemblable cette identification des Louka et des Akioi, c'est, outre la similitude des noms, le fait que toutes ces tribus qui assaillirent TÉgyptede concert avec les Louka semblent être originaires, elles aussi, de TAsie Mineure, où elles ont laissé des traces soit de leur passage, soit de leur séjour prolongé. Il n'y a qu'une difficulté : c'est que, si l'on en croit Hérodote, le nom primitif des Lyciens, celui qu'ils avaient apporté avec eux quand ils étaient venus occuper le pays, celui que leur donnaient encore leurs voisins, du temps de l'historien, n'était pas LycienSy mais Termilœ (Tep;jL{Xai)* ; or Hérodote, en sa qualité de Grec carien, devait être bien informé; les mariniers d'Halicarnasse fréquentaient certainement les ports de la Lycie. Cette assertion est d'ailleurs confirmée par quelques autres textes historiques ^ et parle témoignage même des inscriptions lyciennes. Si celles-ci ne se laissent pas encore traduire, au moins est-on fixé sur la valeur des signes de leur alphabet; or on y a relevé plusieurs fois le mot TPXMEA/^, Tramelê *.
Hérodote ne s'est donc pas trompé ; mais ce nom de Termiles ou Tramèles n'était peut-être que le nom particulier d'une des tribus lyciennes, nom que tels de leurs voisins auraient, par extension, appliqué au peuple tout entier. Il n'est pas de nation ayant joué un rôlo dans l'histoire à propos de laquelle on ne puisse citer des exemples de ces appellations qui font ainsi double et triple emploi ; voyez les Juifs, les Grecs, les Allemands, d'autres encore. Ici, nous avons toute raison de croire que le nom le plus ancien et du caractère le plus général est bien celui qui s'est maintenu jusqu'aux derniers jours de l'antiquité, celui par lequel les habitants de cette province se désignaient eux-mêmes sur ces monnaies qui ont pour légende : xoivov Aujcuov, « confédération des Lyciens ». Ce qui- le prouve, c'est qu'Homère, qui est à peu près aussi éloigné de Ramsès III que d'Hérodote, ne connaît pas plus ce nom de Tremiles que ne le connaissent les scribes égyptiens, tandis que, dans les batailles de VlUado, il met les Lyciens en première ligne. Les Lyciens sont les plus nombreux et les plus vaillants des auxiliaires
1. De Rougé, Extrait d'un mémoire sur les attaques dirigées contre V Egypte pir les peuples de la mer, dans Revue archéologique. N. S. 1867, t. XVI, pp. 30, 96-07.