‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 211 sur 412 · LES MATÉRIAUX · texte numérisé non relu

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plaleau même de Tlran est aujourd'hui Tune des contrées les plus dépourvues de végétation forestière qu'il y ait au monde ; on n'y voit pas d'autres arbres que les arbres fruitiers, qui poussent là seulement où rindustrie de l'homme a su capter et répandre à la surface du sol les eaux souterraines, et il en était certainement de même dans l'antiquité. La Perse n'est pas, comme l'Asie Mineure et la Grèce, un pays déboisé^ où les défrichements inconsidérés, les incendies et la dent des troupeaux ont détruit les futaies que la nature avait mis des siècles à faire croître; c'est un pays qui, par un nécessaire effet de la composition et de l'arrangement des terrains qui le constituent, n'a jamais été boisé et ne le sera jamais. Où donc a-l-on pris tout le bois qui entrait dans ces charpentes compliquées que M. Chipiez a entrepris de restituer? Les palmiers abondent, il est vrai, dans la plaine de Susiane et sur les gradins inférieurs du plateau ; mais ils ne donnent qu'un bois des plus médiocres. En revanche, dans les montagnes habitées par les Bakhtiaris, qui séparent la Perse de la Susiane et de l'Élam, il y a les restes de forêts de chênes; ces forêts sont aujourd'hui assez clairsemées, mais les arbres ont pu être autrefois plus serrés et de plus haute taille*. Le noyer atteint, dans certaines de ces vallées, de grandes dimensions. Le cyprès prospère dans les jardins de Chiraz et de tous les villages du Fars; il semble, à certains indices, qu'il ait été jadis plus commun encore dans toute cette région-. Le platane y réussit fort bien, et, s'il ne donne qu'un bois très léger, du moins a-t-il l'avantage de pousser très vite. On rencontre aussi, dans ces mêmes parages, le sycomore, et, plus rarement, le pin

288. — Détail du pilier resté debout au palais n® 4 de Persépolis. Flandin et Coste, Perse nncirnne; pi. CXVIII.

1. Aucun voyageur n'a mieux exploré (jue Layard le pays des Bakiitiariji, où il a séjournt» près d'un an; or, en racontant ses coui-ses, il signale plusieurs fois des siles qu'il définit par des expressions comme celles-ci : « thicklj wooded with oaks, wooded by ni;igiiincent trees, otc. » FMrly adveniures in Persia (2 vol. in-8°, 1887), t. I, pp. 247, 3ii),

2. Ainsi nous aurons plus d'une occasion de mentionner la peliti' plaine qui porte !♦* nom de Sanistan, mot à mot la ryjm'ssaie; or il n'y a plus de cyjirrs dans ce canlon. Le cyprès est le seul arbre «[ui soit (Iguré dans les bas-reliefs de Persrpolis; on peul en induire que les anleui-s de ces sculptures le voyaient partout dresser autour d'eux sa ^onlhlv ]»yiiimide.

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