CHAPITRE H
L'ARCHITECTURE
S 1. — L*AnciiiTKCTi:r.E funéraire
Le peuple lycien, à ne le considérer que pendant la période où il a gardé son indépendance, n'a guère laissé d'autres monuments que des tombeaux, et la tombe lycienne a, tout d abord, surpris par sa singularité les voyageurs qui, comme Leake, Fellows, Texier, Spratt et d'autres encore, ont, dans la première moitié de ce siècle, découvert et révélé à l'Europe ce pays et ses ruines grandioses. Parmi ces tombes, dont ils ont relevé le plan et dessiné les façades, il en est bien peu qui remontent au temps où nous voudrions, pour le moment, retenir et enfermer cette histoire de l'art. La plupart des sépultures que nous aurons à citer sont postérieures à la conquête perse, et plusieurs même, qui portent des inscriptions grecques, à la conquête macédonienne. Ce n'est pourtant pas Tart grec qui a suggéré Tidée de ces monuments d'un aspect si original; dans les formes qui lui sont propres, il n'a rien qui se puisse comparer à celles qui dominent dans les nécropoles lyciennes.
Pour que ces types très particuliers aient persisté si longtemps, il faut qu'ils aient été vraiment indigènes, dans toute la force du terme ; c'est parce qu'ils étaient nés de pratiques imposées par la nature même des matériaux et qu'ils étaient mêlés intimement à la vie du peuple lycien que celui-ci leur est demeuré obstinément fidèle, alors que la statuaire, en Lycie, s'était déjà faite toute grecque de style, et que ses thèmes favoris, ceux qui lui servaient à décorer ces tombes mêmes, étaient empruntés, pour la plupart, aux mythes helléniques. Quelque date que portent ou que laissent supposer ces monuments étranges que la Lycie est seule à posséder, nous avons donc le droit