I. Hkrodotk, 1, 98. Polybe, X
par le style des parties apparentes, le bâtiment a été reconstruit tout entier au temps des Macédoniens ou des Parthes; il n'y aura donc pas lieu de s'occuper ici des restes de ce monument, ouvrage de l'un de ces architectes grecs qui, après Alexandre, ont travaillé pour les souverains asiatiques *.
Plus loin d'Ecbatane, sur la principale de§ routes qui, par la haute vallée du Karkar ou Choaspès, conduisaient de cette ville aux plaines de la Chaldée, le versant méridional du mont Bisoutoun ou Béhistoun se dresse à pic, comme une falaise colossale, en face des vertes prairies où subsistent quelques restes de l'antique cité appelée Baghistana, le « lieu des jardins »*. Ce qui fait d'ailleurs surtout l'intérêt de ce site, ce sont les tableaux et les textes historiques qui ont été sculptés, en divers temps, sur ce haut mur de roc, par les maîtres de la Perse, Achéménides et Sassanides (fîg. 285). Celles de ces inscriptions et de ces images qui étaient les plus voisines du sol (ce sont les moins anciennes) ont beaucoup souffert; par bonheur, il n'en a pas été de même du monument célèbre qui est connu sous le nom d'msmptm de Béhistoun, C'est à cinquante mètres environ au-dessus du fond de la vallée que se trouve le bord inférieur du vaste cadre, long de quarantecinq mètres et haut de trente, où, sous un bas-relief qui représente le roi vainqueur de ses ennemis et adorant son dieu, a été gravé, par Darius, fils d'Hystapes dans la treizième année de son règne, le long récit des troubles qui ont suivi son avènement, des guerres heureuses qui ont mis fin à ces désordres, des châtiments qui ont été infligés aux rebelles et des mesures qui ont été prises pour assurer à l'empire les bienfaits d'une sage administration. L'inscription a été rédigée dans les trois langues qu'employaient d'ordinaire les scribes royaux; le texte perse compte à lui seul quatre cent seize lignes. A la base de cette vénérable page d'histoire lapidaire se voient les restes d'une terrasse par laquelle les visiteurs accédaient au monument. On a cru reconnaître que la paroi polie où a été installée l'inscription était revêtue d'une légère couche de silicate qui, comme une sorte de vernis, protégeait les caractères contre l'effet des intempéries^
En suivant les pentes orientales du Zagros et la frontière turque,
1. Pour le Temple do Kangovar, voir les planches 20 à 23 bis de Flandin et Costk, Perse ancienne, et Texier, pi. t)2 à 68.
2. Sur Thistoire de Baghistana et sur les antiquités qu'y signale Diodore, U. xni. ^-2), voir Rawlïnson, The five great monarchies, t. \h pp. 274, 275.
3. On trouvera la bibliographie et une traduction de ce document important dans MENANT, Lps Anh^nu^nides nt les Inscriptiojis' île la Pcrse^ pp. 1 02-1 26.
285. — Le» bas-reliefs? et l'inscription de Béhistoun. Flandin et (-oste. Perse ancienne, pi. XVI.
dans la direction du sud, on arrive à lancienne Susiane, aujourd'hui la province de Shuster. Là, à quelques lieues vers Touest de cette ville,
286. — Plan des tiimulus de Suse. J. Dieulatoy. A Suse^ Journal des Fouilles, iQ-4o, 1888, p. 87.
le nom de Shush, dont les Grecs avaient fait Suse, est resté attaché à un groupe de tells ou tertres artificiels, autour desquels s'étendent les vestiges confus d'une cité populeuse (fig. 286). C'est sous les rois