Iaocratb, Panégyrique
358 LA LYCIE
tard, aboutit au régime fédératif. Les gens de même race et de même langue qui habitent des vallées différentes éprouvent bientôt le besoin de sortir de leur isolement, de se rencontrer dans des fêtes communes et sur des marchés librement ouverts; Tunion de tous les clans est d'ailleurs le plus sûr moyen de se faire respecter par l'étranger. La fédération lycienne, telle que la décrit Slrabon*, ne parait s'être constituée sous cette forme qu'assez tard, après Alexandre; mais l'organisation en avait certainement été préparée par plus d'un essai antérieur, par plus d'un pacte conclu à la suite de guerres qui avaient mis aux prises les villes dont les domaines se touchaient, celles par exemple de la vallée du Xanthe. Avant la grande association où figuraient, au temps d'Auguste, vingt-trois villes, dont chacune avait un nombre de voix proportionnel à son importance, il y avait eu des groupements temporaires, des ligues partielles ; cette tendance se révèle par divers indices. Dans les documents officiels, tels que la liste des tributs payés à Athènes par les alliés, ainsi que chez les historiens, on rencontre souvent cette expression, les Lyciens, qui donne à penser qu'on les regardait comme ne faisant qu'un corps de nation^. Les monnaies lyciennes, qui datent du temps où la Lycie était censée dépendre de la Perse, appartiennent toutes à un même système monétaire; la plupart d'entre elles ont au revers un même symbole, ce qui fait croire qu'elles étaient destinées à circuler dans toute l'étendue du territoire^ Enfin, eux aussi, les monuments de l'architecture et de la sculpture présentent, d'un bout à l'autre de la Lycie, un caractère d'uniformité que l'on aurait peine à s'expliquer si l'on n'admettait pas que, malgré le fractionnement qui lui était imposé par la nature, le peuple lycien eut, de très bonne heure, des institutions fédérales qui, tout imparfaites qu'elles fussent, entretenaient chez tous ses enfants le souvenir et la conscience de l'unité primitive.
On ignore comment étaient constitués et sous quel régime vivaient les cantons lyciens; il semble que dans chacun d'eux il y eût une noblesse héréditaire, des rangs de laquelle étaient tirés des princes qui réussirent parfois, au moins pour un temps, à réunir sous leur autorité plusieurs villes voisines. Un trait curieux à signaler, c'est l'importance que la cité prit en terre lycienne, importance qui se mesure aux dévoue-