‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 206 sur 412 · HÉRODOTE, Vlï · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, Vlï

de Canachos et les images des tyrannicides, Harmodios et Aristogiton, exécutées par Anténor, qui furent rendues, au bout de deux siècles, à Milet et à Athènes, après être restées tout ce temps prisonnières à Ecbatane ou à Suse*. Beaucoup d'autres figures, dont l'histoire n'a pas fait mention, avaient dû subir le même sort*.

Après les journées de Platées et de Mycale, il ne pouvait plus être question d'aller arracher aux temples de la Grèce les statues qui les décoraient; mais qui empêchait de faire venir en Perse les élèves de ces sculpteurs dont, au cours de ces guerres et de ces pillages, on avait appris à apprécier le talent. C'est le parti que l'on paraît avoir pris plus d'une fois. Nous apprenons, par un mot de Pline, qu'un statuaire de grande valeur, Téléphanès de Phocée, contemporain de Myron et de Polyclète, avait beaucoup travaillé pour les rois Darius et Xerxès; or Téléphanès a-t-il été le seul maître grec que la promesse d'une haute paye ait attiré sur les chantiers royaux^? Ce n'est guère probable. On racontait en Grèce que certains hommes connus pour leurs talents hors ligne avaient été enlevés par ordre du roi et conduits de force à sa résidence, où les attendait l'esclavage^. Nous ne savons pas au juste quels sont les personnages et les incidents auxquels Xénophon fait allusion; mais, la plupart du temps, la contrainte ne devait pas être nécessaire pour attirer en Perse ceux qui croyaient avoir chance d'y trouver de gros salaires. Dès lors, comme les hoplites et les officiers sans emploi, les artisans grecs allaient volontiers chercher des commandes au loin, là où l'on payait bien. Les Grecs ont toujours été et ils sont encore aujourd'hui le plus mobile des peuples, celui où l'individu se déplace le plus volontiers, mais en gardant toujours le souvenir de la patrie et l'esprit de retour ^ Plus d'un praticien, plus d'un tailleur de pierre ionien dut prendre la route de la Perse, sur les récits qu'il entendait faire des grands travaux que les souverains de ce pays faisaient exécuter dans leurs capitales. 11 y avait certainement aussi des gens de métier dans ces groupes de captifs grecs, quelquefois la population de toute une ville, que les rois

i. Pausanias, I, 16. Arrien, Anab(Uie, m, 16. Pausanias, I, 8. Pline. H. N., XXIV, 70.

2. Ainsi sur l'Artémis Brauronia, enlevée par Xerxès de son temple, Papsaxias, Vin, 46. Moïse de Chorène mentionne des statues «l'Artémis, d'Apollon et d'Héraclès qui auraient été prises par Gyrus en Lydie et envoyées par lui en Arménie {Huit. Aimen.. II, II, p. 103, dans l'édition donnée par Guil. et George Whislon, Londres. 1736).

.3. PuNE, HisL naL, XXXIV, xix, 19.

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