‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 217 sur 412 · MV · texte numérisé non relu

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293. — Plan du palais de Darius (n» 3 du plan). Dieulafoy, VAH antique; II, pi. XIII.

simple, mais merveilleux encore, que produisait, où que se plaçât l'observateur, cette forêt de colonnes.

Si le motif caractéristique du chapiteau qui termine ces colonnes.

iH^2 LA PERSE.

le groupe des taureaux adossés, est tout à fait particulier à l'architecture perse, on reconnaît, en revanche, un motif égyptien dans la corniche qui surmonte le chambranle de toutes ces baies, ouvertes ou aveuglées, qui forment la seule partie aujourd'hui conservée de l'enveloppe des palais (fig. 29i). Cette corniche se compose, comme en Egypte, de trois parties très distinctes, qui donnent bien, dans l'ensemble, le même profil, mais qui, si l'on examine de près le détail, se distinguent pourtant, à de légères nuances* d'exécution, des moulures que l'ouvrier auquel est due la taille de ces portes et de ces fenêtres trouvait dans les édifices de la vallée du Nil*. C'est ainsi qu'au tore noué de rubans dans lequel on a voulu voir la figuration d'un paquet de roseaux, il a substitué une baguette qui a l'aspect d'un chapelet d'oves et de disques alternés (fig. 295). A la gorge proprement dite, il a laissé la même courbure; mais il a divisé en trois étages les canaux qui en strient la surface; il n'y a d'exactement pareil que l'étroit bandeau qui sert d'amortissement.

Tandis que toutes ces baies doivent à la corniche qui les couronne une physionomie tout égyptienne, les principales entrées, le pylône par lequel on accédait à la terrasse (planche II et III) et les grandes portes des palais se signalent par un trait qui est emprunté à un autre système d'architecture : des taureaux gigantesques et d'autres monstres androcéphales sont adossés aux montants de ces portes, disposition qui évoque aussitôt le souvenir de Ninive. C'est encore ce même art assyro-chaldéen •que rappelle l'habitude de décorer le pied des murs, par endroits, au moyen de bas-reliefs d'un caractère iconique, qui représentent le roi entouré de ses serviteurs et de ses sujets ou triomphant de ses ennemis.

Ces bas-reliefs prennent surtout un grand développement lelongdes rampes qui bordent les escaliers (fig. 296) ; c'est que le palais, ici comme aux bords de l'Euphrate et du Tigre, s'élève sur des terrasses que supporte un tertre fait de main d'homme, habitude que n'ont connue ni l'Egypte ni la Grèce. En Mésopotamie, où la roche fait défaut, ce tertre est formé de terres amoncelées, avec revêlement de briques; ici, il est construit en belle pierre de taille; mais, à cela près, le principe est le même, les bâtiments ont la même assiette artificielle. II en résulte que, pour être d'un accès facile, les esplanades sur lesquelles se dressent les édifices doivent être mises en communication avec la plaine à l'aide de plans inclinés et surtout d'amples et spacieux escaliers, où puisse se

i. Sur la rorniclift t'^yptionno, voir Histnivfi de l'Art, t. I, p. i04, H!l, 603-60n.

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