‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 173 sur 412 · Fragmenta hiat, Grœc, t. III, p. 46i · texte numérisé non relu

Fragmenta hiat, Grœc, t. III, p. 46i

^K Voir à ce sujet les observations de Treuber, Geschichte, pp. 121-124.

4. Héraciide du Pont, fr. 15 (Muller, Fragm. hi$t, GraBC, t. Il, p. 217). Ce môme historien parlait aussi de la gynécocratie lycienne; c'était ainsi qu'il caractérisait cette prédominance de la femme.

a. CuRTit's, Histoire grecque, t. I, p. 96, note i (traduction Bouché-Leclerc).

352 LA LYCIE

de leurs armes et de leur civilisation. Plusieurs de leurs tribus ont pu disparaître, au milieu de ces grands mouvements de population et de ces luttes sanglantes; mais d'autres, nous ne savons à quel moment, ont été chercher un abri et un repos dans les replis de ces montagnes où il leur était facile de s'isoler, et elles ont donné leur nom à cet étroit territoire où elles ont vécu tranquilles pendant des siècles et qu'habitent peut-être encore leurs descendants. La plupart des voyageurs qui ont visité ce pays inclinent à croire que les montagnards des vallées lyciennes ne sont Turcs que de nom*. A la noblesse des types, au vêtement, à la persistance de certains usages qui paraissent porter l'empreinte des mœurs antiques, on croit reconnaître les fils des anciens maîtres du pays ; vers la fin du moyen ûge, ils se seraient convertis à l'islamisme, comme l'ont fait beaucoup de Grecs crétoîs, d'Albanais et de Bosniaques, pour rester paisibles possesseurs de ces forêts et de ces pâturages auxquels ils étaient attachés; mais le sang qui coulerait dans leurs veines serait encore celui des compagnons de Glaucos et de Sarpédon. Les envahisseurs ne s'établissent guère dans les montagnes qu'ils trouvent occupées; ils ne s'y sentiraient pas en sûreté, et rien d'ailleurs ne les y attire ; la vie y est dure ; aussi la population n'y change et ne s'y renouvelle pas aussi aisément que sur les plateaux et dans les plaines. Lorsqu'une partie des tribus lyciennes vint franchir le Taurus et suivre le cours des eaux qui en descendaient vers le sud, ce fut sur les rives du Xanthe que se fixèrent tout d'abord ces émigrants. Pour Homère, la Lycie et la vallée du Xanthe ne font qu'un. Lorsqu'il parle de « la large Lycie ^), c'est cette vallée qu'il a en vue, la seule qui soit assez ouverte pour mériter une pareille épithète (fig. 247). Ce canton privilégié, les Lyciens ne l'avaient pas occupé sans combat; ils avaient eu à le conquérir sur les.Milyens et les Solymes^ Après de longues guerres où ils ne cessaient de gagner du terrain, ils finirent par refouler ces peuplades sur la côte qui regarde la Pamphylie et sur les plateaux élevés qui touchent à laPisidie. Milyens etSolymes étaient-ils,

1. C'est notamment l'avis du docteur Von Luschan, qui a accompagné M.Benndorf en Lycie et qui donne le résumé de ses observations dans le chapitre xiii du tome II des Reisen, sous ce titre : Anihropologische Siudien, On remarquera les curieux détails qu'il donne sur le groupe des Taktadchi ou « faiseurs de planches », population qui, tout entière occupée au travail et au commerce du bois, a des mœurs très particulières.

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