Ben.ndorf, heisen, t. 1, p
sont encore debout, par endroits, sur une hauteur d'environ dix mètres. Le raur a près d'un mètre d'épaisseur; la crête est recouverte de larges dalles, qui font à l'intérieur une saillie très marquée; par-dessus ces dalles on a ajouté, peut-être dans un autre temps, des créneaux faits de moellons gâchés avec du mortier. Les tours ont des portes qui ouvrent sur le dedans de l'enclos, des meurtrières, et de grandes fenêtres. Elles étaient à deux étages; celui d'en haut communiquait avec le dessus du mur, que l'on atteignait, de place en place, par de petits
272. — Mur d'enceinte de Pydnai. Benndorf, Rpt'sen, t. I*^"", fig. 71.
escaliers très raides. On voit encore, dans la cage de ces bâtiments, les rebords sur lesquels portaient les bouts des solives du plancher et du plafond. Sans viser à l'élégance, tout cet ouvrage paraît avoir été exécuté par des ouvriers qui avaient une grande habitude des travaux de fortification.
Ces tours carrées que reliaient des murs crénelés, on les retrouve d'ailleurs dans ces vues de villes que nous ont conservées les bas-reliefs lyciens ffig. 252,253,269, 270). 11 n'est pas un de ces tableaux où l'on ne voie cette muraille entourer le pied de la colline sur laquelle la cité s'était bfUie et s'élever avec elle vers l'acropole. Ce n'est qu'à la faveur
388 LA LYGIE.
de la paix romaine que les villes lyciennes sont sorties de leur cuirasse, sont descendues et se sont développées dans la plaine.
Autrefois, lorsque les guerres étaient fréquentes entre cités limitrophes et rivales, les Lyciens ne s'étaient pas contentés d'entourer leurs demeures d'une ceinture de remparts; pour se couvrir contre leurs voisins, ils n'avaient pas hésité à entreprendre des travaux plus considérables. Ainsi, à une lieue environ vers le nord de leur ville, les Xanthiens avaient barré la vallée par un mur qui s'appuie sur un contrefort du Massikytoset s'étend, sur une longueur de quatre kilomètres, jusqu'au fleuve, dans le voisinage duquel il aboutit à une sorte de place d'armes ou de redoute, qui couronne une petite colline. Le mur est d'appareil polygonal ; il est construit en blocs d'assez faible dimension, qui laissent entre eux des vides bouchés par de petites pierres. C'est là que les Lyciens, avant de se renfermer dans les murs de leur ville, ont dû offrir à Harpagos la bataille dont parle Hérodote.
Aucun monument ne permet de se faire une idée des temples lyciens, tels qu'ils étaient avant d'avoir été reconstruits à la grecque, comme les édifices dont les débris subsistent encore à Patara et sur d'autres points de la Lycie. Si les bâtiments de bois n'étaient pas voués, par leur nature même, à une prompte destruction, c'est ici que l'on aurait peut-être retrouvé le prototype de ce que Ton a quelquefois appelé le temple-cabane. Aujourd'hui, dans toute cette contrée, sauf à Makri et à Elmalu, les mosquées ne se distinguent pas, à première vue, des maisons de paysan qui les entourent ; sans l'indication du mirhab sur une des parois delà salle rustique, on ne devinerait pas la destination du bâtiment.