TOME V
LA LYCIE
les escarpements du roc ne suffisaient pas à rendre impossible toulc tentative d'escalade, on avait construit des murs dont les parties les plus anciennes sont en appareil polygonal ; mais la plupart de ces cités ont eu à subir tant de sièges, elles ont eu tant de fois à réparer leurs défenses, que la maçonnerie primitive se dérobe souvent sous des reconstructions postérieures. C'est le cas par exemple à Xanthos. Veut-on présenter un ensemble qui ait gardé son caractère homogène, ce n'est pas là qu'il faut aller le chercher; on le trouvera plutôt dans les ruines de simples forteresses, qui, abandonnées à un certîiin moment, n'ont
im
271. — Plan de la forteresse de Pydnai. Benndorf, Reisen, t. I", fig. 75.
jamais été remaniées. On peut citer, à ce titre, une enceinte qui se voit encore, dans un remarquable état de conservation, au-dessus de la mer, à l'ouest de l'embouchure du Xanthe; c'était un château fort des Xanthiens, appelé Pydnai, qui couvrait, de ce côté, leur territoire contre les incursions des habitants du Cragos'. L'enceinte dessine, autour du sommet de la colline qu'elle couronne, un polygone irrégulier (fig. 271). L'appareil est à joints vifs, très bien dressés, quoique les assises réglées ne s'y rencontrent que par exception (fig. 272) ; les matériaux sont de dimension moyenne. La forteresse n'a que deux entrées, l'une au nord, et l'autre à l'est. On compte onze tours rectangulaires qui font, à intervalles irréguliers, saillie sur la courtine. Elles